‹ Histoire de la réformation de la SuisseChapitre 190 sur 257 · VU · texte numérisé non relu

VU

XVX BUNISTIt£S DES CLASSES SB LAUSADNB ET DE PAYERNE QUI AVAIEBT ÉTB COHGÉDIÉS.

L'avoyer et conseil de Berne, etc. , sus vos lettres à aouG écrites du ircizièmc de ce mois, louchant l'otlroy

et pcrmîsBÎOD que demaDdcz vous être faite par nous, de pouvoir aller et venir par nos terres et pays, elc. Vous mandons pour réponse, que ne doutons aucuuelaenl que ne soyez bien avertis de la prolongation à vous, par notre grand conseil et nous, à votre requête, faite du terme dans lequel auriez jure d'absenter nos terres et pays, sous l'espérance qu'aucuns d'entre vous se déporteraient de lour opinion , et s'aviseraient de se ranger à l'obéissance requise. Or voyant que les ad m onîsiions paternelles à vous , sur ce , de notre part faites , n'ont rien profité, et que nuls d'entre vous se seraient déclarés vouloir suivre et continuer sa vocation , comme du passé, vous prions ne prendre à déplaisir si ne vous pouvons accorder ce que demandez, ains laissons l'ordonnance et décret contre vous par noire grand conseil cl nous, baillée en sa force et vigueur. Prians , sur ce, le Créateur, vous tenir en sa sainte garde. Datutn^ 17 mars 1559.

AU BUUBGaiA.ITIlE ET CONSEIL DK LAUSANNE.

Du 1 juillet (959.

Nobles, etc., ayant été avertis par maître Richard Du Bois, votre iuînislre, et son compagnon, des désordres qui sont depuis quelque temps en çà avenus en notre Eglise de Lausanne, touchant la Cène de Nolrc- Seigneur, en ce que plusieurs ayant délaissé ladite Eglise au grand mépris d'icelle, et se seraient, contre nos mandemciis cl commandcmcns, transportés c

sportés en hta

ville de Genève, pour illec prendre ei célébrer ladite Cèoe, sans jusqu'à prcseni en avoir clé punis ni châtiés, nous avons eu grand déplaisir; et ayant sur ce réduit en mémoire ce que touchant ceci dernièrement nous serait de votre part été proposé, à savoir de vous avertir et déclarer par écrit, comment nous voulons et entendons iceux être châtiés; vous mandons là-dessus pour réponse , notre vouloir être tel ; à savoir : Que de notre part soit été par vous faite et condîgue (?) remontrance; que tous et chacuns, hommes et femmes, riches et pauvres, de quelque qualité qu'ils soient, réeidans en voire ville, aient à se tenir à leurs Eglises et y prendre la Cène de Notre-Seigneur , sans icelle délaisser et aller ailleurs , sous peine de dix florins , payables par chaque homme , et de cinq florins par chaque femme, qui transgresseront ce présent mandemeoi. Auquel mandement voulons et entendons aussi être compris tous ceus qui sont allés prendre la Cène audit Genève , depuis la défense sur ce de notre part ci-devant faite. Sur ce vous mandons et commandons que lesdîts transgrcsseurs de notre présent mandement doigez punir et châtier, en la sorte et manière prédevisée, sans en ceci aucun épargner, toutes les fois qu'il adviendra et métier sera ; car tel est notre vouloir et plaisir. Dalum , I" juillet 1559.

Lieutenant et conseil de Berne.

SO février ISS5.

Tres-chers Bigncurs et frères , '

