‹ Histoire de la réformation de la SuisseChapitre 186 sur 257 · REMARQUES SUR L4 CONFESSION HELVETIQUE · texte numérisé non relu

REMARQUES SUR L4 CONFESSION HELVETIQUE

l[Icmari)ucs aur la ))rcfacc.

(a) Les prolestans d'Allemagae avaient présenté à l'empereur Charles V, dans la diète d'Augsbourg, l'an 1530, leur confession de foi, qui pour cette cause a été appelée la confession d Augshourg.

Les réformés de France dressèrent aussi leur confes- 8ÎOD de foi l'an 1559; et l'an 1561 ils la présealèrent au roi Charles IX, dans le fameux colloque de Poîssy.

(b) L'an 1530, lors de la diète d'Augsbourg, dont on vient déparier, quatre villes de ta Hauie-Allemagne , Strasbourg, Constance, Lindau et Memmingen, présentèrent aussi leur confc^ision de foi à l'Empereur. Genève CD publia aussi une l'an 1536.

(c) L'an 1536 les cantons réformés publièrent une confession de foi, qui fut dressée à Bâle. On la peut voir dans la première partie de mon Histoire de la Raformation do Suisse, Tome IV, page 58.

(d) C'était l'an 380 de Jésus-Christ.

Mfmarqucs sur la confession îic foi.

(a) Manichéens. C'étaient des hérétiques, disciples d'un nomme Mânes ou IHantchée, prêtre chrétien dans

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la IHcsopotamie, qui ayant donnô dans l'erreur impie d deux princes co-étcrncls, l'un bon et l'autre mauvais enseigne par les Mages de la Chaldce et la Perse, Iroubbt l'Eglise, vers la lin du Iroisîèine siècle de Jctius-Christ. On peut consulter l'histoire de celte secte, que feu M, Beausobre, pasteur à Berlin , a publiée il y a peu d'à»' nées. Ces hérétiques rëjclaient l'ADcien-Testament, et ne retenaient du Nouveau que ce qui était de leur goâlJ

(b) f^alentiniens. C'étaient dos hérétiques dudeuxièim siècle, disciples d'un nommé f^alentin, égyptien, qol infecta l'Eglise de plusieurs dogmes également es4 Iravagans, bourrus, impies et blasphématoires. Il et»* blissait plusieurs divinités de divers ordres, et enseignait, que le créateur du monde était un Dieu d'un ran^ inférieur, qui ne connaissant pas les dieux ses supérieurs, se croyait le seul Dieu qu'il y eut au monde, et disait par les Prophètes : a Je suis Dieu, et il n'y en tt] point dautre que moi! » Saint-Irénée écrivit de Lyon,' dans ce même siècle-là, contre les Valenliniens, le pr»^; mîer des cinq livres qui nous restent de lui.

(c) Cerdon. Hérétique du deuxième siècle, enseignait deux dieux : l'un supérieur et bon. Père de Jcsus-Chrisi, et l'autre juste, mais sévère, créateur du monde, el auteur du Vieux-Testament. Il rejetait ce Dieu créateur. lï n'admettait que l'Evangile selon Saiot-Luc; encore en retranchait-il quelque chose. U en usait de même à l'é> gard des Epitres de Saint-Paul, dont il en admettait quelques-unes, après en avoir retranché ce qui n'y était pas à son gré. Il rejetait aussi les Actes des Apôtree cl l'Apocalypse.

(d) Marcioniies. Marcion, hérétique du même siède, fut disciple de Cerdon, et suivit les hérésies et l'irapiétA de son maître, el donna son nom à ceux qui le suivireni.

CIjayitrt 121*.

(b) Monarchiques. C'était un nom général qac les anciens cbréliens orlhodoxcs donnaient à ces hérétiques, qui niaient la Sainte-Trinité, et ne reconnaissaient qu'une seule personne divine , savoir le Père , qu'ils regardaient comme le monarque, c'esl-à-dîre le seul maître du monde ; comme ce mot le signilie.

(b) Patripassiens. C'est un nom que l'on donnait aux disciples dePraj:eas. Voyez ci-dessous article 5.

(c) Noëtiens. Hérétiques du troisième siècle de Jésus- Christ; disciples d'un nommé Noët, qui niait la distinction des personnes dans la Sainte-Trinité. Au reste le texte latin de la dernière édition porte Nowatiani; mais c'est une faute ; il faut, lire Noëliani.

