‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 5)Chapitre 56 sur 60 · PIECES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

PIECES JUSTIFICATIVES

leur aider maintenir notre ancienne chrétienne foi ; i pource que cela sommes tenus de faire , tant par ncsi liances que par nos serémenSj vous admonestons pd ' vertu de la bourgétsie^ que nous appreste^ cinquan^ colovriniers ' de vos compagnons , équipés de ce quetfi parlient en guerre , afin quand les manderons que t» gnent accompagner notre bannière^ ainsin que avoAi fiance en vous, vous disant Adieu. Ce le dernier joi

d'octobre j annoSS.

L'Adi^oyer, petit et grand consal de la ville de Fribourg. »

PREMIER TRAITÉ DE PAIX DE RELIGION , CONCLU ENTRE L& CANTONS, LE a6 JUIN iSag. traduit de L*OaiGIICiLAl LEMAND.

« Nous conseillers et envoyés des villes et des pais des lieux ci-dessous nommés , savoir : de Claris , Jcas iEblî, Amman y Conrad Schindler^ Fridolin Malthis, conseillers ; de Fribourg , Jean Landther, Jaques Fitjbourger, conseillers; de Soleure^ Pierre Heboli^ aicien avoyer^ Urse Surk^ trésorier, Bénédict Blanslîk, Jérôme de Luternauw, Rodolphe Vogclsang^ conseit lers du petit et grand conseil ; dé Schaffhouse , Jean- Jaques Mourbach, Jean Keller^ Christophe Am Grut, Jean Rudolf, conseillers; d'Appenzell, Ulrich Iscobout, Ulrich Broger, tous deux anciens Ammans, Mal-

* Arquebusiers.

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lieu Zidler^ ancien chancelier, Sébasiten Dœring, concilier; des trois ligues des Grisons , Conrad de Lam«^ ris y amman^ Amman MauriU, ancien juge du pays, 'homas Gastelberger , Pierre Wolff , chancelier , Marn Sœger, Simon Arnold, lieutenent de la ligue Uaulei IrichGerster, ancien bourgmaîire de Coire, Guillaume [iggli, Gaudenlius de Gastelmour^ baillif de Fursteau, Zacharie Nolh, de la ligue de Gaddea ; Ulrich VolfT, Simon Zindel , juge, Olhon Lientz , de la ligue les Dix Jurisdiclions. De Rolhweil, George deZimmeen , bourgmaitre , Louis Wernher, conseiller. De Sarpans , Jean Uabermullcr, Jean Walther. De Strasbourg, Fean Siourm , ancien maire , * Conrad Johan , conseiler. El de Constance, Jacob Zeller^ bourgmaîire : Confessons et faisons savoir manifestement à chacun par les présentes , que comme depuis quelque lemps en çà il s'est élevé quelques difficultés, discorde et différends^ entre les nobles, généreux, pieux, magnifiques, prudens et sages bourgmaitres , avoyers , conseillers et toutes les bourgeoisies des deux villes, Zurich el Berne^ d'un côté; elles généreux, magnifiques, pieux, prudens et sages avoyers, landammans, conseillers, et toutes les communautés et patriotes des cantons sous nommés. Lucerne, Uri^ Schwytz, Unlenralden au dessus et au dessous du Rernwald et Zoug, av.ec le quartier extérieur, qui y appartient, d*autre part; au sujet de plusieurs et diverses choses, selon qu'elles sont mentionnées ci-après dans les articles ; ces difficultés et ces différends sont allés si loin , qu'ils ont produit de la haine et une entière inimitié; tellement que la susdite ville de Zurich a envoyé déclarer ouvertement la guerre aux dits cinq can«

* SlaUoMister.