Comme je scay que vous avez tousiours besoiag d'esirflkj exhortes et coDsoIes en vos Iroubles et fascherieg , j'aymcrois beaucoup mieux, ei c'cstoil a moy a choisir, prendre cest argument ea vous escripvaot, que d'usée d'excusss pour nous justiGer tant moy eu particulier^ que tout le corps de oestre Esglisc contre les calomniei, dont j'ay entendu qu'ung nommé monseigneur de la Vau nous charge injustement , et difTarae par delà. Car il pourrait sembler , que nous aions trop de eoulcy dft maintenir noslre bonne réputation: et qu'il vauldroit mieux en oubliant nos personnes , inetti;e peine a voo^ instruire eans eslre ea soulcy de ce qu'en beaucoup da faulx blasmer et nous taire quant on niesdit de nous ; comme aussi tout le monde veoit que nous pratîquoi cesle doctrine. Car aultremenl, il noua fauldroil toi sïours avoir la plume en la main , veu que beaucoup c mesdîsans ne cessent de nous dénigrer tant qu'ils peut* vent. Et sans aller plus loiog , on orra icy assez d'injure| et murmures contre nous, desquelles toulesfois nous ■ faisons pas grand bruît, sachant qu'il nous faull passeï par la, a l'exemple de ceux, qui oui, sans comparii son , mieux valu que nous , et que c'est a cette condilîei que Dieu nous a appelés a son service. IQaîs pource qoM

' Lei pages luivanlcs sont cmprunléca i U collection de lelti orlf;inales de Calvin dans la biitliulbèquc An Genève,

AFFKNDICB.

ce pauvre homme , qui lasche a se faire valoir en nous (tccusaut, peult avoir crédit jusques la envers aulcuns de vous , de les troubler , et par ce moien semer une zizanie mauvaise de discorde ^ si je ne lascbois de remédier a ung tel mat , je n'aurois nul eoing de voslre salut. Do faict je ne regarde pas lanl à l'iiommc qui est transporte d'une folle ambition, qu'a l'astuce do Salban, et a ce qu'il macbinc. Je noteray seulement deux maux qui pourraient advenir , s\ nous dissimulions en cest endroit. L'uog est, que vous desgontes, et en la fin du tout aliènes de la doctrine que vous avez receiJe de noue en partie , puisqu'il a pieu a Dieu se servir de nostre labeur a vostrc salul, LescccDd, est qne nous, qui debvons eslro conjoincts pour prier Dieu les uns pour les aultres , serions séparés , et comme un corps descbîré

par pièces

Et comme le perc sanctiJie son enfant, le dédiant a Dieu : aussi il le souille en le prostituant aux superstitions qui sont a condamner , et aullres seiùblables. Luy comme un docteur superlatif repond : Voila il me sémite aultrement. Alors il fallut que je luy disse ; Je croy , iti. delà Vau que je pourrois avoir quasi aullant d'aultborilô que vous, pour alléguer mon semblant et mon advis. Mais ja Dieu ne plaise , que je lascbe tant la bride a mes faataisies. Et aussi il n'est point icy question de noBtrc cuider et oultrecuider, mais d'obéir simplement

a ce que Dieu nous monstre

Notez maintenantou il se vante de s'estre retire. Il allègue pour ses complices ung fantastique nommé Sébastian Castallio, auquel il en conjoincl deux aultres. qu'il dicl cstre lecteurs publiques a Uaslc, . Itlais cepen-

dant il ne dict mot, qu'en la ville de Basic, des cayers des livres de son Caslallion , ou il vouloit impugncr nos-

Ire doclrine touchant la predestioatioD , ont esté con-r damnés avec dcfease de les publier, sur peine de Is teste. Afin de n'estre trop prolise , je tous diray en unf mot, que les trois qu'il allègue s'accordent ensembla comme chiens et chats , ainsi que leurs propres livres fit monslrenl. Seulement , ils ont conspire en une chose,' qu'on ne doîl point punir les hcrëliquce. Et c'est afîoi d'avoir licence de dégorger tout ce que bon leur sera-, blera. Car telles gens scroient contens qu'il n'y eust on loy, ne bride au monde. Voîla pourquoy ils ont has^ ce beau libre : « l^e non comburendis hœreUcis , » ou ibont falsifié les noms tant des villes que des personneBf, non pour aullre cause, sinon pour que ledict livre eat^ farcy de blasphèmes iosupporiables , jusques a dire qM' si Jésus-Christ veult qu'on punisse ceux qui auront bla^ phemé contre luy, il seroil ung second idole Moloc. Je laisse la leur belle maxime, qu'il fault souffrir touM disputes contraires, pource qu'il n'y a rien de cerl ne résolu ; mais que l'Escriturc est un aei de rire , leU. lement que la foy que tous chrétiens tiennent de la Trinité, de la prédestination, de la justice gratuite, soat' choses indifTerentcs, desquelles ont peult desbaltre a plaisir. Toutefois , quant a la potirsuyte qu'il dict que nous avons faict pour mener tels blasphémateurs au gibbet, je vous assure qu'il ne fait que menlir. . , Il dict qu'il fault que tout le monde me baiscicfil

