‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 4)Chapitre 89 sur 112 · LEE CINQ ÉTUDIANS DE LAUSANSE · texte numérisé non relu

LEE CINQ ÉTUDIANS DE LAUSANSE

rmni 1553. Pendant leur détention ils farent sain plus souvent avec beaucoup de liberté par plusieurs pes: sonnes pieuses, qui leur fournissaient quel

pour adoueir la rigueur de leur captivité; €

il ne faut pas oublier un marchand à

Jean Liner, qui n'y épargna ni ses bies

Et pendant tout le temps qu'ils furent en prisé

de plus d'une année, ils édifièrent tous

naïegk voir, et répandaient ainsi la doe

gile por toute la ville ot boaucoup plus!

même un événement singulier, que je «

mot d'après Théodore de Bèze. !

n'est à oublier ladimirable canve

gand estant lors aux mesmes Jean Chambor, auquel Dieu feil este g

vie passée; mais aussi, (à l'exemple k crucifié avec Jésus-Christ) à recong

telle efficace du Saint-Esprit, qu'ainet par une sienne lettre, contente au Hi!

en un instant, par manière de dire, il iior un excellent précheur de

% Hit. des Eg. Hef, de France, T, 1, p. 88, 80, 90,

SOUFPRANT LE MARTTRE AVEC CONATANCE. ass

véra jusqu'à la mort, ayant été justement roûé pots ses péchés, un mardy, 12 janvier 1559.1x é

Cette merveilleuse conversion rappelle une au- 1r6, opérée aussi par le miaisière ‘d'un autre martyr, sorti de Genève, que je cogierai comme. la précédente, dansles propres termes du même historien,

« Le parlement de Dijon n'en feit pas moïns en la per+ sonne d'un nommé Simon Laloë de Soissons, habitué à Genève et passant par là pour voyager en France, lequel 7 fut bruslé le 21 de novembre au dit an (1553), et fus sa mort à jamais remarquable par un cas vrayement nous seau qui y adyrint, C'est entr'autres choses qu'éstant sur le bois, il fit une excellente prière pour la conversion de ceux qui le faisaient mourir; de sorte que l'esécuteur,

L nommé Jâques Sylvestre; qui jamais auparavant n'avait ouy parler de Dieu ni de son Évangile , pleurait à chau= À des larmes l’exécutant, et ne cessa depuis qu'ilne fut informé de la vérité, laquelle ayant cognue, il se retira. |. à Genève, où il est mort. * »,

Mais pour revenir à nos cinq étudiants de Lausanne, ils souflrirent le martyre avec une constance admirable , le 16 de mai 1553, après un on et quinze jours de pri= set Pierre Berger de même, peu de jours après eux.? Ces pieux étudiants fureot conduits sur l'échafaud liés ensemble d'une chaîne, et là attachés à un poteau où ils furent brûlés tous vifs el réduits eu cendres. Mais avant que le feu fat allumé, ils se saluèrent l'an l'autre par un tbaiser, en se disant : « Adieu! mon frère, » etile l'encouragèrent l'un l'autre pendant que le feu les bré-

# Ibid. p. 90 2 Ibid, p 99, 9 ‘ + Hide p.82.

ELU LETTRE DES CINQ ÉTOBIANS Jait, à souffrir constamment. Et même lui d'eux, Mar tinl Alba, baïsa aussi le bourreau, et l'exhorta à se s0vvenir de ce qu'il lui avait dis. *

Onze jours avant Leur martyre ils écri et excellente lettre aux Seigneurs dé Berne, pour les | remercier de toutes leurs bontés pour eux. 2

ve Eustres et souverains Seigneurs !° Ven

« Quoique jusqu'à présent vous nous autant de bonté que des pères en pou c leurs enfans, et que vous ayez employé possibles pour notre délivranco auprés de qui te ment nolre vie entre leurs mai » ca sorte ques} le augement des hommes , on né pouvail en tre succès que celui que vous auriez souhaité Cependant comme il n’a pas plû à celui qu bitre de notre vie el de notre mort, de e choses comme on le souhaitait, nous devons Ke rendre grâce, lout comme si la chose ét ment. Nous sommes bien assurés q les choses d'une autre manière, s'il l pour sa gloire ok pour notre salut.

pouvons bien connaître par là que Dieu veut,

et méme au plutôt, et à sceller érilé que vous soutenez dans »

que nous ne sachions pas encore bien # l'heure); cependant nous adressons cell cellences, afin que (comme vous vous 6 ploins do bonté ot si empressés pour le” de nous autres pauvres prisonniers pour la |