4SS PIBCI8 JUSTOriCATITBS.

ions, Lucerne, Uri , SchwyU , Uatenuraldeii e&Zoo^ ; e ensuite conjointemenl avec les généreux^ magnifiques, pieox^ prudens^ spectables el sages ^ leurs coraboor» geois^ de Berne ^ Bâle, Si-Gall, Malhoase ei Bie avec lears autres partisans et adhérens^ se sont nos campagne, avec leurs bannières et enseignes déplo; et avec toutes leurs forces ; c'est pourquoi les susdits cinq cantons^ Lucerne, Uri ^ Schwytz^ Unterwalden eiZoo^, se sont aussi mis en défense et en campagne , a^ec leurs forces^ leurs bannières et ensei gnes.

» Et nos seigneurs et supérieurs de nous tous les envoyés ci-dessus nommés^ ayant appris cette division et inimitié, laquelle leur a causé véritablement un trèsgrand déplaisir, ils nous ont envoyés tous ensemble, et cbacun en particulier, auprès des deux susdites parties, avec un commandement exprès de travailler vigoorensèment dans cette grande et difficile affaire , afin d'éviter et de prévenir la division du louable Corps Helvétique , les misères , les malheurs et l'effusion du sang chrétien qui pourraient s'en ensuivre ; et qu'elles prennent en considération la prospérité , l'utilité et la gloire de tout le Corps Helvétique et de toute la nation allemande, el qu'elles nous permettent et nous octroient à nous les susdits envoyés, comme médiateurs amiables^ de chercher quelques moyens pour terminer par la douceur el à Tamiable leur inimitié et leur contestation guerrière, pour éviter les malheurs susmentionnés^ comme aussi celui de faire des veuves et des orphelins. Et ayant trouvé accès ^auprès des dites deux parties , pour les raccommoder et les réunir par la douceur au sujet de ces choses; a ces causes, ajprès beaucoup de peine et de travail, et après avoir suffisamment entendu les plaintes et les réponses des dites deux parties ; nous les

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isnotntnés mcdiaieurs et arbitres amiables^ avons pro* 3iicé el arrélé entr'elles les moyens et articles snivans, îlon quMl est exactement contenu et mis par écrit ciessous d'ttn article à l'autre.

<x En V lien, concernant la Parole de Dieu, d'aulan^ ue la foi n'est pas une chose à laquelle personne doive tre contraint^ par conséquent les cinq Cantons et les surs ne seront point contraints à ce sujet; mais pour !e qui est des confédérés et des bailliages où Ton a* droit le commander avec les autres ; dans les lieux où les ^ns auront aboli la messe ^ brûlé ou ôté les images^ ils ne devront point être punis en corps; honneur et bien. Mais là où la messe et les autres cérémonies subsistent encore, on ne doit leur faire aucune violence > on ne doit aussi leur envoyer, leur établir ou donner aucun ministre, si cela n'y est pas résolu par la pluralité. Mais ce qui aura été résolu entre les paroissiens, à la pluralité des voix , sur la conservation ou Tabolition de la messe, pareillement au sujet des viandes, que Dieu n*a pas défendu de manger, cela restera en sa force tant qu'il plaira aux paroissiens, et aucune partie ne maltraitera ou molestera l'autre à cause de sa foi.

» n. Concernant l'alliance et l'union Ferdinandine, d'autant qu'elle a été faite uniquement à cause de la religion et que présentement les arbitres ont fait cet accommodement, qu'aucune partie ne doit Caire violence à Tautre , ni la molester, ni la haïr, a cause de sa religion , pour cette cause elle sera incessamment livrée et remise entre les mains des arbitres, avant que les armées décampent ; les sceaux en seront arrachés, les lettres seront coupées et déchirées, ensorte que chacun en puisse voir les pièces, et elle sera nulle et de nul usage, et aucune partie ne pourra plus s'en servir, ni

ASA PIBCBt JUSTiriGATIVIS.

de pareilles à Tavenir. Toachani les autres traites àe combourgeoisie et d'alliances qui ont été noavellemeiil contractés^ on examinera dans les diètes comment os voudra se conduire à cet égard; le tout sans aocun préjudice de la combourgeoisie chrétienne contractée entre les six villes, Zurich, Berne ^ Bâle, St-Gall^ Mulhouse, Bienne et autres.

