LES ANABAPTISTES
c'est pourquoi ils se séparaient des autres chrétiens , et faisaient leurs assemblées dans les bois et dans les montagnes. A l'égard du gouvernement civil et temporel , ils disaient : a Qu'aucun chrétien ne peut exercer la magistrature et porter l'épée ; que pour cette cause on ne devait souffrir aucun autre supérieur que les ministres de l'Evangile ; que ceux qui prennent des pensions , ne sont p^ de véritables docteurs ; qu'on ne doit point prêter serment , ni posséder des seigneuries ni d'autres biens en propre, mais qu'il faut avoir tout en commun.
» Comme donc ces doctrines tendaient non-seulement à séduire les âmes, mais aussi à troubler TEtal, a inspirer du mépris pour la magistrature , a exciter des désordres et des rebellions, comme on l'avait vu manifestement peu de temps auparavant dans l'affaire de Muntzer, et qu'on le vit encore bientôt après dans les troubles de la ville de Munster; aussi les ministres de la Parole de Dieu leur résistaient de toute leur force avec l'épée de la Parole de Dieu, et les magistrats avec celle du bras séculier. »
Il ajoute que nonobstant les diverses disputes et conférences qu'on eut avec eux , leur nombre se multiplia tellement que les magistrats sévirent obligés d'employer toutes sortes de moyens contr'eux.
a Dans les Etats papistes, dit-il, on les condamnait à mort* Parmi les réformes , ils étaient pour la plupart châtiés par emprisonnement. Ceux qui voulaient quitter la secte étaient obligés de fai^e abjuration ; mais ceux qui né voulaient poiïit se laisser instruire par la Parole de Dieu étaient bannis. Etcon^me, suivant leurs principes , ils ne voulaient pas prêter le serment de bannissement auquel on les avait condamnés , on se contenta , dans'les commencemens, de leur simple promesse; mais