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Dupouvoir des ministres de TEglise

XII. Il se présente donc une occasion toute naturelle de parler du pouvoir et du devoir des minisires de l'Eglise. I) y a certaines gens qui ont parlé de ce pouvoir avec beaucoup d'afîectatiou el d'étendue, et qui lui onl

' Luc XII. %%.

' Slallh XXV, 14, Luc XIX 12. 13.

k soumis toul ce qu'il y a de ^lus grand sur la terre; et I

cela contre l'ordre exprès du Seigneur, qui a interdit aux siens toute domination, et leur a au contraire recommandé parliculièrcmenl l'humilitc. ' Il y a dcus sortes de jjouvoir dans le monde. Il y a un pouvoir pur el absolu, qu'on appelle aussi de droit. Tel csl le pouvoir qui est enlre les mains du Soigneur Jésus, à qui tout

. L'univers est soumis, comme il l'a dit lui-mcme. n Toute

puissance m'a clé donnée dans les cicux el sur toute la lérre ; ^ » et dans une autre occasion : a Je suis le premier et le dernier; voici, je suis vivant au siècle des

I siècles, et j'ai les clés de l'enfer, et de la mort. ' s El

dans un autre endroit encore : « Il a les des de David, il ouvre, et personne ne ferme, il ferme, et personne:; n'ouvre. * » Ce pouvoir, le Seigneur se le réserve à lui» même, cl il ne le transporte poinl a un autre, pour ètre^^ lui, ensuite simple spectateur de ce que font ses minïa^. très. Car Esaïe a dit : « Je mettrai la clé de David sut"

I son épaule ; ^ » et dans un autre endroit : « L'empire ft,

clé mis sur son épaule. '^ i> Car il ne confie poinl h d'antres le soin de gouverner, mais il garde son pouvoir, et' il en fait usage, en gouvernant toutes choses.

Itlais il y a un autre pouvoir qui est un pouvoir A'otSoa el de ministère limité par celui qui a le plein pouvoir on main. Ce pouvoir ressemble plus à un ministère qu'w une domination. Car un maître donne cl confère à soft

I maître-d'hôtel un certain pouvoir sur sa maison

* Luc XXII. fis. 86. MaUli. XX. U.

' Matih.XXVlII.18.

* Apec. I. H. 18. Élll.-S.

1 helv£tiqub. SI7

suivant cela, il lui ea remet les clés, pour faire entrer dans la maison ou pour en exclure ceux que le maUre veut qu'oD y fasse entrer , ou ceux à qui il veut qu'on en refuse l'entrcc. C'est suivanl un tel pouvoir que le ministre fait d'office ce que le Seigneur lui a ordonné de faire, et le Seigneur ratifie cl approuve ce qu'il fait, et il veut que la démarche de son ministre soit regardée comme faite par lui-même. C'est à cela que se rapportent ces sentences de l'Evangile : a Je le donnerai les clés du Royaume des Cieux, et tout ce que tu auras lié ou délié sur la terre sera lié ou délié dans le ciel. ' » Et dans un autre endroit : n A quiconque vous aurez pardonné les péchés , ils seront pardonnes ; et à quiconque vous les retiendrez, ils seront retenus. * » Mais si le ministre, dans toutes les occasions, n'agit pas d'une maDièrc conforme aux ordres de son Seigneur, mais qu'il passe les bornes de sa commission , certainement le Soigneur désavoue ce qu'il a fait. Ainsi le pouvoir ecclésiastique des ministres de l'Eglise n'est autre chose que celte fonction qui leur impose de gouverner l'Eglise de Dieu; mais il foni tout dans l'Eglise de la manière que le Seigneur leur a prescrit dans sa Parole. El quand les choses se font de cette manière, les fidèles les regardent comme faites par le Seigneur lui-même. Et pour ce qui est des clés, nous en avons déjà dit quelque chose ci-devant.

13. La puissance des ministres est la même ou égale dans tout.

Xm. Tous les rainislres ont rei^u un même pouvoir

SIS COKFBSSION HELVÉTII^UB.

011 une fonclîon c^ale dans l'Eglise. Il est certain qu'au comiocncement les évéques ou les prêtres gouvernaieaS l'Eglise en commun. Aucun d'eux ne se prêrérait à uilI autre, aucun ne s'arrogeait un pouvoir plus ctenda, ni une domioation sur les autres évëqucs ses collègues. Car, se souvenant de ces paroles du Seigneur : n queceluî qui voudra être le premier entre vous soit voir» serviteur, * u ils se contenaient dans rbumîlîté el s'aidaient mutuellement à gouverner et à conserver l'Eglise. Cependant, pour garder un certain ordre, l'un des ministres convoquait l'assemblée, proposait dans l'assemblée les matières sur lesquelles il fallait délibérer ; il recueillait les sutTrages, et enlin il prenait garde avec soin à ce qu'il n'y eût point de confusion. C'est ce que fit Saint-Pierre dans le concile de Jérusalem . comme nous le lisons dans le Livre des Actes. * Cependant il j ne fut pas pour cela clabii au-dessus des autres, ni r»* vêtu d'un pouvoir plus ample que les autres apôtres. Caé* Saînl-Cyprien a dit avec bien de la raison, dans soc, traité de la simplicité des ecclésiastiques : a Les autrflt apôtres étaient sans doute ce qu'était Saint-Pierre, r»* vêtus également d'un même pouvoir avec un même hou*, neur; mais le commencement vient d'un , aiia de fan4> voir que l'Eglise est une. »

14. Quand elcomment un ecclésiastique a été établi aar* dessus des autres.

XIV. Saint-Jérôme , dans son commenlaire sur l'E tre de Saint-Paul à Tîle, rapporte aussi quelque choi

de semblable , et dît : a Avanl que , par l'insligatioD du diable, il y cul des faclions el des partis dans la religion , les Eglises étaient gouvernées en commua par le conseil dos prêtres. Mais depuis que chacun d'eux se fut avisé de regarder les personnes qu'il avait baptisées comme lui appartenant, plutôt qu'à Jésus-Christ, il fut résolu que l'un des prêtres serait élu pour être mis audessus des antres, qui serait cbargé du soin de toute l'Eglise, alin d'ôler les semences ou les occasions de schisme. i> Cependant Saint-Jérôme ne fait pas regarder celte résolution comme un établissement divin ; car il dit d'abord après : a Comme les prêtres savent que par la coutume de l'Eglise ils sont soumis à celui qui est établi au-dessuB d'eu.T, ainsi les évèques doivent savoir que s'ils sont plus grands que les prêtres, c'est plutôt par l'usage et la coutume que par un règlement réel du Seigneur, el qu'ils doivent gouverner l'Eglise en commun avec eux. i> Voilà ce que dît Saint-Jérôme. Ainsi personne n'a droit de nous empêcher de revenir à l'ancienne et première constitution de l'Eglise , et de nous y conformer plutôt qu'à un usage introduit par les hommes.

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