la panlourile. Je croy que vous avez assez de tesmoingfi quelles pompes je racne, et comment j'appete, qu'< me face la court. Je Buis bien asseuré que s'il pouvi tenir ma place , il feroit bien aultres morgues. Car pi qu'il est si enElé n'estant rien , il faudroît bien qu'ui degré acquis le fict crever du loul.

Pour vous picquer et attirer a sa cordellc , il specil

que Dous n'avons aullre regard ni estude, sinon d'atlir rer loul lo monde a Genève. Voire comme si en cela nous avions grand proGct et advantaîgc. Il fauldroit en premier lieu montrer quelle taille ou tribut j'en levé. Car il ne pourra pas dire qu'il y aîel eu aultre receveur

que luy*

Si vcoit-on a l'œil que Dieu l'a mis en sens reprouvé, pour cstre du nombre de ceux qui disent le blanc estre noir; lesquels il déleste et mauldit par son prophète Isaïe. Mais oultre, on scait ce que nous preschons ordinairement et ce que nous pratiquons, et les combats qu'il nous fault souslenir tous les jours, rendront tesmoignagc plus que suflisant contre la faulselé et malice

de ce pauvre inseosé. . . . i

Tels brouillons monstrcnt bien, qu'ils ne sont propres qu'a dcstruirc tout ce qui aura este bien faict. Cependant je vouldrois bien, que luy, et tels chiens mastîns, aboyenl à leur aise, et en oisiveté sur leurs fumiers, monstrassent quel monde ils ont convcrty. Pource que ce propos seroit trop lon^ a démener, il me suffira de monstrer la vilenie de cesl homme en ung seul point. Voulant diiTammcr ceux qui se retirent des idolâtries de la papauUc, il allègue l'exemple de ceu.v de Locaroc, lesquels il condamne comme témcraïres et estourdis. Or le cas est tel que quatre vingt mesnages, qui faisoicnt do cinq a six cents personnes, depuis ung an ença ont desclaire par escril aux cantons de Souisse, auxquels ils estaient subjects, que leur cgnscieoce ne pouvoîent plus soufTrir, qu'ils communicassent aux corruptions do la papaulté. Ainsi après avoir faïct pure et simple confession de leur fov , et en avoir donné signature de leurs propres mains, ils ont requis leurs supérieurs d'avoir liberté par leur congé de servir a Dieu selon sa parolle.

Or pourcc que le plus grand voix est du costé des papistes, ils oDl esté condamaés comme mutias et rebelIeB, pour avoir demandé un tel congé; combien que jamais nul d'eux n'eust remue le doigt. Les canlons qui font professioD de l'Evangile se sont sulerois en arbitrage. Les pauvres gens de Locarne , estant menacée d'estre brûles, ont palierament attendu l'issue qu'il plaîroit à Dien de leur donner, sans faire un Icung tumulte, ne rien attenter. Bref, ils ont pratique ce qui est dict au Paeaume, d'estre comme mouton ayant le cousteau sur [a 'gorge. En la fia tous ont esté banni, et ont mieux aimé quitter leur pays que de fléchir du droict chemin, aians le choix de faire l'ung ou l'aullre. Regardez maintenant si la crnaultc de ce mocqueur de Dieu ne voat doit pas eslre détestables, quant il desgorge ses opprobres contre les pauvres fidèles, qui ont esté ainsi persécutés. IHaÎB c'est le train de cesle belle escole, dont il s'est faicl disciples et docteur en trnîs jours, de se mocquer de tous ceul qui se font molester pour la religion. Car ce leur est assez qu'on vive en bon payen sans ce soulcier beaucoup de tout ce qui concerne la foy et lo service de Dieu. Ce sont belles couvertures de magnifier les vertus : mais si on laisse la foj derrierre avec l'invocation du nom de Dieu, c'est bien pervertir tout ordre, et mettre la charrue devant les bœufs. Sur tout, mes frères, gardez-vous de l'astuce de Satan, quant telles gens vous parleront de perfection de vie. Car leur intention est d'anéantir la grâce de noslre Seigneur Jesvi, faisant a croire aux hommes , qu'ils n'ont plus bes<nng de la remission de leurs péchés, Comme silaplns^aode vertu et souveraine de tous les saincls pendant qu'ils vivent au monde, n'estoil pas de gcmir soub le fardeau de lenrs vices , cognoissans combien il y a a redire en

