AUX SYNDICS ET CONSEIL DE GENEVE
aOaoust ISil6
lUagniliques et Ires-honorcs seigneurs ,
Nous sommes par la grâce de Dieu arrivés a Basic cb matin en bonne prosperilc, mais nous avons laisses re-
poser DOS chevaux le reste du jour. Cependant je suis «lié voir le sieur Bernard Maier, aDcicD bourgmaistre, auquel j'ay faîct vos recommandations . Passant à Payerne j'avois sceu des complaintes du Itloricaud, c'e&l qne vous aviez bien monstre qu'il n'y avoit eu nulle raisoD de les condamner, pourcc que vous aviez prins quelques informations faisant dire en cachette a peu de gens après les avoir intîmidé?, que Perrin et Vandel avec leurs adherens esloîenl raescbaos et sur cela aviei fou- 'dc un procès nouveau pour produire a Bade. Vers Soleure le bruict court qu'il se doibt faire grand apprest tantost après la journée prochaine pour recueillir les intercesseurs. Mais je croy que ce n'est qu'un bruict volant et lequel a cslé semé par vos fugitifs pour entretenir crédit. Vos gens ont ici este , et ceste après dînée sont venues lellres de Zurich par lesquelles j'ay entendu que deeja ils avoîent passé par la. Demain au plaisir de Dieu
nous partirons pour achever le voiage
De Basle , ce dîmaocbe pcnultienne d'aouet 1 556.
Voire bumble serviteur,
Jehan Calvin.
La dileclion de Dieu nostre Père et la grâce de nostre Seigneur Jesus-Christ soit tousiours avec vous par ta communication du Saint-Esprit.
Messieurs et honores frères, ie ne pais assez niagnilier la bonté infinie de nostre Dieu , laquelle se declaire
si puissamment eu vous, et surtout , de ce que au lieu des craiatGS et assaulls qui vous sont iournellenieiit doDués, ce bon Père vous fortifie et rend iavincibles par Esprit. C'est beaucoup de ce qu'il tient tant d'ennemys brides, voire inesme enchaînés, qui ne demandcroient qu'a vous engloutir et eu ont le nioien , comme il semble, s'ils n'estoient empeschcs d'ailleurs. . . .... Et combien que vous aiez quelque rapport du monde , gloriHicz vous tousiours , quoy qu'il en soit, en voslre petitesse; alin que vous expérimentiez par cfîect qu'il n'y a aultre seurelc que d'estre caches soubs les ailes de Dieu. Cependant que voslre bonne vie serre de bouclier pour repoulser toutes detractions des eouemys. Vray est qu'en vous exhortant i'ay honte que noai ne pouvons vous mieulx secourir de nostre costé comme la chose le requiert et que nous y serions tenus ; mais îe vous prieray au nom de Dieu de nous supporter si nons ne faisons noslre debvoir sitost qu'il seroit a désirer. Pource que nous n'avions pas moicn pour satisfaire du tout a vostrc demande nous avons envoyé les deux
frères que vous verrez le ne double
point qu'avec le tems vous n'aiez de quoy vous esiouyc
voiant le fruict de leur labeur
Au reste pour mienbc et amplement pourvoir a voslre estai ie desirerois d'en communiquer tant avec M. de Launay, comme avec M. du Buysson
A nADEUOlSELLE DB PARTICNY.
8 décembre 1SS7.
(Il escripvii ceste lettre a Mlle, de PaDlîgay pour sa roerea Paris).
Madame et hoDOrée sœur, . Toutefois poarce que la loDgaeur du temps apporte souvent beaucoup d'ennuis, et que les tenlatîoDS redoublent, et aussi pource que c'est l'artifice de Satan, et des supposls, de faire languir les enfans de Dieu, aflÎD de leur amortir petit a petit le courage^ je o'ay voulu différer plus longtemps a m'acquilter d'une