» m. Touchant l'usage de prendre des pensions, des appointemens, des dons et des présens , de la part desTois, des princes et des seigneurs^ les six villes Zorich, Berne, Bâle^ St-Gall^ Mulhouse et Bienne , avec d'autres, leurs confédérés, prient de nouveau très instamment les cinq Cantons et leurs communautés^ de renoncer entièrement au service de tous les princes et seigneurs, a leurs pensions, appointemens et dons^ de les abolir et de le faire en considération de notre patrie. Que si cependant cette prière ne pouvait avoir aucun succès, il a été ici expressément convenu^ que si un ' homme ou plusieurs, des cinq Cantons, enrôlaient quelqu'un des six villes ou de leurs sujets , pour soldats , les prenait et les emmenait a. la. guerre, tel ou tels devront être punis de mort par leurs seigneurs et leurs magistrats^ lorsqu'on le leur fera savoir. Et si les six villes peuvent attrapper ces enrôleurs dans leurs terres, eljes les puniront de la même manière.

» rV. Quant à la punition des principaux auteurs et des distributeurs de ces pensions, nous ne pouvons pas trouver, nous autres arbitres, qu'on puisse les punir, puisque chacun a eu permission de ses magistrats d'en prendre connaissance. Mais si à l'avenir on les abolit, celui qui tombera en faute sera puni alors , comme il l'aura mérité, en son corps et en ses biens. • D V. Totichant ce que quelques cantons s^assemblcnt

^ Plias JvsTiriCATivBs. kSa

'on diète à Beckenried^ ou en d'autres lieux , désormais ' ni les quatre Cantons Forestiers, ' ni d'autres villes qui ont 'ensemble des traités de combourfireoisie^ ne s'assembleront plus pour aucune chose qui intéresse tous les Can- 'tons ensemble , en aucun lieu y et ne feront plus ainsi les choses en secret ; car il serait à craindre qu'une telle --oonduite ne produisît rien de bon. Mais s'il y a des ••«rantons unis entr'eux par des traités de combourgeoisie l'oa d'anciennes alliances et qu'il y eût des affaires sur le Glapis qui les concernassent eux seuls, ils pourront pour ^ees sortes de choses s'assembler où ils voudront; et quand 0on s'assemblera en diète, ils devront travailler soigneupsement avec les autres a régler les affaires, sans intri- •gués et sans se diviser.

: » YI. D'autant qu'il a souvent été dit dans les diètes,. »que quelques Cantons ont écrit et négocié, au nom de pious les Cantons, des villes et des pays, quoique les ^autres Cantons n'eussent eu aucune part à ces négocia* rtioDS et n'y eussent point donné leur consenteipent, on devra à l'avenir s'abstenir de telles choses, et les Cantons iqui feront ces écritures s*y nommeront et souscriront par leurs noms, et on n'y mêlera point les Cantons qui ne savent rien de cette affaire et qui n'y ont pas consenti, et on n*y fera aucune mention d'eux.

» VII. Concernant les enfans de feu M. JacobSchlosser^ comme on a demandé pour eux à ceux de Schwyts. une pension. et entretien convenables, les deux parties nous ont confié cette affaire , à nous les arbitres ; ainsi le règlement que nous ferons sur ce sujet devra être reçu et exécuté.

* WaldsteUen. Ce sont les quatre cantonl qui soiii aulour d'un même lac, Luceme, Uri, SchwyU et Unterwalden.

486 * PIBCB8 JUSTIFICATIVES.

» VIII. Toutes les ordonnances ci les édits que te six villes, Zurich^ Berne » Baie» Sl-Gall^ Blalhoase el Bienne onl faits el publiés, soit toutes ensemble, sois chacune à part^ au sujet de la Parole de Dieu, subsisteront et demeureront en leur force, fermes et immuables, sans empêchement et sans opposition de persosoe. Comme aussi là ou Ton aura aboli la messe, les imites, les ornemens d'église et autres appartenances du se^ vice divin; que chacun^ de quelque magistral qu'il dépende, sera dès à présent en toute sûreté poar ce Cùl; que ces choses ne seront point rétablies, et qu'on n'eo donnera ni ordre ni permission, et qu'on ne châtien personne à ce sujet. Bien entendu pourtant qu'on n'eioploiera la contrainte contre personne en matière de religion.