À Stetilér. 178. b,

AUX SEIGNEURS DE BEANE. A87 de Dieu,) nous de notre côlé ne parussions pas ingrals envers vous, C'est pourquoi nous vous remercions pour toutes les peines et soins que Vos Excellences se sont donnés pour nous, priant aulant qu'il nous est possible, celui pour l’amour duquel nous soufirons, Jésus-Christ le fils du Dieu vivant, de vous récompenser sbondamt, comme il l'a promis. Car aussi co que vous nous vous ne l'avez pas fait seulement à nous, mais aussi à lui, parce que nous soutenons sa doctrine, Il vous fera bien connaître, tant au dernier jour , où chacun doit comparaître devant lui, que déjà dans la vie présenle, que vous n'avez pas perdu votre lemps dans la peine que vous avez prise pour nous; ear quoiqu'elle n'ait pas été suivie de noïre délivrance ; cependant nous ne vous en sommés pas moins obligés. Car "il n'a pas plû à Dieu de nous conservor la vie par voire moyen, cependant elle a été prolongée par là, en sorle que nous pouvons bien dire que c’est après Dieu, par voire assis lance , commo par son instrument que nous sommes demeurs en vie jusqu’à présent, malgré la fureur de tous ceux qui auraient voulu depuis long Lemps nous exécuter. à mort, Puis done qu'il lui plait que notre sang soit bien 1ôt répandu pour la confession de son saint nom, nous nous estimons encore beaucoup plus heureux, que si nous sortions en liberté. Car comme iles véritable et tout-puissant , il nous fortifiera et ne permettra pas que nous soyons lourmentés au delà de nos forces; el après que nous aurons souffert un peu de temps , il nous recevra dans son royaume céleste et nous féra roposer éternellement auprès de lui.

» Là-dossus, illustres et souveraîns Seigneurs, après avoir pris congé de vous el nous être recommandés bien bumblement à Vos Excellences , "nous prions Dieu de

188 MENNE ET ARS MINITAES DEIPATS DE AUD.

foire luire de plus en plus en vous son honneur et sæ gloire; afin que par votre moyèn son saint momasois

magoifié par toute la terre, que le règne de son Fils soit étendu, Le son Eglise qui est sortie ES 3 soitédifide! »

ME AE ee TA 1553.

« Vos bien humbles étudions el depuis long-tèmps pou F: J'ession du nom de Dier et pi dela mort, port EE Æ

J'ai voula rapporter tout de suite l'hi ke de 1yrs, pour n’en pas faire à deux fois. Je sent aux événemens de l'an 1552.

Les Seigneurs de Berne envoyèrent à | tres du pays de Vaud une liturgie Ar avec ordre de se servir de la. prem 5 divin et d'enseigner le second dans l'élse ) pu savoir quel était catéchisme.). ve

Les ministres de la classe de

qu

ministres suivissent la liturgie et lee

leur avait envoyés dernièrement , aussik tres cérémonies et ordonnances introduites €

* Steuler, 478, b. 479

RÉTORMATION ÉTABLIE À PROVENCE. 489 Berne pour la réformation ; avec menace que , si quelqu'un d’eux s’y opposait, il serait pani par déposition de son emploi et par bannissement ; et que, s'ils tenaient quelque conférence avec les ministres de Genève } pour l’uniformité de la doctrine, ils devaient le faire-ensorte, qu’ils s'attachassent toujours à l'autorité ( Ansehen}, aux ordonnances et aux cérémonies de leurs Seigneurs, sous la même peine. * :. Mais les ministres du pays Roman ne s’effrayèrent * point pour ces menaces; au contraire, ils persistèrent à faire de nouvelles instances auprès de leurs Seigneërs. Cette année 1552, la Réformation fut pleinement introduite à Provence; village du bailliage de Grandson. Les Réformés de. ce village se sentant de beaucoup supérieurs en nombre aux papistes, allèrent trouver le bail: lif de Grandeon, Jean Wernli de Fribourg, parent du chanoine Wernli tué à Genève l'an 1534. Ce baillif les renvoya à Berne. Là-dessus les Seigneurs de Berne ayant communiqué celte affaire à leurs alliés de Fribourg, les deux villes envoyèrent des députés à Provence. Les Réformés se trouvèrent être au nombre de quarante quatre contre vingt sept catholiques. Ainsi la Réformation ÿ fut établie pleinement , et la messe abolie. Cela se fit lo 15 février. *

. XIE: La cabale des factieux et des libertins se fortifiait à Genève, et travaillait de loutes ses forces à abolir les lois.de la Réformation des mœurs. L'impudicité et les blasphèmes étaient, pour ainsi dire, sur le trône, à cause de l'impunité et de la légèreté des peines. Les ministres

1 Ms. Amp. p.193.

3 Instr. B. p. 205.

4 Mém. de le Comte.

90 miss DRS LIRERTINS.

préchaient, criaient, sollicitaient les magistrats, à errêter le cours de ces honteux désordres! Ils oblinrent ete fin que l'on portât au Grand-Conseil, le 5 février, certains édits plus sévères contre ces crimes;

lieux s'y opposérent avec tant de chaleur, que

disant effrontément :

nous gouverne , &v à Cal

vin,» Les plus modérés adoucirent la fureur de ces gen |

18. On aurait dà la réprimer de bonne heure; mais comm + elle se fortifia de plus en plus

peler et l'arertit de modérer son feu. A tous ces désordres, les anciens pasteurs de cet Farel et Viret, se rendirent ensemble à

rent recommander au Conseil le soin de la :

«ministres et des étrangers, ? ?

Dans ce même temps, Troilliet, cet he:

(dont j'ai eu plus d'une fois occasion a!

alors du Grand-Conseil, raïsonnait sur

vin dans les tavernes, le taxant

aredire dans son Institution Chr

venir pour ce sujet devant le Grand-Conseil} ,soutint et dit, qu'il voulait prouver par écrit

Rosel. V, 82, * Roset, V, A.

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