LAUSANNE, BÉFORMATION LENTE, LL
L'affaire ne trains pas longtemps, car au bout de quelques jours les amis de Didaeo Grent sa paix avec le roi; et il leur en donna avis par une leltre datée do 26 juin, les priant de le relâcher entièrement: Celui qui avait intenté action contre lui à Genève, s'en déporta aussi; de sorle que celle affaire ee lermina paisibloment, et Didaco en fut quitte pour 4roïs mois de prison qu'il avait tenue à Genève. ‘
Celle année il fat ordonné à Genève le 8 avril, que lés ministres visitoraïent chaque année leurs quartiers où dizaines, comme on les appelle, de maisons en maisons pour interroger les hommes et les femmes sur leur foi. Où so proposait par là de connaîtro los ignorans et les vicieux, pour les pouvoir distinguer d'avec les chrétiens éclairés et vertueux. Cet ordre produisit un très-grand Fruit avéc le temps. En effet un établissement de cette nature ne peut produire que beaucoup de bien dans une ville, pourvu qu'il soit exécuté par des ministres habiles et zélés, ot qui à un zèle pur joïgnent beaucoup de pru- ‘dence et de charité.
Les ministres de Lausanne, Pierre Viret et Jaques Valier, n'avaient pas moins À cœur que ceux de Genève, de faire da froit dans leur Eglise. C'est pourquoi ils ÿ pressaient vivément la réformation des mœurs et de la discipline, mais avec peu de succès, tant la corruption y était earacinée. Cependant le conseil leur ayant domandé les articles de réformation qu'ils souhaitaient qu'on éablit ; ils répondirent le 4 décembre ; « qu'ils avaient plu- 1ôt à demander qu'on observät ceux qu'ils avaient déjà
1 fnste. 62 Posct, V. 28.
3 Savion, oset. V. 97,
gens qui n'allaient jamais au temple les consoïllers ; d'autres ÿ allaient
il y avait même des gens qui étaient | dans le cœur et opposés à la réformation,
qu'on punit ces excès,
4°, Us se plaïgnaïent encore que qu'une ombre sans autorité, qui ne cheurs scandaleux que faiblement et puissant les petits, épargnant les 2 qu'ils protcstaient qu'ils n’y assisteraient choses n'y fussent mieux réglées.
5°. Ils se plaignsïent encore de qu'on commeltait dans Le paiement de
6°. Enñn, ils demandaient qu'on Li Lions qu'on avait prises pour les pauvres.
Ils conclunient que si Messieurs les Lausanne n6 rémédiaient pas avant Noël à sordres, ils les prinient de ne pas trouver n
À LAUSANEE, Un
en poriassont leurs plaintes à Bee, * Le conseil de
l'ayant su, le rouvèrent fort mauvais, et rogardèrent cela comme un alenlat contre leur aularilé souveraine. Ils écrivirent donc le 3 juin, aux Lausannoïs, qu'il ne lei sppartenait pas de faire des lois consistorialos ; qu'ils n’en avaient pas le droit. Ils leur ordonnèrent L ces lois, et do n'observer que les leurs qu'on leur avait envoyées do Berne, * Quelque temps après, le 27 d'août, ils leur écrivirant
Dans ce temps-Ià Pioere Viret el Jaques Valier firent un projet pour l'administralion des biens des pauvres, et les soins qu'on devait lour donner, ét le proposèrent aux magistrats qui, l'ayant cmd den eût Brand cosseil, le 21 juin, l'approuvèrent. *
Le jeudi 11 septembre, le conseil résolut de faire lire en chaire, au grand temple les règlemens de réforme venus de Berne, et de les exécuter avee 1dhte l'exaetitude possible, sans faire grâce à personne des amondos qui y étaient imposéos aux controvenans. Et lo 15 mars
* Areb. Laus.
2 Wel, Miss: p. 14.
S NVel, Miss, 31.
# Nan Lsus. 29 b,
m6 MORT DU PRIEUR DE GAANDSON e
‘année suivante, Pierre Viret fit oncorc unie nouvelle er au conseil par écrit, pour : Serre (rondes comple exactement da bien des pauvres. !
Nicolas de Diesbach, prieur du couvent de St. Jean, de Grandson, et de celui de Vaucluse et autres lieux, mourut à Besançon, en juin, laissant de grands biens à ses parens. Les Fribourgeois élurent à prieur de Grandson un moine du lieu, LL fils de George Grivat, homme habile à la chaste | drix et des cailles. * En même tem] nie CRU avis à leûrs alliés de Berne, le 5 de Full, pour avoir laur approbation; et comme ceux-ci la refusèrent die bord , les Fribourgeois envoyèrent à Berne ds dépüiés pour la solliciter. Les Bernoïs leur collature de ee prieuré n'avait tes = origine aux deux villes (de Berne et de Fi qu'elles l'avaient obtenu ensemble, ë pape ; que le défunt prieur, Nicolas de Diesbs obtenu en 1600, après bien des instances f Bernoïs auprès du cardinal Alexandrin q de ce bénéfice, et moyennant une ré cardinal demanda ; qu'ensuñte les deux villes as Lenu du pape, après bien des sollicitati c fût incorporé à leurs Eglises collégiales, et q
avait été chez eux, mais qu'ils l'avaient ég en trouverait une copie parmi les papiers du eufin que l'an 1580, les deux villes av ce Diesbach, de lui laisser ce bénéfice p et qu'ainsi dès qu'il était mort, on devait en nouveau; mais qu'on devait renvoyer ce traité,
* Ibid. 222.
