LBS IMAGES SONT ABATTUES
en chemin ^ el ceux-ci se joignant à eux retournèrent sur leurs pas èl allèrent dans la cathédrale , résolus de détruire tous les instrumens et les objets de Tidolâtrie qui étaient des matières de discorde entre les concitoyens. ' Les prêtres ayant fermé toutes les portes de réglise au verrou^ ces tfois cent quarante hommes en enfoncèrent une et brisèrent et renversèrent toutes les images 5 les autels et les tableaux. Le^ sénat y envoya • incessamment quelques seigneurs pour les arrêter; mais ils ne furent point écoutés. Il y en eut même un qui leur dit : « Ce que vous n'avez pas su faire par trois années de délibération nous allons l'achever dans une heure.»' De là ils passèrent dans l'église de S, Ulrich et ensuite dans les autres, où ils firent la même expédition. Les bourgeois de la Pelite-Bâle, qui étaient presque tous catholiques, voyant que la partie était trop forte, prièrent les autres de leur permettre de purger eux-mêmes leur église d'images et d'autres ornemens; ce qui leur fut accordé. Les trois cent quarante^ ayant ainsi fait le tour de la ville , allèrent rejoindre leurs gens; et apprenant que le sénat n'avait point edcore rendu de réponse positive , ils les sollicitèrent à aller à l'hôtel-de-ville voir ce que les magistrats y faisaient. Ceux-ci leur envoyèrent des députés pour les exhorter a se tenir dans les bornes de la modestie et du devoir ; mais les bourgeois répondirent qu'ils voulaient une résolution décisive. ^ Une heure après , le sénat accorda enfin la résolution qu'on demandait avec tant d'instance : «1^. Que les emplois de la magistrature seraient
* Wurstis. I.c. Klaub. 128.
' OecolaiDpade. I. c. p. 487.
5 Klaub. 429. Warslis. 1. c 572.
^^ Sll DECISION DU COKSBIL.
doQnés de la manière que la bourgeoisie le souhaitait. 2^. Que dès ce jour-là même les idoles seraient renversées el la messe abolie par toute la ville et dans tout le canton. ' 3^. Enfin, que dans les délibérations qui intéressent la gloire de Dieu ou le bien de Tétat , on prendrait les avis des tribus et de soixante bourgeois, et qu'on y procéderait incessamment. » Les bourgeois, ayant reçu cette réponse^ se retirèrent contons chez eux ; et ainsi la journée se termina sans qu'il y eut un seul coup donné. ^ Le lendemain^ 10 février , ^ qui était le mercredi des Cendres , on réduisit toutes les images en cendres. D'abord on crut bien faire d'en distribuer le bois aux pauvres ; mais comme on vit qu'ils se querellaient pour le partage^ et que de la querelle ils en venaient aux coups., on Jes leur ôta. L'on en fit douze monceaux que Ton brûla, au grand .déplaisir des bigots. Le vendredi^ 12 février, toutes les tribus de la ville, avec leurs commis ou -élus, approuvèrent les décrets du sénat, et se réconcilièrent de bonne foi avec leurs magistrats ; et le lendemain , la bourgeoisie leur prêta les sermens ordinaires.
Le jour du grand trouble le sénat avait écrit à divers Cantons pour implorer leur secours contre la bourgeoisie.'^ Quatre d'entr'eux, Zurich, Berne, Soleure et Schaffhouse , y envoyèrent incessamment leurs dé^ pûtes; mais ces députés n'arrivèrent que quand tout fut accommodé , ^ tellement que leurs soins furent su-
* Oecolampade. 1. c. p. 188.
' Kiaub. 130.
' Wurstis. Lib. 7. G. 2&. Klaub. 130.
^ Stettl. T. II. p. 2J . ubi pro XI Febr. legendum IX,
' Klaub. I. c