V IX. Que tous ceux qui se sont mis en campagoe avec les deux villes de Zurich et de Berne j ou qui leor ont donné assistance, secours, conseil, ou qui les os) favorisées dans cette expédition de guerre ,- de quelqitf manière que la chose ait été faite, soit Bâle, Sl-Gall, Mulhouse, Bienne, la Thurgovie, Bremgarlen, Mellinguen , le Rheinthal , les sujets de Tabbaye de Sl-Gall. les Bailliages Libres et communs dans l'Argovic, pareillement le Tockenbourg , le Gaster, Wesen et d'aotrès, tous ceux-là, soit en générel, soit en particulier, soit qu'ils soient en quelque dépendance des deux villes ou non , soit que ce soient des personnes seules ou des communautés^ villages ou villes, qu'il ne leur sera fai; aucun mal pour s'être ainsi joint à el)es et pour leor avoir donné secours, conseil et assistance, par amitié; mais on ne devra ni les inquiéter, soit par des paroles, soit par des effets, ni les molester ; en un mot, ils devront être absolument impunis. Il en sera aussi de mcnie

PIBCB8 jrUSTmCATIYBS. tô7

dé toas ceax qui sont venus au secours des cinq Cantons et qui leur ont prêté secours et assistance^ soit les ValaisanSj soit des communautés ou des personnes seules^ ecclésiastiques ou séculiers^ sans aucune exception ; et il doit être arrêté , conclu et scellé que la chose sera ainsi fermement etinviolablement observée.

» X. Quant aux paroles choquantes et injurieuses dont on s'est servi jusqu'à présent de part et d'autre au sujet de la religion , d'une manière assurément grossière et impudente ^ lesquelles ont donné naissance à cette division, on devra désormais s'en abstenir entiè» rement des deux côtés et les abolir pour jamais, ensorte que des à présent et pour Tavenir, dans toutes les parties,' il n'en soit plus parlé ; et ceux qui feront et agiront contre cela, ces réfractaires et transgresseurs seront punis par leurs seigneurs et supérieurs, selon qu'ils l'auront mérité, en corps et en biens, dès qu'on les leur déférera , sans opposition de personne.

9 XI. Que tous les arrêts qu'on a mis jusqu'à présent dans la Suisse sur les censés, rentes, intérêts, revenus et biens qui ont appartenu jusqu'ici à des églises et à des communautés religieuses, dana les lieux où l'on a aboli la messe, seront enlevés^ annullés et cassés, et désormais ces sortes de censés, renies et intérêts devront être payés.

» XII. Au sujet de Mourner, il a été convenu qu'il coiqparattra à Bade, çn droit, devant les arbitres, qui négocient présentement dans celte affaire, pour répondrp aux plaintes ou prétentions des deux villes Zurich et Berne ; et que ceux de Lucerne, sans aucune contradiclion , l'obligeront à cela , et qu'il sera puni comme il l'a mérité. Cependant on veut bien dispenser les deux villes de Strasbourg et de Constance de celle affaire, à

jl38 nàcBS josnnCATiTBf •

tear pricrc; el ao rcslc de U part des seigneon ei »• périears des aulrcs arbitres, saYwr, de cfaaqoe canloo des aUics el des coafcdérés, on envœcra à Bade, pm» tenir celUî joamce, deux des envoyés qui ooi assisté à

celle n^ocialion.

