A MESSIEURS DE GENÈVE
A magnifiques, nobles et puissans Seigneurs, Messieurs les Syndics et Conseil de Genève.
Magnifiques, puissans et honorables Seigneurs, j'ai reçu les lettres qu'il vous a pleu de m'escrire , ensemble entendu le rapport de vos ambassadeurs conformes à icelles. Quand il n’y aurait que l'humanité et gratieuselé dont vous usez envers moi en loutes sortes , je ne me pourrais aultrement acquitter de mon debvoir, que en in’efforceant en tant qu'il est en moi de salisfaire à vo-
AT ANPENDIEN. m9 servir en la prédication de l'Evangile et au ministère. de vostre Bglise. Parcillement en telle incertitude je n'o= serais vous déterminer aulcun temps certain, à cause, comme j'ay desja diet que ceste assemblée nous en produira possible une seconde, à laquelle je pourrais estre envoyé et ne sçourais refuser. Tant s'en fault que je doublée que ceste response ne vous soit agréable, que si la chose estait en vostre main, j'altendrais ung mesme conseil de vous.
Au surplos, incontinent que Dieu m'aura donné le loysir ei opportunité, c'est-à-dire que je seray déliberé de charge extraordinaire , je vous asseure que en toutes sortes qu'il me sera possible de m'emplayer, pour sûbvenir à vostre Esglise, j'en feray mon debvoir, aullant : comme si j'avais desja accepté la charge en laquelle vous m'appelez voire auliant que si j'estais desja entre vous faisant l'office de pasteur. Geste sollicitude que j'ay que vostre Bsglise soit bien entretenue ei gauvernée ne. souffrira point, que je ne Lente lous les moyens qu'il LS sera possible pour assister à la nécessité d'icelle,
Bien est vray que je ne puis pas quictor la vocalion en. laquelle j à Strasbourg sans lé conseil et consettement de ceux auxquels nostre Seigneur a dobné authorité en cesté endroit, Car pour ne point confondre l'ordire de l'Eglise, comme vous debvons pas entreprendre le gourernement d'une Eglise bien reiglée sans qu'on nous le présente, aussi nous ne debvons pas laisser les Eglises qui nous sont commises, à nostre phantasie; mais atiendre que ceux qui ont la puissance nous en dé- Vibvrent par bon et légitime moyen, Ainsi comme n'estant pas libvre, je désire toutjours de me gouverner par le conseil de mes frères, qui sont aa ministère de la parolle avec moy. Maïs cela ne m'empeschera pas que je
AT APPENDICE. su
Vu.
FARELLO An Ricarpom Sypviun. ‘ (540.)
Gratia tibi et pax a Deo, Paire nostro et Domine Jesu-Christo. :
Significatum est primum rumore ipso, deinde quorundanm literis, Le islic nuper non parvæ offensionis vel causan , vel cerlæ occasionem præbuisse ; cum pro concione ita de Cœnæ mysterio locutus esset, ut carnalem sub pane inclusionem corporis le velle asserere omnes putarent. Hac de re a fratribus appellatum ut rationem redderes, detractasse. Ac causa ad huc inlegra, provocasse Bernam ad majorem cognitionem, cui docti viri interessent, qualis est Melancthon et ejus similes. 1d quanquam mihi videbalur non modo ab ingeni lui mansuetudine alienum, sed per se quoque valde absurdum, quia tamen verisimile erat non de nihilo fuisse ortum hunc rumorem, officii mei esse pulavi apud te quamprimüm intercedere, ut si qua obit inter Le ac fra-
. tres dissidii semina jam sparsa sin, prolinus omni stu- “dio atque opera excidere ea contendas, autequäm ad malam frugem perveniant.