eux, Jfl ne vous en parte poiut eang cause. Car ce preud'homme Castallio, que la Vau vous canonise tant , s'est efTorcé de semer cesle poisoD mortelle. Et voila pourquoy ils nous reprochent que nous ne menons point les hommes en sainclelé de vie, pource que nous disons qu'il y a lousîours beaucoup d'ioGrinilés en nous jusqu'à ce que nous soyons despouille de notre chair : lellement qu'il nous fault tousiours avoir noslre refuge à lamJserfcorde de Dieu. Or mauldicte soit la saincteté qui nous enyvrera de tel orgueil, que nous mettions en oubly la rémission de nos pèches. Mais au reste, si on faict comparaison, je vous laisse jugea laquelle partie travaille plus a inciter les hommes a la crainte de Dieu, a toute intégrité, a patience, et en somme, en nouveauté de vie : et a laquelle s'y est la mieux conservée jusques icy, nous de noslre costé , ou* Lavau et ses complices. Car de ce qu'il nous reproche, qu'en nos sermons nous ne faisons qge plaisanter, criant contre les papistes, ne redin^ans point les vices des auditeurs, il ne peult estre mieux demenly, que par les copies, qui en voilent par tout le monde, Je n'ay point escrit en chambre les vingt-deuK sermons sur le Psaums octonaire : mais on les a imprimes naifment comme on les avait peu recueillir de ma bou-, cbe au temple. La vous voîez nostrc style, el fa^-on ordinaire d'enseigner en laquelle si la Vau nous surmoD-

loit, nul do nous luy en porteroit envie

Pour conclusion, il me suffira

d'avoir purge nostre Esglise des faulses reproches que la Vau nous a mis sus, que vous ne soïez point scandalises en nous

Vous scavez que pour ccsie cause

Saint-Paul a esté contrainct de se glorifier, combien qu'il ne prétendit rien moins. Excusez doncq ce qae

j'enfaicls, si vous cogDoissez que ce soit pour honorer

Dieu, -et vous édifier en bien

De Genève ce S2 de Tebvrier 1555. Vostre humble frère J, C.

EtrHS OK BEBNE , TC

(JCHAHT L

A PREDESTrSATIOM

4 mai mas.

Magnifiques, elc.

Vous scBvez quant derniercmeul je fus ea vostre ville pour vous prier de dpnncr ordre aux troubles ei scandales, que Salhan par le moien de quelques uns avoU icy csmeus, combien que je Tussse cuvoié de la part de mes Seigneurs et supérieurs : toulesfois voianl qu'en voslre ordonnance il y (manque dans l'orignal ) avoil plusieurs articles concernant ma personne, afiin qu'il ne semblasi que je me vouloïs couvrir d'autborité publique, je me presentay par devant vous en mon nom propre et privé, vous requérant do mieux adviserà la cause, pour y doth aer bonne issue: non pas tant au regarddcmoy, que pour l'honneur de Dieu et de son Evangile, pour l'edificf tion de l'Eglise chrestienne, et le salut de vos sul^eds , mcsme le repos de voslre Estât, qui ne peut et ne doibi

estre separ<^ de cee choses

Or sans ce que je m'caquiere beaucoup, je veoy que la bruit commun est que la doctrine que nous prescbons en ceslc Eglise, est tenue pour condamnée, je me liens bien asseuré, que vostre intention n'est pas telle : . . Combien qu'il n'est pas ici question de Doai