V Xin. Qaanl aax frais que les deux irilles de Zuridi elde Berne, avec leurs adhérens el leurs partisans, ort été obligés de faire , on remet celle affaire aux arbîlrc^. pour prononcer lardessus après connaissance de csao&e, dans l'espérance qu'ils examineront avec alteDlion I'iibportance du «ujcl, qu'ils considéreront qu'on a étéeikiragé à ce mouvement dé guerre, el qu'ils procéderofil a cet examen avec tant d'application et de zèle qu'oa n'ait pcMnt de reproche a leur faire. Ce que dessus doit s'exécuter dans les quinze premiers jours après la codelusion de la paix. S'il ne se fait pas dans ce iMops^. les dites six villes devront rompre tout commerce avec les cinq Cantons.

» XIV. On doit reprendre présentement l'affaire de la paix d'Unlerwalden , el eHe sera vidée par les arbitres le jour qu*il8 prononceront sur le sujet des frais de là guerre ; et il dépendra de la ville de Berne^ que les ar bitres traitent cette affaire à l'amiable, ou à la rigueur de droit.

» XY. Que les deux parties demeureront dans leur religion aussi long-temps qu'il leur plaira^ et qu'aucone partie ne molestera ni inquiétera l'autre à ce sujet. Hais au reste, mis à part ces articles, les doux parties derrool demeurer dans tous leurs bailliages, seigneuries, pajs sujets, territoires; franchises, droitures^ coutumes, anciennes pratiques, cl bons et louables usagés, de la manière qu'ils les ont possédés ensemble, avant cette décUvalion de guerre et ces hostilitésj sans aucun empêche-

PIBCBS iuaTiriCATlVU. àS9

ment^ opposition et conlradiclion ; cependant que les quatre cantons Zurich, Lucerne^ Schwytz et Claris prendront en considération > comme il convient^ la ville de St-Gall, au sujet du monastère qui est dans leur ville, el des autres embarras qu*elle peut avoir^ et qu'on leur prêtera secours en cette affaire.

« XVI. Gomme les gens de la Thurgovie font des plaintes fort vives de tous les griefs qu'ils ont> et particulièrement font mention entr'autres de ce qui est de notoriété publique ; nous les deux villes dé Zurich el de Berne, voulons et entendons sérieusement et nous plait, que ces bonnes gens de la Thurgovie à Tave» nir, lorsque le cas écherra ^ soient pourvus de baiUifs et officiers pieux, honorables, graves et de bonnes mœurs ; et en particulier qu'à la place du baillif d'aprc* sent. Jaques Stocker, ceux de Zoug y établissent incessamment un autre baillif; et que de même sans détail Martin Wehrii soit déposé de son emploi ^ et qu'où mette à sa place un autre landammàn. La même chose doit être aussi promise par les autres cantons qui ont part à la Thurgovie, et cela doit être compris dans cette paix; et pour les autres articles et griefs des Thurgoviens , les autres cantons nous permettront à nous , les deux villes de Zurich et de Berne, d'examiner ces choses de concert avec nous à la première diète , sans aucun renvoi ni délai , et de leur adoucir et de régler leurs griefs , selon le droit et l'équité , de la manière qu'on en pourra convenir.

» XVII. Qu'on jurera et confirmera incessamment noire alliance ou confédération , comme on Ta pratiqué d'ancienneté, conjointement avec la convention de Stanz, et cette paix nationale qu'on vient de conchire.

490 PIKCBS JVSTIVIGÂTIVE3.

» Et pour conclusion de la chose , par le présent traité celte aigreur et inimitié, animosilé^ division et troubles; et ce qui s'est passé entre les susdites parties ,- lears alliés, adhérens et partisans, sans aucune exception ni réserve, et lous les discours qu'auraient pu tenir des com- ^munautés ou des personnes seules , soit que cela reg'arde une ville, un pays, des. ministres ou d'autres personnes particulières^ toutes ces choses devront être pardonnées et quittées; en sorte que des 4eux côtés on puisse par tout aller et venir, et négocier, soit dans les villes, soit à la campagne , les uns parmi les autres, en toute liberté et sûrelé, sans élrc inquiété, puni oo molesté, pour ces sortes de discours qui ont été tenus, et qu'en toai temps à l'avenir ils persévéreront et vivront en bonne amitié et en bons voisins, comme il convient à de bons alliés suisses. En particulier^ aucun Suisse ne doit se mettre dans quelque parti contre d'autres, ni prendre la marque ou la livrée d'une faction ; et surtout aucune partie ne doit tourner en mal ce que Tautre aura fait en ces occasions, ni en rappeler le souvenir, car cette affaire et cette inimitié ne doit absolument porter aucun préjudice ni dommage à aucune partie en son honneur et sa réputation, en aucune manière , ni par aucun endroit.