{à) Anthropomorphiles ; aQxamésanUavacDKAuâèena.. Us claieol des hérétiques ou schismatiques du quatrième .siècle, disciples d'un moine syrien, nommé Audèe, qui par rusticité et par ignorance, comme dit Epiphane , plutôt que par malice, enseigna, que Dieu avait un corps organisé, des pieds, des mains, eic,

(é) Praxeas, hcrcLique qui parut dans le deuxième siècle, niait la distinction des personnes dans l'essencd divine, et prétendait que le Père était la même personne que le Fils et le Saint-Esprit, et qu'il avait EoufTcrt sur la terre en la personne de Jésus-Christ. C'est pourquoi ses disciples furent appelés par les Latins Patripassiani, parce qu'ils disaient : Patrem esse passum, c'est-à-dire^ que le Père avait souffert.

S7B BBMARQUBs sua. la

{() SabelUens. Hérétiques du troisièioe siècle. Ils Urêrent leur nom d'un Sabetlius, africain, disciple de Praxeas. Ils rejetaient aussi la disliaction des personnes divines.

(g) Faut de Samosate, évêqce d'Antîoche en Syrie, troubla l'Eglise vers la fm du troisième siècle, eoseU gnant la même hérésie que Praxeas et SaleUius ; a. cela près, qu'il soutenait que Jésus-Christ n'était qu'un simple homme ; qu'il n'existait point avant qu'il fût né da la Vierge Marie ; et en conséquence il niait qu'on le dût adorer, et il abolit le chant des cantiques faits à son' honneur. Il fut déposé pour son hérésie, par un concile assemblé à Antîoche, l'an 265, et ayant été rétabli, pa^ce qu'il rétracta son hérésie, il recommença à la par < blier, à cause de quoi il fut déposé une seconde fois, par un autre concile assemblé encore à Antîoche, l'an 270.

(h) Aëtius, diacre de l'Ëglise d'Anlioche, fut disciple ou sectateur d Arius, et ses disciples qui eurent de lui le nom dAëUens, étaient une branche de la secte Arieune. Voyez ci-dessous l'anicle 10. On les appelail aussi Eanomiens et Anomaens.

(i) IHacédonius ; évèque de Constantinople dans Itt quatrième siècle, déposé l'an 359 , niait la divinité di^ Saint-Esprit, enseignant qu'il n'était qu'un esprit créé. Ses sectateurs furent appelés de son nom, et par let' Grecs Pneumatomaques ; ce qui signifie -.gens qui/on^ la guerre à t Esprit. Cette hérésie fui condamnée daMI le deusîême concile œcuménique, convoqué par l'eropW reur Théodose le Grand, à Constantinople, l'an 381.

(k) Arius. Prélre d'Alexandrie en Egypte, et l'aulenrj de l'arianisme. Il enseigna au commencement du eièclA' quatrième, que le Fils de Dieu a été véritablement avant

.VÉTIQUB.

la création du monde ;'inais qu'il o'ctaïl pourlaQl qu'une simple créature faite avaat les siècles; semblable à Dieu ; mais non de la même essence crcé par le Père, el non en^eodré du Père. Ce fut à son occasion que l'empereur Coustantin le Grand assembla le concile gc- □éral de Nicce, l'an 335, où cet bérélique fut condamné. (I) Ei Semblables. Les bcrésies de Sabellius, de Praxcas et d'Arius, ont été renouvelées en Europe depuis le temps de la Réformatïon, principalement par des italiens ; tels qu'ont clé ectr'aulres ; Lélie et Fauste Socin, l'oncle et le neveu ; Georges de Brandala, Valentin Gentil, etc. Et c'est des premiers qu'est venue la secte des Sociniens, qui nient la divinité éternelle du Fils de Dieu et sa satisfaction, etc. L'arianisme a aussi été renouvelé dans ces derniers temps en Angleterre, par le célèbre docteur Whiston , qui s clé pour celte cause déposé de l'emploi de professeur, qu'il avait dans l'université de Cambridge-

CtjOfiitrt 3tl.

Il s'agit d'une Eglise d'un village de la Palestine, nommé Ancdilata; cela arriva l'an 389. C'est Saint- Epipbane qui raconte lui-même ce fait, dans une lettre adressée à Jean Coique, de Jérusalem, et qui est dans le deuxième Tome de ses œuvres, et que Saint-Jérôme a insérée dans ses œuvres, traduites en latin.

€l)n^)ilte 0333.

