‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 4)Chapitre 81 sur 112 · IX. Si la divine Providence amena celle année à Ge · texte numérisé non relu

IX. Si la divine Providence amena celle année à Ge

Reîte. M, 54, D4.

sé noLEe A GENÈVE

nève un si illustee prosélyte , qui faisait l'honneur etles

délices de l'Eglise ; il y en vint aussi un autre d'un ordre

et d'un caractère bien différent, pour la troubler ei là

déchonorer. Ce fat Jérôme Bolsec, carme défroqué de

Paris, qui ayant quitlé sa religion et son ordre; winkà

Genève sous l'apparence d'un bon Réformé, ets'y donna pour théologien el médecin tout à la fois, C'esb l'usage

y Genève, que "tous les vendredis les ministres de la ville

ct de la campagne préchent à tour de rolle dans le

temple et qu'après que le peuple s'est retiré, les

tres assemblés font la critique du sermon, CDR

avis au prédicateur, (s'il est nécessaire qu'on lui ea

donne) sur sa doctrine et sur sa conduite:

cela la Congrégation. Au commencement de!

Lion il était permis à me

quer Le sermon les jours de congrégation, et,

objections au prédicateur dans le temples

Jui proposer des difficultés. Cet usage TER T

bon but, afin de tenir toujours les ministres en haleine,

et-de donner occasion aux bourgeois nouvel

is du DM LL

formation. et” Calvin était grand zélateur, comme

doctrine de la prédostination ot de l'él

chait souvent avec chaleur, et la regardait

comme la base et le fondement dé la roligion,

sans façon do nébulones, coquins ouvai

la rejetaient, Bolsce, soit pour se faire valoir à Genève, soit qu'effectivement il ne goûlàt pas colte doctrine 80 | ait à la réfuter en diverses occasions, cb:

versalions particulières eL dans des. con a

vin so contenta d'abord de le réfater -publiqueiont Et avec douceur, pour empêcher qu'il ne répandit son set

PARLE CONTRE L'ÉLERTIOR. . w7

timent dans l'Eglise. Bolsec fut ensuite (le 15 demai) appelé à une conférence particulière avec Calvin et ses collègues, les autres ministres de l'Eglise, qui firent 1ous leurs efforts pour le convaincre mais inutilement, Copons : + dant il se modéra pendant quelques mois, jusqu'en au tomne, que sollicité par quelques ennemis de Calvin, ilsa ouvrit entièrement un jour de congrégation, 16 d'oc- ‘tobre. Jean de St.-André, ministre de Jussy, avait préché sur ces paroles du Ch, 8 de St.-Jean : « Qui est dé Dieu, écoule les paroles da Dieu, et pour cetle cause vous ne les éconterez point, parce que vous n'êlés pas de Dieu, » Il avait dit à celle occasion : «que ceux qui ne sont pas régénérés par l'Esprit de Dieu, résistent à Dieu opiniâtrement jusqu'à la fin, parce que l'obéissance est un don particalier dont Dieu farorise ses élus.» Après lo sermon Bolsec se leva et fit.un log discours, pour réf ter la doctrine que le ministre avait préchée, disant : « Que c'était là une doctrine fausse et impie, que les hommes ne sont point sauvés parce qu'ils son! lus, mais qu'ils sont élus parce qu'ils croyent,v Il accompagna son discours de diverses injures grossières contre ceux qui enseignent celte doctrine , disant : « Que nous faisons Dieu auteur du péché et coupable de ln condamnation des méchans; que c'était en faire un Jupiter où plutôt un 1yran; que c'était sans raison que l'on voulait faire accroire, que St.-Augustin avait 16 de celte opinion; mais que ni ce Père ni lous les autres ne l'avaient point onseignée.» 11 conclut son diseours en exhortant le peuple, he donner garde de cette nouvelle doctrine que plusieurstenaient aujourd'hui, disant qu'elle était venue de Laurent Valle, savant lialien, qui était mort peu de tops avant La Réformation. Bolsce avait ehoïsi certe occasion pour parler, parce que Calvin n'avait pas assisté

Li MOLARC BST MIS EX PRISON.