Id autem mihi licere non dubitavi, cum pro in te amicitiæ nostræ veleris , tum pro fraterna quæ inter omnes Christi servos esse debet necessitudine ac conjunc-
1 Dubois, ministre dans le pays de Vaud.
fidelibus exhibetur perspicue enarrari: Ne-
re in concione tua adversis auribus acceptums
esse, sed quod visus sis nescio quam localem prwsene tam comminisei, quam merilo pli omnes detestantur, si quid Theologia intelligo. Preterquam enim quod huic i palam advorsniur, abex quoque Jonge alienum faisse veteris Ecclesiæ sensum, videre Ipromptum est, Sed fac tibi nunquam in mentem venisse: \quoniam tamen vel Lemere insedit hominum anirnis sus- Picio, non importune faciunt fratres quod ofendicula
Detitores nos esse rudibus non minus quam peritis, ingamus omnes qui ralionem abs te exigebant fuisse Endoctos idiotas, quod certe de fratribus Classis, tu
Pmunquew concedam, quo tamen prætexlu, imo qua fron=
Le abilla obligatione te eximes, cui se Lantus Apostolus it? At præposiere judicabunt, Pémom tuum est mari cessurise sinl veritati, bi de ea edocti fueleint, an obstiaatis animis porrecturi. Deinde quam inilequus f'uturus es, von dico tantum fidelibas, sed: IChristi servis et Ecclesix pasloribns et Collegis tuis si eos contemnas ut nibil æqui aut recti ab eis expectes? Postremo, aliud est studere justa sotisfactione placare banimos fratrum, aliud privato jadicio stsre, Si elius ila |tespondisse diceretur, ut de Le ferunt, potarem magnorom nominum obrentu voluisse fratribus illudere. De te melius sum persuasus, cujus moderationem video habere perspectam. Sed um animo Lu0 re puta quid hæec verba sibi vi eniant Bucecus et Me-
FT ADPENDICR. sas dogmate ipso, ut mecom amice conferendi viän tibi apevirem, describendos tibi curavi articalos, quibos tibi
sanctissime romillo conséntancam esse Philippi men | fem. Los enim ad eum miseram quo expiscarer, am aliesset inter nos dissensionis. Antequam résponde= ret conveni eum Francfordis: testatus est mihi, wihil e aliud sentire, quam quod mois verbis expressissen. Proinde abtestor te, mi frater, iterum atque iterum,
L si tibi propius scopum videris ailigisse, conferre me- * um né graveris. Interim pacem el amiciliam colas cum tuis fratribus, quibus magna ex parte non du
m mihi renuncies quidquid fuit inter vos dissensionis, esse jam bene compositum. Vale ÆFrater integerrime, ac mihi vere in Domino dilécte, Er omnibus symmistis vestri Collegi. Dominus Jesus
virlote, ad opus suum recté peragendum
Caloinus.
IX, | A HONORANLE, TRÈS EXPERT, NOTRE CHÈR, BIRN AUMÉ ! LV marRE GUILLAUME PAREL, MINISTRE DE LA PAROLE | BU SMGNEUR, À ARUCHATEL!
L'advoyer et Conseil de Berne à Honoroble etc, M. Guillaume Farel! Salut.