(a) Mortels ou véniels. C'est udc dislÎDCtion qui vîem des catholiques romains. Bellarmin dans son Tome ÏV> Livre II, Chapitre I"^, dciJDit les péchés véniels: des. péchés, qui de leur nature ne rcudcnt poiat un homme ÎDdigoe de l'amour de Dieu, ni coupable de la mort cleraelle.

ABTICLE G.

(b) Pelage, qui a donaé son nom aus Pélagiens, était un moine de la Bretagne, qui vivait au cooimeoi cernent du cinquième siècle. II enseignait, selon Saïn^ Augustin dans son livre des hérésies. Chapitre 88, quat l'homme peut observer tous les commande mens de Dien, sans le secours de sa grâce, ajant un libre arbitre sa^ fisant pour cela ; que les enfans n'avaient point de péché originel ; qu'Adam serait mort, quand même il n'aurail pas péché; que les justes peuvent parvenir dans cett^i vie à un tel élal de perfection, qu'ils n'ont absolument plus de péchés ; qu'il est inutile de prier Dien , soit pont la conversion des infidèles et des pécheurs, soit pot l'augmenlalion de la foi des Rdèles, et pour leur pers^. vérauce ; parce que les hommes peuvent se donner ei mêmes tous ces avantages, s'ils veulent faire usage â leurs forces.

(c) Joeinien était un moine du quatrième siècle, qu(i Saiot-Augustinmctau nombre des hérétiques au Cbap. %%

COPCFESSIOB HELVÉTIIUTB. 281

de son Livre des hérésies. On lui a imputo diverses erreurs , mais oq en doit croire Saint-Jcrômc , qui écrivit contre lui divers livres pleins de fiel et d'aigreur, el qui cependant ne l'accuse que de quatre choses : d'avoir enseigne, 1" que les vierges ne sont pas plus agréables à Dieu que les femmes mariées; 2° que ceux qui ont ete régénérés dans le baptême par une pleine foi , ne peuvent pas être renversés par la tentation du diable ; 3° qu'il n'y a point de différence devant Dieu entre s'abstenir des viandes et en user avec actions de grâces ; 4" enfin, qu'il n'y a aucuat! différence de degtcs, ni dans la récompense des saints dans le ciel, ni dans la punition des mécbaas dans l'enfer. Il n'y avait pas là matière, comme l'on voit, à le mettre dans le noir catalogue des hérétiques. Cependant Saint-Jérôme écrivit contre lui avec tant de violence cl si peu de ménagement pour sa propre réputation , que dans son seul premier livre, j'ai pu compter 132 tant faux raisonnemens que fausses explications ou applications de l'Ecriture. Et dans la lin du second livre, réfutant le quatrième et dernier dogme de Jovinien , il l'accuse défaire tous les péchés égaux, suivant la doctrine des stoïciens, sons prétexte qu'il ne croyait pas les différons degrés de peine des damnés; mais c'était une conséquence qu'il tirait de ce dogme , suivant la louable coutume des conlroversisles, d'attribuer à leurs adversaires, pour les rendre odieux ou méprisables , des scntiraens qu'ils n'ont point , mais que ces habiles disputeurs tirent à tort ou à travers de leur doctrine. Saint-Augustin a donc cru la même chose et l'a écrit dans l'endroit que je viens de citer ; et ta bonne postérité l'a cru sur la foi de Sainl-Auguslin.

Cliayttfe XX

Ebion , hérétique dii premier siècle, contemporain,' des apôtres, si tant est qu'il ait existé ; car les savans ne soDl pas d'accord sur ce sujet. Quoiqu'il en soil, le«, ébionites étaieDt des juifs convertis au cbristîaDÏsDie, mais mauvais chrétiens, qui enseignaient que JcsuB- Chrisl était né du mariage de Joseph avec Marie, selon, les voies ordinaires.

(a) IVestorius, évéque de Conslantinople , dans la cinquième siècle, scandalisé de ce que les chtélieDK donnaient à la Sainte- Vierge le litre de ©EOTtJxoç , Jtf ct*de Dieu, prêcha l'an 429, qae Dieu n'a point de mèrft et ne peut en avoir, en quoi il avait raison; mais i| outra celte doctrine cl enscigaa que le verbe ou le fil> éternel de Dieu, et Jcsus , fils de Marie , étaient deiut personnes; que la nalure divine et la nature humatnA; n'avaient pas été unies en Jésus , d'une union persoiK nelle, mais d'une union morale et de simple assislancflu, etc. C'est ainsi du mains qu'on rapporte son senlîmenli Car il y a des savans qui prétendent qu'on a mal comprifl sa pensée, cl que celle querelle n'était qu'une disputât de mots. Quoiqu'il en soît, Nestortus fut condamna dans le troisième concile général , convoqué à Ephèsef; l'an 421, par l'empereur Théodose le Jeune. Ses secU-!