ausermon, n6 craignant pas bonucoup le savoir des as: 1res ministres, Mais Calvin était entré dsus le temple, sans que Bolsec l'aperçut. N se tint derrière la foule et V'écouta patiemment, lui laissant tout dire, Mais dès qu'il ent fini, il parut et réfuta Bolsoc point par point, presque l'espace d’une heure entière, avec une si

moire, qu'on aurait dit qu'il avait médité son discours: Outre les passagos de l’Ecriture Sainte il en cita ün {rès grand nombre de Saint Augustin, pour prouver que telle avait été la doctrine de l'Evéque dr ST il finit en disant : « Et plût à Dieu, que qui « voull

léguer Saint Augustin ici, en eût va à bon, Men que chose plus que la couverture. » Guillaume Farelse trouva par hasard à celte action, étant allé à Genève | pour voir l'Eglise et ses amis. 1 ft aussi, après Calvin,, une courte remontrance à la Compagnie, pleine de zèle et de piété, pour affermir les er | de cette doctrine,

Bolsec , étourdi et confondu par les ces deux grands hommes , n'eut rien à on pee fut pas Lout. Dans ce Lemps-là l'on n'était pas rant à Genève, qu'on l'est aujourd'hui, Le chefdel see, scandalisé de la 1émérité de Bolsec, le fit mettre en | prison, et les gens de Juslice appelèrent Calvin et ses. collègues pour le ramener su bon chemin. Ils disputèrent, assez long-temps avec lui, de bouche et par écrit, mais, inutilement. L'affaire fut portée au Conseil où Bolsee… soulint loujours ses sentiments , ajoutant que plusiours ministres de Suisse étaient dans ses idées. Lh-dessus os, ministres prièrent le Conseil de suspendre son jugoment, et de consulter les Eglises de Saisse, pour savoir leur sontiment sur celle dispute, Bolsce, à qui on en fit la

.proposition, n'osa pas d'abord rejoter le jugement des

Où COnsULTE LES ÉOLISES. to Eglises de Suisse ; mais il disait, que ceux des villes capilales pouvaient être justement suspects à cause de leur liaison avec Colvin, Il blâmait Zwingle par-dessus tous les autres, et disait que Bullinger était de son sentiment. Le Conseil de Genève écrivit eur ce sujet aux trois “villes rélormées, Zurich , Berne et Bâle, leur envoyant 40 des erreurs dé Bolsec , e4 leur demandant un ur la conduite qu’il fallait tenir envers cel homme. ivant cole liste, les errours de Bolsec étaient : 19 Que la foi ne dépend paint. de l'élection, mais que l'élection vient de la foi.

2° Que personne ne demeure dans son aveuglement à canse do la corruption de sa nature, parce que tous sont illuminés de Dieu, éomme il faut. Que l'on fait tort à Dieu, quand on dit qu'il abandonne quelques-uns à leur aveuglement, parce qu'il lui a ainsi plû. 3° Que Dieu tire à lui les créatures raisonnables , et que Dieu n’abandonae personne au commencement, mais ceux-là seulement qui lui ont souvent résisté. 4° Que, d'unrcœur de pierre il se fasse un cœur de chair, ne signifie autre chose sinon, que Dieu donne un cœur capable d'intelligence; mais que ceute grâce est générale et que les uns ne sont pas plus prédestinés au salut que les autres.

5° Que quand St.-Paul di, Ephésions 1,9 : « Que Dieu nous a élus en Jésus-Christ, ete. »il ne s'agit point là de l'Élection ao salut, mais de l'élection des disciples et de St.-Paul à l'emploi d'Apôtre.

En même temps les ministres de Genève en écrivirent aussi aux ministres de ces villes, en leur envoyant une liste à peu près semblable. !

! Savion. Rosst. V, #1. Calvin Ep. pe 104.

4cQ RÉTONSE DE AURICN

Les théologiens des trois villes que je viens de nom mer répondirent, Ceux de Zurich adressérentileur ré. ponse au Conseil de Genève, et ceux des deux autres villes aux ministres de Genève: Leurs lettres se voyent imprimées dans l'excellent rocueil de M, le: professeur Alphonse Turretin, intitulé : Nubes Testitm; etc. (pag. 102 et suivantes), et par cette raison je pourrais me dis penser d’en donner des extraits. Mais comme mon ou vrage peut tomberentre les mains de plusieurs personnes qui n'entendent pas le latin où qui n’ont pas vu lellitre de M. Turretin, j'ai ceu que je ne ferai rien de rmalèpropos, de donner un extrait succint de cos lettres,