1 Ayants entendu le rapport de nos Ambassadeurs, qui furent dernièrement à Neuchâtel, pour la pacification du différend entre vous et une partie de nos dits bour. geois de Neuchâtel, suscité, sommes résolus, de vous tenir quelques propos concernant cetle affaire; dont
ET APPENDIGE. Eu ralité sincère, droite et désinterresséc, mes Souvarains Seigneurs aideront à le soutenir; vous. pouvez leur on faire la déclaration; d'ailleurs mes Souveräins Seigaours étant informés que le roi de France s'est adressé aux villes de Fribourg et de Soleure pour les engager à le caulioner auprès des villes de Strasbourg où de Constance pour 200 mille éeus au soleil en offrant aux cau- Lions pour assurance de leurs hipothèques les comtés de Neuchâtel, et du Genevois, et de dedomager M, de Lovgueville pour son Neuchâtel en France à sa bienseanco, vous aurez soin surlout de démontrer à M. de Prabgin, quel grand préjudice ce projetdu roi, s'ildevait se réaliser, porlerait non seulement à la combourgeoisie perpétuelle ontre les villes do Borne et de Nouchâtel, 1 à leurs ressortissans nobles el autres, mais aussi à la religion, ai le comté de Neuchâte] derait être donné à gouverner, où être possédé comme gago par doux villes d'une croyance contraire, loules choses il bles tant aux habitans du paye de Neuchâtel, qu’à mes Souverains Scigneurs, qui aussi eu égard à la promesse faite à la ville de Borne par le margrave Rodolphe 2 ‘heureuse mémoire ne laisserait pas aller celte affaire 5, mais y pourvoiroit ultérieusement. Or comme lé ai Seignour de Prangin par sà naissance et daillours par sos lorres et possessions situées dane-los états do Berne, appartiennt de plus près à mes Souversins Seigneurs, qu'à la margrave on vertu de sa place, ils lui demandent, qu'il se comporte en ecci selon son devoir, qu'il ne néglige rien de ce qui peut empêcher imperieu< sement celle hipothèque, afin qu'un Lel dessein echouc ainsi qu'il y est obligé et que mes Scigaeurs allendent de lui. Finalement comme le parti évangélique à Cressier s’est plaint de co que monsieur lo gouverneur après
EX APPENDIGE. #29 reor ne et ali quidam sequontur hoc exemplum. Daos cnim habemus, qui bienvio stipendio, si interea jejunent, | mequeant se extricare, Nec tamen proplerea desiount [ furtim se abdere smpe in cauponas, el præsidio uno plus Labsumere, quem in totius famili alimentun
habcont. Verum rodeo ad eleclionem. Nane Drollietus | quidam, quod natione sit Genevensis, nobis oblendi- Ltur, in quo multa si qua apparent nobis omaibus parum
grata. Nescio autem quid ministro dignom habeat, nisi | quod simiæ amant suos calvecs.
(Catuinus, ]
À MADEMOSEULE * * ? À
| Mademoiselle , Retirez vous par deça , pour servir à Dieu
Men repos de conseience. S'il vous estait possible de vous en acquitter où vous csles : je n'auroye garde de vous
Ldouner conseil d'en bouger. Mais je scay en quelle capivité vous estes détenue. :
“Combien que plusieurs se ateot eo Cal endicuX se fa sant à croire que c'estune faulle legère que de se polluer
“aux superstitions qui sont répugnantes à la Parolle de Dicu, ct deroguent à s08 honneur ; j'estime que l'honneur de celui auquel nous devons tout, vous est si précieux , que ce vous est un regret importable d'y contre venir ous les jours comme vous y estes contrainte.
L La lottre est éans adresse, mis on a lieu de Îa croire aäressés à Mademoiselle de Rudé. #
50 MIÈCES JOSTEMICATIVES
. « + Considérez maintenant, si ce n'est pas un malheureuse condition, d'y languir sans fn. Je sex bien que plusieurs nous obiectent que nous me sommes | pas ici anges non plus : et que nous affensons Dien course | on faietlà ; ce qui est vray. Mai sarl Mal sur mal n'esi pas santé. .
quaod vous ver bien tasché par disinulatnn à exempter des perils ou vous esles : rient | faict. Car les iniques capieot da près: Re
iammais contenter qu'en renonceant Dieu
quoy vous n 'estesen repos ducorps non plus que de
Et aprés avoir dechue de Dieu pour complaire au
vousn'avezrien prolité,sinon de languircommeen!
Vous me demanderez si estaut venué fcy vi
pendant que nous sommes en ce monde estre comme oiseaux sur la branche. Al Dieu, et nous est bon. ais puisque cest donné euquel
en le servant, s'illuy plaise, où bien qu plus et vous confermer en sa Parolle ai plus preste à soutenir les persecutions
ce n'est pas raison de le refuser, + :
. 2T APPENDICE. sai
honorables devant les hommes ; en le fraudant de l’hon-
teur qui lui appartient. Be RE déerré Ce **.. (1546.)
Votre serviteur et humble frère Charles Despeville. (Cakin.) \