DANS LE CANTON DB CLARIS
brûler toutes lears images , et en divers lieux le nombre des réformés allait en croissant. Les catholiques ^ irrités de ces changemens, firent convoquer une as* semblée générale du pays pour le 15 mars^ et obtin* rent en même temps un traité par lequel il fut dit , que ni les ecclésiastiques, ni les habitans ou advenaires n'y assisteraient point. Les Cantons réformés et ca* iholiques y envoyèrent leurs députés, chacun pour veiU 1er aux intérêts de sa religion. ^ Dans cette assemblée les catholiques^emportërent, à la pluralité de trente-trois voix, que l'on s'en tiendrait à la réponse que Ton avait iaite aux cinq Gantons l'année précédente. Mais les réformés ne voulurent pas se conformer à cette résolution. Le dimanche suivant, ceux de la paroisse d'&Im brûlèrent leurs images , et ceux de Bettschwanden en fireni autant , huit jours après , quinze jours avant Pâque.
Dans ce temps-là , le canton de Glaris était partagé en neuf paroisses. Celles d'Elm et de Hfalt étaient tout entières pour la réformation , à la réserve de cinq ou six personnes. A Schwanden et Bettschwanden , les deux religions avaient chacune un fort parti , et cha* cune un pasteur particulier. Dans les cinq autres paroisses 5 il y avait plusieurs réformés , mais les catholiques y étaient les plus puissans. Cependant les esprits étaient fort échauffés de part et d'autre, et les réformés ne pouvaient pas dissimuler le chagrin qu'ils avaient de la réponse qu'on avait faite en dernier lieu aux cinq Cantons. C'est pourquoi, dans un triple conseil, assemblé le mardi après Pâque, il fut arrêté : Que qui-
* CeuiL de Berne eurent leurs instructions le II mars » Instr, A. p. 96.
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conque contreviendrait a la résolution contenue dans cetle réponse serait tenu pour un mal-honnéle homme. Les réformés prirent patience, en attendant l'assemblée générale qui devait se tenir le premier dimanche de mai. Elle se tint à Schwanden^ et il fut résolu que les habitans advenaires y donneraient leur suffrage. Mais les catholiques ayant compté les voix à Tavance, et remarqué que la pluralité l'emporterait en faveur de la reformations ne voulurent point s'y soumettre; et quand il s'agit d'élire des juges, la division fut si grande qu'on ne put point convenir , et l'on se sépara sans rien conclure. On convoqua donc une autre assemblée générale le dimanche suivant, 10 de mai, et il s'y trouva des députés des autres Cantons des deux religions. On y lut le livre des lois fondamentales du pays, et Ton prêta le serment ordinaire d'observer ces lois. Les réformés demandèrent qu'on leur permit d'avoir des pasteurs évangéliques. Les catholiques le refusèrent, se séparèrent d'avec eux^ pour faire corps à part; et appuyés des députés d'Uri, ils demandèrent qu'on s'en tînt à la dernière réponse faite aux cinq Cantons, offrant de disputer leur droit contr*eux devant les onze Gantons ; car ils ne reconnaissaient plus Zurich pour canton. Hais les réformés s'y opposèrent , disant : «c Qu'il fallait s'en tenir à leurs lois fondamentales qu'on venait de jurer, lesquelles donnent le pouvoir aux gens du pays de terminer les affaires à la pluralité des suffrages. Ils ajoutaient que c'était une affaire qui regardait leur pays seul, et nul autre. Qu'ainsi ils ne prétendaient pas qu'elle fût portée ailleurs que dans l'assemblée du pays même, et qu'ils ne reconnaissaient point d'autre juge. i> Cette division dura long- temps ^ et pendant tout ce temps-là il n'y eut dans le canton ni conseil d'état ni
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tribunal de justice , parce que les juges n'étaient paa élus y et que les catholiques ne voulaient point entrer au conseil d'état jusqu'à la décision de la chose ; d'au* tant plus qu'ils voyaient que dans ce conseil les. réformés étaient supérieurs en nombre. Les Cantons s'as* semblèrent souvent pour accommoder les parties , mais inutilement. Cependant le nombre des réformés s'accrut tellement dans le bourg de Claris , que vers le milieu d'octobre ils osèrent purger leurs temples d'une bonne partie des images qui s'y voyaient. Ils en jetèrent quelques-unes dans la Linth, et mutilèrent les autres. Les Eglises de Kirchenzen et de Nîder-Urnen suivirent bientôt leur exemple. Elm^ Matt et Bettschwânden détruisirent aussi les images qui étaient demeurées de reste chez eux ; a Schwanden les réformés étaient supérieurs en nombre aux catholiques ; cependant ils convinrent avec eux de souffrir les images , jusqu'à la fête de Noël, dans l'espérance que , dans cet intervalle de temps , la division qui régnait encore dans le pays se terminerait. Comme le terme approchait^ et que les réformés souffraient beaucoup , parce que jusqu'alors on n'avait eu dans le pays ni conseil ni judicature , les catholiques les caressèrent tant , qu'ils leur accordèrent encore un mois de terme, à condition qu'on laisserait à leur ministre, Pierre Rumelin , la paisible possession de la maison de cure. Mais le lendemain, 21 décembre, les femmes s'attroupèrent pendant que la plupart des hommes étaient à Claris au marche, et brisèrent plusieurs images. Comme les catholiques accusaient le ministre de prêcher des mensoDges , il les provoqua à venir dans l'église le 27 décembre disputer avec lui. Mais au lieu de comparaître, quelques-uns d'entr'eux, pour venger leurs images,