» Et après que Nous, les susmentionnés arbitres et médiateurs amiables, avons montré les susdits articles, moyens et convenans à toutes les parties nommées cidessus, aux capitaines, aux banderets, aux enseignes, aux conseillers , aux chefs de bandes et à toutes leurs troupes assemblées , et les avons fait lire devant eux, de mot à mot; ils ont accepté avec remercîmcnt tous les articles écrits ci-dessus tant eu général , qu'en particulier, pour leurs seigneurs et supérieurs , et r.ussi pour eux-mêmes, pour les garder, observer et s'y conformer

PISCSS JUSTIFICATIVES. 491

enlièrement , comme aussi ils se sont engagés à tout cela et l'ont voué et promis sincèrement , en gens d*honneur^ fidèlement et sans fraude.

» Et d*autant que^ faute de parchemin^ et pour d'autres inconvéniens on ne peut pas maintenant dresser dans le camp les actes originaux ^ nous, les arbitres, nous avons établi quelques-uns d'entre nous, pour aller à Bade avec un secrétaire, avec ordre de n'en point par- 'lir, que les actes originaux n'ayent élé dressés > conformément aux copies et scellés de ces arbitres délégués , au nom de nous tous ; et qu*ensuite ce secrétaire ira partout où il faut, dans les six villes^ et aussi chez les cinq cantons, et fera attacher le grand sceau de chaque canton et pays à ces actes et ensuite les remettra aux parties el qu'il n'y aura aucun délai dans celie affaire. Et afin que la chose soit aussi observée fermement et avec certitude, nous les sus-nommés arbitres , Jean*-i£bli Amman de Claris, Jaques Freybourger, Pierre Hebolt, ancien avoyer de Soleure, Gaudentius De Castelmour, baillif de Furstenau, nous avons, pour ferme témoignage^ appliq ué nos propres sceaux et cachets, pour nous et pour nos autres collègues susnommés, à ces deux écrits, qui sont mot pour mot, de la même teneur. Et pour plus grande sûreté et véritable confirmation de toutes les choses et articles écrits ci-dessus, nous l'Amman, le conseil et toute la communauté de la ville de Zoug,.nous avons aussi fait appliquer à ces lettres le sceau de notre quartier commun de Zoug, tant pour nous-mêmes ,'que* pour et au nom des quatre cantons sus-nommés. Lucerne, Uri, Schwytz, et Unterwalden et ensuite les avons livrés et remis entre les mains de nos féaux, chers , anciens alliés et confédérés des six villes , de Zurich, Berne, Bâie, St-Gall, Mulhouse et Bienne. Le

IM PIBCBS IDSTinCÂTIVBS.

vendredi après le jour de S. Jean- Baptiste, l'an après la naissance de Jésus^ChrisI noire Sauveur 1529. »

LETTRE DE FRANÇOIS I** , ROI DE FRATICE , AUX CANTOKS , EN FAVEUR DE JEAUKB DE HOCHBERO , COMTESSE I>E KEU- CHATEL.

