LA PERSÉCOTION REDOUBLE EN FRANCE
Les X cantons, conseigneurs de la Thurgovie , curent encore des difficuliés ensemble , au sujet de la justice et de la police de celte province. Les cantons de Berne, de Fribourg et de Soleure étaient joints en cause contre les VII autres. Il se fit une conférance de ces trois cantons à Berne, le 7 novembre, à la requisition des Bernois, afin de consulter ensemble : 1° sur ce que les 7 cantons ne voulaient pas recevoir leurs dépulés à écouter les appels dela Thurgovie ; 2sur ce qu'ils prétendaient que le baillifde ce pays-là ne jarât pas fidélité à ces trois, comme aux autres ; et 5° sur les différences qu'il y avait au sujet des comptes des cloîtres. Là-dessus on examina de vieux actes , qui faisaient voir leur droit, et il fut résolu de les ramasser, afin de s’en servir dans l’accommodement amiable, pour lequel Bâle, Schaffhouse et Appenzell s'intermeltaient.
Le 30 août 1553 on accepta à Berne le traité fait par les trois cantons médiateurs , pour terminer celle affaire de la Thurgovie. *
Cette année le roi de France continuait à outrance la
© persécution contre les réformés , et ses officiers étaient, pour ainsi dire, tout autant de furies déchaînées contre ces fidèles sujets qui ne demandaient qu’à servir Dieu en liberté de conscience. Les feux étaient allumés , et les roues et les potences dressées contre eux , dans tous les tribunaux, hauts et subalternes. Les états protestans de l'empire et les quatre cantons réformés intercédèrent vivement auprès du roi, par des ambassades exprès, en faveur de ces pauvres persécutés ; mais loules leurs prières furent inutiles. ?
“Instr. 245.
À Steuler, 472.
150 ÉTUDIAXS ARNÉTÉS À LYON
1l y eut entr'autres cinq jeunes Français réformés, qui, après avoir fini EE où ils avaient été entretenus par la Seigneurs de Berne, farent arrétés à n ï sés. Leurs noms sont : Martial Al, de
service de Picrre Viret; enfin Charles Faui d'Angonmois. ls Les à u
aa ttes de la saine do 5 € et Lyou le 30 d'avril, ils furent Je prévêt des maréchaux et conduits d à où ils furent détenus jusqu'au mois de:
née suivante 1558. Et peu de jours ap Barsur Seine, habitué à Genève, nommi étant allé à Lyon pour quelques Fe Fat aussi arrêté le 80 mai, et conduit: À des cinq autres, Un autre , nommé Louis Corb des Seigneurs de Berne , fut aussi arrêté en pour la méme cause, D'abord que les de la détention de ces
rablement, et fit dire q mais cela nes'exécuta pi au licutenant de roi de Lyon, qui leur f se Bt rien de plus. Ils en és ,, qui ne fit que les tirer d'une pour les transférer dans une autre prison
FOUTE ENYERCESMON INUTILES #8 sans satisfaire comme il l'aurait dû aux ordres du roi, * Messiours de Genève envoyerent aussi dés députés à la cour, pour demander l'élargissement de Pierre. Berger, qui était leur bourgeois: Mais-le roi; après leur avoir fait longtemps attendre sa réponse, leur-fit dire, qu'il ne pouvait pas relâcher ce Berger, paiqu'il était né son sujet, et qu'il avoit dogmatisé dans le royaume avant que de se retirer à Gonèee : mais, quant aux au tres citoyens ct bourgeois qui n'étaient pas nés ses sujélss illeur était permis de {rafiquer dans son royaume: En fin les quatre cantons réformés y envoyérent en ambassade Jean Hab; bourguemaître de Zurich, pour intercéder encore une fois de bouche, au nom d'eux tous, pour ces pauvres prisonniers. El s’acquitta de cotte commission de son mieux dans une audience qu'il eut au mois d'août. Le roi lui répondit tou cruement de sa prapre bouche : « Qu'il soubaitait que ces canlons ne l'importenassent plus pour ce sujet, puisqu'il leur avait as+ sez expliqué son intention dans la letiré qu'il leur avait écrite, en réponse à-celle qu'ils lui avaient envoyée pour celte même affaire, et qu'il n'en relücherait point; qu'il laissait ces cantons en liberté de règler leurs affaires à leur gré; qu'il voulait aussi faire la méme chosé dans son Een ia or € LE > tieux. Fawn à ni À dr 1 = Nonobstant tous rer fente “ehèrent point, Comme le cardinal de Tournon, qui était aussi archevéque de Lyon, retournant de Rome en France, passait par leurs terres, ils lui envoyèrent (le 13 septembre) une députation illustre pour le même
#oset. V, 16 # Gale. Ep. A, .