C0NFBSSIO> HELViTIQUB. S8S

leurs font aujourd'hui un grand et nombreux parti dans l'Orient.

(b) Eutyches, moine et abbé d'un monastère de Coastantinople , voulant réfuler la doctrine de Nestorius, s'y porta avec tant de chaleur, qu'il se jeta dans l'extrémité opposée. Il nia la distinction des deux natures eo Jésus-Cbrisl. Il enseigna l'an 4J8, que la nature humaine de Jcsus-Christ avait été absorbée par la nature divine; comme quand une goutte de miel tomberait dans la mer, elle ne périrait pas , mais elle serait abtmée et confondue. Ainsi il prétendait que les deux natures de Jésus-Christ avaient été confondues en une. Il fut condamné dans le quatrième concile général, assemble à Chalcédoîne, l'an 451, par l'empereur Slarcien.

(c) Monolhelitea , mot grec, qui s\ga\^ti gens dune seule volonté. On donna ce nom a une branche des sec- * tateurs d'Eatyches, dont le chef fut Anastase, patriarche d'Aolioche, l'an 629. Il enseignait qu'il n'y avait qu'une seule volonté en Jésus-Christ. Il avouait bien, que Jésus-Chrisl, en tant qu'homme, avait une vdionté ou faculté de vouloir; mais que cette volonté humaineélail tellement assujettie à la volonté, qu'elle ne voulait que ce que la volonté divine lui faisait vouloir.

{à) Monop/iysiques. Mot grec, qui bigniGe gens d'une éeule nature. On donna ce nom dans le sixième Eiècle, aux disciples à'Eutyches, parce qu'ils disaient qu'il n'y a qu'une seule nature en Jésus-Christ.

ARTICLE b.

(a) Schceen/cfeld ; gentilhomme sîtésîen, dans le eeizième siècle: parut d'abord embrasser ta Rcforrai

lion prolcstûnlc,-et fui quelque lemps en corainerce de lelireavec quelques ibcologiens de la Suisse alIcmaDde. Mais dans la suite il iîl uue scclc à pari, cnseignanl diverses erreurs ; culr'aulres, que la nalure humaîoe de JcsuB-Cbrisi n'est point une créature ; que rhumanilô de Jésus-Cbrist après la rcsurrccliou avait ctc rendue égale en loutes choses à la divinité. Il parlait avec mépris de la Parole el des sacremens, disanl que les hommes pouvaient cire sauves sans écouter la Parole de Dieu; et qu'ils n'étaient point obliges de l'écouler, etc. Il donnait beaucoup dans l'enthousiasme et le fanatisme. II a i core aujourd'hui dans la Silésie des sectateurs à qui ]«■ roi de Prusse a accordé la liberté de conscience, l'an 1742.

(b) Nous ne sommes, etc. Nos théologiens ajoglei ces paroles, pour donner le démenti à certains luthériens, qui pour rendreodîeuscs nos Eglises, leur donnaient des noms d'hérétiques décriés, comme de Schixenlifeldiens, sous prétexte qu'elles niaient In présence réellej du corps et du sang du Seigneur dans l'Eucharistie ; c que Se hwenf^eld faisait aussi.

ARTICLE fi.

(c) Jacobites. On donna ce nom à une branche d'entycbiens, dans le sixième siècle, du nom d'un Jacobgi surnomme Zanzalus, chanoine syrien-, disciple de Se^ père, cvcque d'Antiochc; et qui oulre l'unilé de i ture en Jésus-Christ, avait rappelé l'hérésie d'ApolS^ naire, que Jésus-Christ n'avait eu qu'un corps Baoi âme, ou du moins sans âme raisonnable, el que la di-1 vînilé faisait en lui la fonction d'âme. La secte des jacobistcs est fort répandue aujourd'hui par lout l'Orient, i

COHFISSION HKLTiTIQUE. S'8S

Egypte et en Abyssînie. Ces geas-là ne nient pas la mort de Jésus-Christ; maïs en niant, qu'il ait eu une âme liumaiao, ils détruisent, par une conséquence nécessaire l'eflîcace de sa mort, et c'est tout autant que s'ils la niaient.