« François, par la grâce de Diea roy de France ; Très chers et grands amis, allies confédérés , et bons compères, * vous sçavez les grandes et longues poursuites et insupportables frais et dépens qui ont par ci-devant été faits par notre très chère et très sage cousine la duchesse de Longueville, marquise de Rothlin, pour le recouvrement de son pays et comté de Nçuchâtel, qui est son vray et ancien héritage j et patrimoyne^ à quoy quelque grande diligence qu'elle ait sceu fayre, pareillement ses ambassadeurs , n'a jamais peu parvenir, combien que par plusieurs et diverses fois vous ayons très humblement fait prière et requête de cest affaire ; Et pour aultant, très chers et grands amis, que sa requeste nous semble tant juste et raisonnable ^ qu'il ne serait possible de plus entendre l'alliance et combourgêoysie, qui est entre les seigneurs de Berne, Fribourg^ So-

* L'an 1K92, le roi François l*' avait lait l'honneur aux Cantons de les inviter à être parrains du duc d'AngouIême» son fils cadet. Ils donnèrent à ce prince, pour élrenne» deux médailles d'or, pour lesquelles ils avaient contribué chacun vingt ducats. Stctiler I. p. 6S3. a.

VIIC18 JVSTiriCATITBS. 495

leure el Lucerne, et notre cousine; ayant été adverty^ qu'elle avait présentement envoyé par devers vous , pour la poursuite et sollicitation de cest affaire, désirant sing^ulièrement qu'elle puisse obtenir de vous ce qu'elle désire en cest endroit et aultres ses affaires, lui ayder et survenir de tout nôtre pouvoir et faveur, mesmement à cause la proximité et lignage, dont elle est et nos très chers cousins ses enfans. Nous vous avons bien voulu escri re la présente, pour vous prier et requesler tant et s'y affectueusement qu'il est possible, que pour Tamour de nous complaire , que de vouloir rendre et restituer à notre dite cousine son dit comté de Neuchâtel , en quoi faisant, ( oultre ce que vous ferez œuvre très agréar ble à Dieu, à la louange de vous, qui avez ordinairement été réputez gardiens et deffenseurs des biens des femmes vefves;) vous nous ferez très singulier service. el plaisir, ainsi que à plain pourrez entendre par nos ambassadeurs, estants de présent par de là, ausqueb escriprons de cest affaire, pour vous en solliciter, el prier de par nous; et sur ce prions Dieu, très cbers, grands amis, alliés et compères, qu'il vous ait- en sa sainte garde, etc. * »

* Tiré du Bis. de r^euchàlel. p. 81.

A94 PIÈCES jrOSTinCATIVBS.

LETTRE i>B LA COMMUNE DE TAVANES A LL. EE. DE BER^,

DU 5 JUIN i53o«

« A nos très redoublez seigneurs^ nos bons seigneurs de Berne.

» NoS; etc. humblement vous remercions de cela, que nous avez rescrit, et tramis ^ un prescheur, pour nous dénoncer la S. Evangile de Dieu, lequel nous avons* reçeuy et voulons vivre à icelle, et jouxte vostre bonne réformation, et Dieu nous en donne la grâce, amen. Très redoublez seigneurs, nous vous prions pour Dieuj qull vous plaise de nous ordonner icelui prescheur de vostre pays j car pour le mettre de nostre pays, nous doublons que nous ne fassions desplaisir à Monsieur de Bâle^ et aussi à Monsieur de Ballelay qui est collateur de nostre parroche ^; et aussi Monsieur de Bâie a fait faire à tous, mandement pour leurs profils, fors qu'à la nostre parroche ; pour quoy nous doublons que le dit Monsieur n'aje quelques affections contre nous ; pourquoi, nos honporez seigneurs , nous nous recommandons tousjours à vostre très-chrestienne bourgeoisie. De celui preschear que vous nous avez tramis , si vous le nous permettez ; nous voulons faire vostre commandement, et si Monsieur de

* Envoyé.

' Annoncer.

' Paroisse.

PISCSS JUSTIVICATinS. 49tt

Ballelay nous voulait mettre un autre , nous vous prions humblement^ qu'il soit examiné^ comme suffisant^ afin que la chose demeure entièrement. »

Donné le 5. jour de juin 1530.

Vos très humbles etc.

