‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 5)Chapitre 47 sur 60 · G8 SIÉ6B DO CHATEAU 1» MUSS · texte numérisé non relu

G8 SIÉ6B DO CHATEAU 1» MUSS

gqerrc> 80,000 florins d'or, dans trois ans, après la fin de la guerre. ' »

Le duc se mit en devoir d'exécuter son traité et de ranger à son devoir son sujet rebelle. Je ne ferai pas ici rhistoire de ses exploits de guerre, pasce qu'ils ne sont pas de mon sujet. Je me contenterai de rapporter en peu de mots la suite et la fin de cette affaire. Médicis se voyant vigoureusement pressé par le duc de Milan, et ne pouvant pas lui tenir tête , recourut à l'empereor Charles Y et au roi Ferdinand, pour les prier de faire sa paix avec le duc. L'empereur en fit la proposition au duc; maïs le duc s'en excusa^ en lui présentant le traité qu'il venait de faire avec ses alliés, les Suisses et les Crisotis. Médicis, rejeté de ce côté-là, recourut au roi de France, lui offrant ses deux places, Muss et Lecco. Biais ce prince refusa aussi de se mclcr de ses affaires, ûe voulant pas pour un petit tyran comme celui-là, se brouiller avec deux états ^ ses alliés. '

Cependant le château de ISuss était assiégé par les Suisses et les Grisons , joints ensemble. Ils auraient pu le prendre dans peu de temps, si les troupes du duc étaient venues les joindre de bonne heure ; mais par la négligence des officiers de ce prince, ses troupes ne se mirent en campagne que tard, et Médicis favorisé par des traîtres qu'il y avait dans l'armée confédérée, le battit dans la montagne , où elle s'était campée pour canonner plus aisément le château , et jeta son artillerie en bas la montagne. Ainsi par la mollesse et la négligence des uns, et la trahison des autres, cette guerre dura dix mois entiers. Les deux armées se joignirent

* Id. 198.

* M. 199. ÎOO.

FIN DB tA 6UBRRB DE MUSS. S69

et assiégèrent de nouveau le château de Muss et la ville de Leceo^ et les serrèrent de si près qu'il n'y pouvait du tout rien entrer. Enfin Médicis , pressé si vivement par le^ troupes ducales et les confédérées^ et ayant perdu son frère Gabriel et son intime ami Aloise Borserio^ de Côrae^ qui étaient le plus ferme appui de ses affaires et qui furent tous deux tués en deux diverses rencontres , il s^umilia et demanda la paix. Il l'obtint par les soins de son frère Jean Angelo et par l'entremise d'Augustin, évéque de Yerceil, et de Marin Caraccioloj ambassadeur de l'empereur , qui la négocier reni avec les deux chefs de l'armée confédérée^ l'un Suis6e et l'autre Grison. IM'obtint même plus avantageuse qu'il ne la n>éritait ; car au lieu d'être envoyé sur . un échafaud pour y recevoir la récompense de sa rébellion , de ses assassinats , de ses parjures et de ses brigandages , il lui fut permis de conserver toute son argenterie; et il reçut même de l'argent pour ses terres^ qu'il était contraint de remettre au duc ; après quoi il se retira dans le diocèse de Verceil. Le château de Muss fut incessamment l'asé eC démoli , comme il avait été stipulé par le traité, et la ville de Lecco le fut pareillement. ^ Les habitans et la garnison de ces deux places ' avaient soutenu le siège avec un courage merveilleux , digne d'une meilleure cause , et avaient souffert tout ce qu'on peut imaginer de cruel dans un dur et long siège, ayant été réduits par la disette à se nourrir de chats, de souris et d'autres animaux de cette sorte. Ainsi finit cette guerre, au commencement de Tannée 1532. ' J'ai cru devoir rapporter ici, tout de suite et sans interrup-

* Sprech SOI. 203. i

* Rabn. 722.

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