(d) Turcs. Sous ce nom nos auteurs entendent les niahométans en général. On accuse les mabomélans de nier la mort de Jcs us-Christ. M. Reland, dans son traité de la religion mahométane, Livre II, article 21 , a fait voir que Mahomet n'a pas absolument nié cette mort;

* mais qu'il a nié que Jésus-Christ ait été crucifié , et que les Juifs l'aient fait mourir. Ses sectalcurs sont partagés là-dessus, et plusieurs prétendent que quand on voulut crucifier Jésus-Cbrist, il disparut aux yeux de ses bourreaux, et substitua à sa place un faniàme qui lui ressemblait, et qu'ils crucifièrent, croyant le crucifier.

(e) Communication des idiomes, etc. C'est celte doctrine, en vertu de laquelle on attribue au Fils de Dieu tout entier, pour ainsi dire, ce qui ne convient à proprement parler qu'à l'une de ses natures ; comme quand il est dit; Dieu a racheté T Eglise par son sang, Act. XX, Jcsus-Chrisl a eu du sang en tant qu'homme, et non en tant qu'il est Dieu. C'est ainsi à peu près qu'en parlant d'un homme, on dît qu'il pense, qu'il y'ug'e, qu'il raisonne, qu'il neut, qu'il désire, elc; ce qui ne convient proprement qu'à son âme; et de même, qu'il marche, qa'il saule, qu'il danse, qu'il court; ce qui ne convient proprement qu'à son corps.

AHTICLE II.

(a) Jean, évéque de Jérusalem, vers ta fin du quatrième siècle, était zélé partisan d'Orlgène, et enseignait

2^ RBHIHQU

après lui uoe résurreclioo tonte mystique, que Dieo doDDerait aux morts, non des membree, ni des corpa organiséE , mais des corps tout d'une pièce pour aiosi dire, aériens et invisibles qu'il tirerait d'un certaÎD germe, qu'il disait être dans tous les corps.

flttiq'itrf X333.

ASTICLt 4.

(a) Nazaréens. C'étaient des Juifs converlia au cbmtiaaime ; mais qui comme ceux du temps des Apôtres , dont il est parlé Acte XV, 1 et XX, 21, ( et contre lesquels Saint-Paul dispute dans ses Epilres aux Romains et aux Galales) prétendaient, que pour être sauvé, tl fallait joindre l'observa tien des lois de IHoïae à la foi CD Jésus-Christ. Ces gens-là médisaient insolemment de Saint-Paul, et le traitaient d'apostat de la loi et débitaient sur son sujet des fables impertinentes si du moins ils étaient les mêmes que les ébionitet. comme Saint-Jérâme l'a cru, à quoi il y a beaucoup d'apparence. On peut consulter sur ce sujet U lettre 74 de Saint-Jcr6me , écrite à Saint-Augustin , et le tpicilegium patrum de Graler, Tom. 1, p. 137. H y a cependant des savans qui prétendent que les Ebionitee différaient des Nazaréens, ea ce que ceux-là croyaiaot que Jésus-Christ était né par les voies ordinaires éi', mariage de Joseph avec lUarie, au lieu que ceux-ci connaissaient, suivant l'Evangile, qu'il a été conçu du Saint-Esprit.

(b) Minéens est le titre que les juifs donnent à loua

I ceux qu'il leur plait de regarder comme hérétiques, ^J

particulière me ni aux chrétiens el à ceux d'onlr'eux qui embrassent le chnGtianisme. lU le doanaient aux Nazaréens du temps de Saînt-Jérôme , comme on le voit dans cette lettre dont je viens de parler.

Cl)ii)iitrc JtStl.

(a) Nooaiiens. C'est le nom d'une secte qui s'éleva dans le milieu du troisième siècle , après la persécution de l'empereur Dècius. Ils enseignaient que ceux qui avaient apostasie dans le temps de la persécution ne pouvaient jamais s'en relever par la repentance ; et en conséquence ïls ne les admettaient jamais à la paix de l'Eglise, mais ils les tenaient excommuniés pour toute leur vie.