Eta commune de Tavanes.

Addi

Il arriva cette année a Berne une chose qui donne lieu déjuger^ que les prédications de B. Haller y avaient déjà produit beaucoup de fruit, et qu'elles avaient même ouvert les yeux à la plus grande partie de la bourgeoisie sur les abus les plus grossiers de TEglise romaine. Un jeune Bernois nommé Nicolas Manuel , composa deux comédies, ou si Ton veut; deux farces, ou il faisait entrer le pape^ les cardinaux^ les évéques, et généralement tout le clergé romain, séculier et régulier, et il y jouait tout ouvertement leur hypocrisie, leur forfanterie et leur avarice insatiable. H y dépeignait des plus vives couleurs la tyrannie de la cour de Rome, et ses vices abominables. En particulier il tournait en ridicule, par divers traits vifs et piquants , les indulgences qui avaient élé publiées à Berne. La première de ces pièces était intitulée le Mangeur des morts; ' l'ouverture s'en fait parle convoi funèbre d'un riche mortj dont la sépulture ré-

^ Todtenfresser.

A96 piicBS^JotTiviCATnrBS.

jouil le caré et 8a concabine^ qui s'en félicâteoi, d L*aolre était intitulée. Parallèle de la condt£iie de Je» ' Christel son prétendu vicaire j lepape* L'ouvertiires'e fait par uoe troupe d'officiers et de soldats, qui viennen c^rir leur servîçç au pape , pour faire la çaerre à sa ennemis, etc. Il fait ensuite paraître S. Pierre, quij voyant le pape porté sur les épaules des hommes, k contemple avec étonnement, et prend même des lunettes pour le mieux regarder. Enfin il demande : QaeBe espèce d'homme cela est? On lui répond que c'est soe successeur, etc. H le nie, etc.

Ces deux pièces furent jouées publiquement en pleine rue par des enfans de bourgeois , pendant le caroara!. Elles furent suivies d'une autre espèce de jeu , qui se fit le mercredi des Gendres. On porta les indulg^ences psr les rues, en chantant des chansons où on les toornaitea ridicule. ' SI dans ce temps^là on eut fait laméinec:lNM à Paris, ou dans quelque autre ville catholique, il n'j aurait pas eu moins que le feu à craindre pour raoCeor | de la pièce et pour les acteurs : témoin Clémenl Xarot, I qui dans son Epitre aux dames de Paris , dit : |

L'osiveté des moines et cagoil Je U dirais \ mais garde les fagoU : Et les abus, dont l'Eglise est fourrée, J*en parlerais ; mais garde la bourrée.

C'était donc une très-grande hardiesse a Nicolas Khnùel d'oser écrire alors, et faire même jouer publiquement des pièces de cette nature. Cependant il ne lui en

* Tiré de la chronique manuscrite de Stettler , et de ces pièces uiêmes que j*ai vues, imprimées à Berne, en un vol. in-lS, Tan 1&58.

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arriva aucun mal. Bien loin de là ; peu de temps après ^ il fut fait conseiller^ et Thistoire nous le fait voir élevé a la dignité de banderet^ l'an 1528, et commander en oette qualité la garnison qu'on envoyait à Thoune , pour garder cette ville contre les entreprises des rebelles, ' et dans la suite employé en diverses députations.

^ Voyez mon Histoire de la rëlormation , tome II, p. 83, et en c|aelqaes autres endroits. Ce Nicolas Manuel eût trois fils : 1° Jérôme, baillif de Lausanne Tan ltf57, et trésorier du Pays-de-Vaud Tan 1562. 2° Nicolas, conseiller et seigneur de Gronay , père d'Albert, qui fut avoyer. Enfin, Jean Rodolphe, baillil de Morges l'an 1562, père d*un autre Jean Rodolphe, qui lut trisaïeul de Monsieur Abraham Manuel, aujourd'hui baillif de Gessenay ou de Rongemont, qui a eu la bonté de me communiquer ces mémoires.

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