# Mas, Thom.
APPAIRES DU PRIRURÉ, mr retour des De Diesbach, qui allaient à Besançon ehercher cette bulle,
Les députés de Fribourg demandérent qu'en atien- « dant on laissét subsister l'élection telle que leurs Seigneurs l'avaient faite, püisque c’étdit alors leur tour de commander dans Grandson. Les Bernoïs ÿ consentirent.
Pendant ces entrefailes lé prieur de Su, Vincent de Besançon, nommé Marchandi, s'empars, je ne sais pourquoi, des biens qui appartenaient au prieur dé Grandson, situés dans ln Franche-Comté. Les Bernois Les li firent redemander, mais inutilement,
C'est pourquoi ils en écrivirent au parlement de Dole, pour le prier de porter cet homme à relâcher ces biens là, ménaçant qu'en cas de refus, ils feraient aussi are rêter sur leurs terres les revenus de l'abbé du Mont- Sainte-Marie. *
Quelque Lemps après ils écrivirent Encore au même parlement le 28 d'octobre, pour un autre sujet de plus grande conséquence. L'empereur Charles V avait défendu de tirer des grains de la Bourgogne pour les conduire à Neuchâtel. Les Bernois inlércédèrent auprès do ce parlement en faveur des Neuchäâtelois, lui représentant qu'une pareille défense était contraire à l'alliance qu'ils avaient avec la maison d'Autriche, dans laquelle les Neuchâtolois étaient compris. *
Hugues Gravier, ministre de Neuchâtel, étant allé en France, fut arrêté à Bourg en Bresse, avec toute sa compaguie. Les Bernois l'ayant appris écrivirent pour
4 Miss, Thom, Tostr. b, 77.
2 VVals, Miss. 326.
% Ibid, 540.
LL LE COMTÉ DR ARECIATEE le faire relâcher, au sieur De LaGuiche, Bresse, qui leur répondit favorablement.
aussi le 25 de septembre pour le méme suj sadeur de France, LS ‘'Cetieannée les Scigneurs de Berne publiè:
par lequel ils ordonuniént que les sppcls dés! Leo ce po in paré dent
lisge de Nyon comprenait le gouven d de Bon-Mont, qui en a aussi été ses d'années.
Lé vendredi 20 juin, entre cinq et six malin on vit passer par dessus la ville prodigieux, tirant contre lx montagne, d deur; que son ombre surpassait la largeur.
maison; il était tout couleur de feu.
IV. Gelte année George de Rive, bar et de Grand-Cour, et gouverneur du € ebätel, offrit aux Bernoïs de la part de se comlé à vendre. Ils acceptèrent cet offre eb ei
négociation avec lai pour ce sujet, On encore alors que ce comté fut inaliénable. 1 coup de pourparlers et de lettres écrites de tre. Il ÿ eut même une conférence à:
fête de Pâques, entre les députés de princes un peu avant la mort du due n'y conclut rien à cause de deux ou {ro ne voulut point passer aux Bernoïs dans le
4 WVels Miss. B. p. 698. :
2 Mas. Thon, #09.
EST ONTERT À RERNE, #19
avaient envoyé, Pendant cet intervalle, les Neathätelois pensèrent à acheter eux-mêmes leur comté pour s'ériger en république: Ils dfessèrent une réquéle pour cela, lé qu ils envoÿorent au duc de Longuoville, leur come, et à ln ducheëso Douairière de Guise. Îls en parlèrent aussi à De Prangins leur gouverneur, qui leur promit dé les appuyer. Enfin, ils en écrivirent aussi aux Bernoïs, les priant non seulement dé ne pas les fraverser dans coUo affairo, mais mémo de les ÿ aider, et de los favoriser, din qu'ils pussent obtenir ce qW'ils souhaitaient. Les Bernois leur répondirent': « Qu'on leur avait offert la vente de ce comté, et qu'ils étaiont'en marché pour cela; que cependant pour leur complaire, ils se déportaient'dé cet achat sous certaines conditions, êt “qu'ils'les aidoraïent dans coute affaire de tout leur pou voir, et par dos lottroé ot par dés députätions ; nénnmoins avee celle réserve oxprosse, qu'au cas que les Neuchätolois ne vinssent pas à bout de cct achat, où qu'ils ne convisseent pas avec eux pour les conditions qu'on lour énvoyait, alors les Bérnoïs pourraient re: prendre la négociation de cet achat pour eux.» La chose arriva comme ils l'avaient prévu: Les Neuchâtelois ne purenl pas convenir âvec les Bernoïs pour ces conditions; (je n'ai pas pu découvrir quelles elles étaient, } et pe puront pas non plus conclure le marché avec le sieur De Piquillion, agent des princes, dans un voyage qu'il fit à Nouchâtel, C'est pourquoi les Bernois reprirent la négociation de cet achat pour leur compte, envoyërent des députés à Piquillion et au gouverneur de Neuchâtel, pour ronouer la négociation. Et comme Piquillion était parti de Vautravers, ils lui éerivirent pour le prier de s'arrêter; maïs comme il était déjh à Ponlarlier, il ne voulut pas s'arrêter ; cependant il écrivit aux Bernois