‹ Histoire de la réformation de la SuisseChapitre 117 sur 257 · Les devoirs des ministres · texte numérisé non relu

Les devoirs des ministres

XV. Les ministres sont charges de divers devoirs, mais bien des gens les réduisent à deux qui comprennent tous les autres; savoir: enseigner la doctrine évangélique de Jésus-Cbrtst et administrer les sacremens d'une manière légitime. Car les ministres sont chargés de convoquer une assemblée religieuse , d'y exposer la Parole de Dieu et d'accommoder tous leurs cnscigncmcDs à la situation cl à l'usage de l'Eglise, alin

lin J

r que ce qu'ils eDseîgDcnl soit ulile à leurs auditeurs efc

serve a l'cdiricaiioD des fidèles. El pour parler des devoirs des ministres d'une façon un peu dotaîllée, ils, doivent instruire les ignorons , exhorter à faire des progrès dans la voie du Seigneur ceux qui s'arrcteot ou qui n'y marchent qu'à pas lents, consoler les affligés, animer et afîcrmir ceux qui manqucnl de courage, et les munir coulre les diverses tentations de Satan ; corriger les pécheurs, ramener au bon chemin ceux qui s'éga-; rent, relever ceux qui soûl tombés, convaincre lei: conlredisaDG, enfin repousser les loups et les cloigneti du troupeau du Seigneur; censurer avec prudence A'- I avec gravité les crimes et ceux qui les commettent

' ne point connivcr, ne point garder le silence sur une

I conduite crirninelle. Ils doivent aussi administrer leu

sacremens , en recommander le droit usage et prépareR' les auditeurs par une saine doctrine à les recevoir; ps-^ reillement conserver les fidèles dans une sainte unité el^ empêcher les schismes ; enfin , ils doivent catéchiser II ignorans, recommander à l'Eglise la nécessité des pai vres, visiter les malades et ceux qui sont exposes diverses tentations , les instruire et les retenir dans la; chemin de ta vie. De plus , ils doivent procurer di prières publiques ou des requêtes à Dieu dans des teroj de nécessité conjointement avec un jeûne, c'est-à-dire,une sainte abstinence de nourriture ; et en un mot, n chercher et pratiquer avec tout le soin possible toat ( qui peut servir à la tranquillité, à la paix et au salut di Eglises, Or, afin que le ministre puisse mieux s'acquilb de tous CCS devoirs cl avec plus de facilité, il est hi toutes choses nécessaire qu'il ait de la pieté, qu'il gneDieu, qu'il prie avec ardeur, qu'il s'occupe saintes lectures cl qu'il veille toujours et en toutes chtH

CONFGSSIOR BELVÊTiqUE. 321

ses , et qu'il fasse luire aux yeux du monde la lumière d'uae vie pure,

16, De la discipline de t Eglise.

XVI. El comme il faut absoIumeDt qu'il y ait une discipline daos l'Eglise , et que les anciens oot en autrefois l'usage de l'excommunicatioii , et qu'il y avait dans le peuple de Dieu desjugemens ecclésiastiques, dans lesquels cette discipline était exercée par des gens prudens el pieux, il sera aussi du devoir des ministres d'exercer cette sorte do discipline d'une manière qui serve à l'cdilicatîoneld'cn régler l'usagcselon les temps, l'état public et la néccssilé. Et dans cette alTaire il faut toujours observer cette règle: Que tout se fasse pour l'édification , avec bienséance et honnêtement, sans tyrannie et sans sédition. Car l'apôtre témoigne qu'il a reçu un pouvoir de Dieu sur l'Eglise pouc l'édification el non pour destruction. / Et le Seigneur lui-même a défendu d'arracher l'ivraie de sDn champ lorsqu'il y a du danger d'arracber en même temps le bon grain. '

17. h'efjicace du. ministre ne dépend pas de la bonne vie des ministres.

XVII. Sur ce sujet nous détestons l'erreur des donatistes , qui prétendent que la doctrine et l^admioistration des SBcremens est eflicace lorsque le ministre est homme de bien , et au contraire inefficace quand il est méchant. Car nous savons que nous devons écouler la

' !Hat)b. Ml[. 18. i9.

Parole du Seigneur quand cite sort mcme de la bouchs ' de mauvais minislres ; puisque le Seigneur lui-même a dit : a Faites ce qu'ils voue disent, maïs ne faites pa^ selon leurs œuvres. ' n Nous savons que les sacremens sont sanctifiés par l'institution du Seigneur et par sa Parole , et qu'ils sont efllcaces pour les gens de bien , quoi- i qu'ils soient présenlcs par des ministres indignes. Etj c'est un sujet sur lequel ce bienheureux serviteur dd Dieu, Saint-Augustin, a ^beaucoup disputé contre liM Donatistes par les Ecritures. I

1 8. // doit y avoir de la discipline entre les ministres.

XVIII. Ce n'est pas qu'il ne doive y avoir une juste discipline entre les ministres. Il faut au contraire dans les synodes prendre une information e.iacte de leur doctrine et de leur vie. Il faut que ceux qui tombent en faute, soient corrigés par les anciens et ramenés au boa chemin, s'il est possible qu'ils se guérissent; ou bieD, s'ils sont incorrigibles , les vrais et bons paBteurs doivent les déposer, les chasser comme des loups du troupeau du Seigneur. On ne Joil pas non plus souffrir en aucune façon les fau.ï docteurs. Au reste, nous ne désapprouvons pas les conciles œcuméniques si on les célèbre à , l'exemple des apùlres, pour le salut de l'EgliS' pour sa ruine.

Page 1