Les ihéologiens de Zurich, dans leur lettre datée da 1 décembre 1551, disent au Consoil de Genève + «Que. dans leur formulaire d'Union , composé entr'eux elles) ministres de Gonève, ils avaient mis dès le commente ment leur pensée sur la es croyaient pouvoir sufira pour les gens de bien ; ep qu'ils ont toujours enseigné la méme doctrine , savoir:

« 19 Que l'Éloction, par laquelle Dieu a élu Christ les pécheurs qui n'ont rien mérité rement gratuite solon ces passages : Rom. 1 Ephes. 1,4,5,6. <

» 2° Que la foi, par laquelle nous sotsme ticipans de Jésus-Christ, éet un pur don de Div que e Père céleste donne lai-même, afin que nul no se glorifie. devant Dieu, En sorte que le comm grès, en un mot le tout de la foi, sont grâce de Dieu.

» 3° Nous n'auribuons rien ; disedril; a Corces de l'homme non régénéré, sinon la corruplion ; ls | et la peine. Mais à ceux qui sont renouvelés par de Dieu, nous leue attribuons à cause de l'Esprit qui lee |

AOR L'AVFAIRE DE HORSME, AG!

gouverne, une volontaire et bonne opération ; mais ce pendant de telle manière que tandis que nous vivons dans ce siècle, la grâce trouve toujours dans les rostes de notre chair de quoi opérer et détruire, suivant ces passages : Rom. VIF, 25. II Corinih. ILE, 5. eu Phil. IL, 15.

» 4° Que d'un autre côté si les réprouvés ne pas. à la parole de Dieu, mais vivent dans l'impiété, cela doit teur étre imputé et non à Dieu, cur Dieu est saint et juste et ne veut point l'iniquité. Ceax donc qui pétisent, périssent par leur propre faute.»

Ils ajoutent : « Que Jérome (Bolsec) se trompe et Fait tort à Zwinglo, s'il croit qu'il ait onsoigué quo l'homme péche, y étant poussé et nécessité de la part de Dieu, Car s'il semble enseigner presque quelque chose de sem blable dans son livre De la Providence de Diou; il faut aussi consulter ses autres livres qu'il a faits avant celai-lh, où il dit nettement que le péché ne vient nulle: ment de Diou, mais de la corruption humaine et d'une passion volontaire, ete.

Les ministres de Berne, dans leur lettre datée du 7 décembre, adressée à ceux de Genève, commencent par les louer sur leur application à élaigner et los contestations sur les doctrines de religion. Après cela ils les exhortent à traiter Bolsee avec douceur. « Nous croyons, disent-ils, qu'il faut soigneusement prendre garde, de ne point traiter trop sévèroment coux qui errent; de peur qu'en voulant défendre avec trop d'ardeur la pureté des dogmes, nous ne nous écartions de la règle do Jésus-Christ, c'est-à-dire; qu'en nous dé. touroant à gauche nous ne violions la charité fraternelle, qui ost la marque à laquelle nous sommes reconnus pour disciples de Jésus-Christ. Jésus-Christ aime la vérité,

DÂTONSE E& BERNE

mois il aime aussi los âmes de ses brebis, non seulement celles qui marchent dans la vérité sans broucher, mais aussi celles qui s'égercat; ot mémo ce sont celles-ci dont le bon pasteur prend le plus de soin, selon le parabole de l'Évangile. Nous sommes ainsi faits pour l'ordinaire, que pendant que nous soutenons avec une extrême ar: deur la vérité de la doctrine de Jésus-Christ , (comme il arrive ordinairement dans ces dispules de nous ne pronons pas assez garde à ce qu'exige de nous l'esprit de charité et de débonnaireté chrétienne, maïs par le zèle de l’ardent désir de conserver ln vérité, nous nous laissons entraîner à une conduite différente de celle qui est séante à des disciples de Jésus-Christ; comme si le sain de conserver !a charité, ne pouvait pas subsister avec le zèle pour la vérité; outre que l'a nion de l'un et de l'autre procède du même esprit de Jésus-Christ qui, comme il est infiniment éloigné da mensonge, aussi est il entièrement porté à | la charité et M | à la douceur.»