se BEANE INTERCÉOE AUPRÈS DE MOI
sujet, Ce prélat répondit fort obligeamment au député: mais il lui dit que ces prisonniers n'élaient plus en son
pouvoir, ayant été transfär Paris, et leur affaire | dévol parement. Cependant il leur écrivit, qu'il s'employerait poi faire élargir. ‘ Les Bernois en écrivirèat (le 1 décembre) encore une fois au roi, ct méme dix jours après ils lui envoyèrent une ambassade, pour le même sujet. * Pendant ce temps-là do cardinal” de Tournos, contre lu promesse qu'il avait faite aix Ber mois ot de bouche et par écrit, ft poursuivre vivemeoh |
qu'ils ru ms du roi. Ces lettcoe ñ ï por un messager, et Pierre Viret fit les frais. voyage de Lyon à Paris, et de Paris à Lyon et} nois firent le reste. * Le cardinal ayant rablement (le 29 de janvier) aux Bernoïs, <rivirent encore le 2 de murs pour le presser! mir parole, puisque le parlement de Paris a prisonniers à la justice ordinaire de Lyon:
aussi ls même jour pour ce sujet, au conseil) de Lyon, # Mais le cardinal de T'ournou se m
et fit poursuivre le procès à Lyon, ayant'ée <elier du royau: au parlement de Paris; pe venir des ordi lieutenant de Lyon, pour.
contre ces prisonniers. I fit plus, éar il
# Toute. 235,
* Wels. Miss. 567, 591 # Wels, Miss, 39306, # Lhid. 998.
POUR LES CINQ ÉTUDIANS DE LAUSANRE. 485 Ve héraot de Berne, afin qu’il ne pôt apporter aucune
nouvelle à ses maîtres. Cependant le roi leur ayant répondu (le 25 février 1553) favorablement, ils lui récri-
- virent le 15 mars, pour se plaindre de la conduite du
un
cardinal de Tournon, le priant instamment de nouveau, de faire relâcher ces prisonniers pour l'amour d'eux, puisqu'ils n'avaient point violés ses édits. ! Ils lui écrivirent encore trois jours après, une autre lettre, plus forte et plus pressante que les précédentes, qu'ils envoyèrent par un exprès. Ils y priaïent le roi, de se sou venir de la parole qu'il leur avait donnée, de faire élargir ces prisonniers. Ils lui représentaient : « Que ces genslà n'avaient excité aucun tumulte dans son royaume, qu’ils n’y avaient point dogmatisé, qu'ils n'avaient été ni prétres ni moines, et qu’ils avaient été arrêtés à Lyon avant qu'ils y eussent demeuré un seul jour. D'ailleurs qu’ils étaient leurs pensionnaires , ayant étudié à leurs dépens à Lausanne. Enfin, si absolument ils étaient condamnés à la mort, ils priaient le roi de les leur donner et de leur en faire un don graluit, en considération de leurs bons services. » En même temps ils intercédèrent aussi pour Pierre Berger, Genevois, qui était prisonnier à Lyon depuis dix mois, pour avoir Lenu quelques discours de religion.
Pendant que ces pieux magistrats se donnaient Lmt de mouvement , aussi bien que plusieurs particuliers, en faveur de ces étudians ; la Providence de Dieu permit
u’ls purent faire, pour ainsi dire, de leur prison une lise, et qu'ils y préchèrent autant qu'ils l'auraient pu faire dans le désert, y ayant été reténus jusqu'au 16 de
# Ib. 401.