(b) Cathares est un mot grec qui signîiîe purs el neti. Les IVofaHens , enchérissant sur la sévérité de leurs ma'ircs, Noeat et Nouatien , excommuniaient pour toute leur vie ceux qui étaient tombés dans quelque grand péché après leur baptême , les regardant comme absolument exclus du ciel. Et ils se donnèrent le nom de cathares ou de purs , pour dire qu'ils se regardaient comme les seuls vrais chrclicns , purs et nets de péché. Je -remarquerai ici par occasion que, dans la suite des temps, les Latins ne pouvant pas bien prononcer ce nom à cause du th, dont le son leur est inconnu, le corrompirent en pronon^'ant gazares , et que de là s'est foriné le nom de keizer , par lequel les Allemands désignent un hérétique.

€l)ii)jUr( JtUS.

Que sans elles , clc. Comme des esprits mal tournes pourraient facilement abuser de celle doclriae ou ea prendre occasion de nous calomnier ; îl importe de remarquerqoeceianeregardeque ceux qui meurent d'abord après avoir été juslîfiés, et qui par là n'ont pas le tempi ■ de faire des bonnes œuvres. Tel fui le cas du brigand 1 converti sur la croix quelques heures avant qu'il rcndtl ' l'âme, LucXXIII, 40-45; tel fui le cas de plusieurs chrétiens qui, djins les temps de persécution , étaient traînés au martyre en sortant de recevoir le baptême. IUqîs quant à ceux qui, après avoir cru et élc juslîHés, vivent encore nsECz long-temps pour pouvoir faire des bonnes œuvres, il est bien ccrlain qu'ils ne peuvent p être sauvés sans en faire, parce que s'ils n'en font puj ils pèchent.

(a) Messalliens ou massaUiens est un mot syrlaqoS qui signifie prieurs ou gens qui prient. Les Grecs h nommèrent eucAiVe^, d'un mot qut, dans leur languflj signifie la même chose. Ces hérétiques parurent d'aborfl dans la Mésopotamie et la Syrie vers l'an 361 , et de G se répandirent dans l'Asie mineure. Us enseignaieôl

qii'ilfalIatlperpcluelleineDtjDrieret oe faire autre chose, cl que la prière seule lenait lieu de toute autre bouao œuvre; que les sacreoiens cl la Parole de Dieu élaieal inutile» pour la rcgénéralion el superflus à un hommerégénéré. Celle hcrcsie gagua parliculièrement Ips monastères et les moines eux qui auparavant Iravaillainnt de leurs mains pour n Vire à charge à personne, renoucèrent à tout travail pour vaquer entinremeal à la prière. Ils ea- HPÎgnaient cucorc diverses autres erreurs ; c'étaient de véritables fanatiques.

A&TICLB 7.

(a) Tatiens, bérétiques du deuxième siècle, furent les sectateurs de Tatien, disciple de Justin Slartyr, qoi , après la mort de son maitre , se sôpara de l'Eglise et s'érigea en chef do secte, condamnant le mariage et défendant de manger des choses Animées , c'est-à-dire , la chair des animaux , et de boire du vin ; c'est pourquoi ils n'employaient que l'eau daas l'eucharistie au lieu du vin.

(b) Encratiles. C'est le nom qu'on donna aux sectateurs de Tatiens et qui signifie en grec continena et ahslinens , parce qu'ils vivaient ou prétendaient du moins vivre dans la continence, rejetant le mariage comme une chose mauvaise , et qu'ils s'abstenaient de viandes et de vin.

(c) Eustathe, cvèque de Sebasle dans le quairicme siècle, appuya ou renouvela les hérésies de Tatien et les porta même plus loin. Il défeodait de communiquer

290 aEMABQL-ES SUR LA CONFESSIOH HELVÉTiqOF.

avec ua prêtre marié, et fut déposé pour cette raison. Le concile de Gangres, ville de Paphlagooîe, assemblé eaviron l'aa 370, condamna sa doclrine et l'aDaihématisa.

(îl)a)iilrc XX'3X.

ABTICLE 6.

(a) Apostoliques; c'étaient (au rapport de Saiot- AuguElin, dans son Livre des Hérésies, Ch. 40) des hérétiqueB du quatrième siècle, qui condamnaient le mariage et ne voulaient pas qu'on possédât rien en propre. Et c'est pour cette raison qu'ils se donnaient le beau nom à.' apostoliques , prétendant imiter l'Eglise apostolique de Jérusalem, où les biens étaient en commun entre les fidèles. Leur prétention aurait pu être regardée comme lolérable, s'ils n'avaient pas porté la léménLé jusqu'à exclure entièrement du ciel ceux qui conservaient la propriété de leurs biens. On les appelait aussi apolactiles ou apotactîques , d'un mot grec qui signifie gens qui renoncent au monde.

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