ls les louent de leur zèle à conserver | la vérité, et priont Dieu de leur faire la grâce d'y persévérer ; mai \ ils los priont en même temps de considérer, combien l'es: \ | prit de l'homme Lombe facilement dans l'orrour, et d'au” autre côté combien il est difficile à plier, ot qu'ainsi on” | les ramène plus aisément par la douceur qu'on ne V'autire | par la sévérité. « Et pour venir, disentils, at s: ’ votre dispute avec Jérome (Bolsec), vous #ignorez combien elle a fvit de poine à plusiqurs gens.d bien dont on ne saurait avoir mauvaise opinion, quis quand ils lisont dans la Sainte Écriture ces passages qui cxaltent la grâco de Diou généralement envers toutes sorles de gens, n'ont pas assex de discernement, pour pouvoié bien reconnaitre les véritables mystères dé la prédestit

x SUN L'ASFAIRE DE WOLSEE 265 nation et de l'élection divine, et l’aveuglement ot ln dépravalion de l'âme de l'homme; mais démeurent attuchés à 4 prédication do la grâce et de la bonté unirerselle de Dieu, et pensent qu'on ne peut pas attribuer à Dieu q éprouve, endureisse et aveugle aucun homme, sans dire par un blasphème insupportable, qu'il est en méme temps l'auteur de l'areuglement et de la pordition de l'homme, et par conséquent de tous les péchés:

s’en Hennont à ces passages : Esa. V, 4, LXV, 2. Pe. LXXXE, 14. Maib. XXII, 37. Act, VIE, 51, Osée XUL, 9. Exéch, XXXIH, 11. Motth. XK, 28, Jean Il, 16. Rom. IN, 22. et X, 12. et IE, 11. eu XL, 82. L'Timoth. LL, 4. 04 HE Pier. LUE, 9. La plupart des gens, (ek gens qui ne sont pas mauvais) s'altachent tellement à ces sortes de passages, qu'ils ne peuvent point voir des yeux de la foi l'affaire de la prédestination divine; et ce n’est pas sans cause que quelques-uns ont donné tet avertissement : « Qu'il en faut parler avec d'autant plus de prudence et de circonspection ; qu'elle n’est pas le lait des enfans, mais la nourriture des adultes. » Et ce Jérome fait assez voir qu'il ést du nombre de ces infirmes, puisqu'il dit qu'il ne veut pas entror dans le conscil secret de Dieu... 11 nous est entièrement inconnu ; cependant il y a des gons qui disent, qu'il n'est pas tant mauvais, Nous souhaiterions el à vous et à lui, que vous fussioz unis por l'esprit de Jésus-Christ en un véritable accord de senliment et d'affection. Il nous paraît dans 463 réponses que vous nous avez envoyées, Lout-ü-Fait digoe d'attention, que 1° it attribue à Dieu l'élection d'entre les hommes, 2° de ceux, qu'il il lui a plü, 3° en Jésus-Christ, 4° non en vuc d'aveua bien de notre part, mais de sa pure grâce. De plus, qu'il faut une grâce et on attrait particulier pour croire ; et que Dieu, par Jé:

bras

#64 MÉVONSE DE ste sus-Christ, réforme les âmes ot donne des cœurs de

qu ne in Eee mer que nous l’aimions, et cela par un effet de’ { paternelle. Il serait aisé, en poussant ces.

d'aller plus avant, si l'on renonçait à

Les théologiens de Bâle, dans leur lou Genève, datée du 28 novembre, exposent | mens en ces termes : « Dieu nous a élu en avant la fondation du monde, Ephés. L. 1 en:

role de l'Evangile qui annonce Jésus-Chri:

celui qui ne le reçoit pas, est condamné, Mi Ceute parole est envoyée par tout lo monde; © veut, que tous les hommes soyent sauvés of | à la connaissance de la vérité: L, Tim. AL, A « commun de tous los hommes. Jéous-Chritt euh) L commun de tous.

» Maïs au reste lous ceux qui entendent Ia paro croyent pas. Lo Père ne les de Jeav, VL « Nul D venie à moi, si m'a envoyé, ne le Les : als seront tous cnscignés de Dicu. » Ce

parce qu'ils rejettent l'attrait. Ds font ce qu dit, Jean VI, 19, « C'ost ici la condan

leur condamnation , comme ceux qui qi Lien EN L sujet de rendre grâces à Dieu , car frauraionv pu pas tirés, »

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