acuicment. Car Dieu mcrcy nous ndus accordons avec les minialres Uni de vogtre ville, que de vostrepays : lellemcnt que nostre cause ne peut estre condaniDce qu'au préjudice de la foy qu'on tous presche el à vos subjects. Par quoi j'ai este csbay. qu'en cesle matière vous avez insisté sur vostre dispute et reformation , comme si on vouloîl apporter changenienl. Toutesfoîsje vous ai proteste le contraire et la vérité se trouvera telle que ma doctrine, qu'on calomnie ÏDJustemenl, est conforme a

vostre dispute

Ainsi cela ne faict rien contre nous. Au reste, quant vous dites qu'a vostre jugement il n'est nécessaire do composer livres s'enqucrant des secrets de Dieu, je vous prie de penser ou cela peult venir. El n'en fault çà faire long discours. Car par vostre pays plusieurs blasphèment contre la saincte prédestination et le conseil éternel de Dieu plus qu'on n'oseroit faire en la papaulté. Je confesse bien qu'en ce bautt mystère el incompréhensible il nous fault estre sobres et humbles : et quant vous auriez veu le livre, qui a faulsemcnt esté blasmé devant vos Excellences, vous trouveriez qu'il ne tend qu'a cesie fin d'amortir ou dompter l'audace des hommes pour leur faire adorer la majesté de Dieu en toute crainte, sans lascher b bride a leur curiosité. Mais sî on veult sans discrétion montre bas cesie doctrine, on otienle de corriger L'Esprit de Dieu : et par conséquent il fauldroil racler de l'Escriture Saiucle, ce qui nous en est là révélé. Mesmes je m'esbay comment je suis assaitly moy seul, veu que si on fSict comparaison j'ay tenu une façon d'enseigner plus moderne beaucoup , que n'ont faicl les plus savons d'Allemagne, qui de nostre temps ont remis l'Evangile en clareto. Parquoy je vous supplie, suyvant la sentence de nostrc Stgneur Jésus,

que pour juger en vérité, vous a'aîez point de regard à la personaei Car encore que mes livres fussent ( sevclis avec mon nom, si est ce que les prophètes < aposlres, desquels j'ay puisé el ijré la doctrine qo'o reprouve, demeureront en leur entier.

Par quoy je vous supplie, magnifiques SigneurSj non p pour iDoy, mais pour rostre bien et salut, de bien adrise/l ce qui est de Dieu ei de sa Parolle, affin que sans cootret il soit receu el approuvé en toute reverecce. Qui plus e □on seulement vos mÎQÎslres , mais plusieurs de vos snb- ' jecis sonlinformés que Jcban Lange n'a point difTamc ma doctrine quant a la prcdesti nation, comme il vous fusl amplement descril mais sur un point tout divers. , . . . Sans aller plus loing ils n'ont point bonltl de dire que je faisois Jésus-Christ trop homme. A qut^ je respondis, que s'il n'estoîl Dieu entier, et homme eir^ lier, il ne scroit point nostre Rédempteur. Mais il ni chault à telles gens moicnnant qu'ils detractenl de nioy comme vous veistes que Zebedée ne peult nier en tosM' présence qu'il n'eusl escril en faveur de cet execrabisî hérétique Servel, que le feu de Dieu consumeroît le ft de France, comme celuy de France avoit consumé le fi d'Espagne. En quoy Dolammcut il se desborda conli les Signeurs de Genève vos combourgcois , blasmaot '. justice qu'ils ont faicle laquelle est louée de tout ' monde. Mais il ne se fault esbnir si en voslre presencoH il les ose ainsi blasmor vcu que le déshonneur et injure s'adressoit à vous, qui avez exhorte par vos lettres nos Signeurs et supérieurs de purger le monde d'une telle peste. Itlais je me dcporle de me plaindre davantage des personnes qui m'ont à tort oultragc, prenant en patience Ic.'i opprobres, desquels j'espère que Dieu me deli Car mon intention n^est sinon ainsi que poui

pour eviterJ

■oiscs et conlention j'ay mon refuge a vous comme a priuces chrestîens, qui devez mainlenir en vosire prolcclecLÎon tous ceux qui servent fidèlement a Dieu cl bataillent pour maintenir sa verÎLc, vous prier de rechef qu'il TOUS plaise , ei vous trouvez que je n'aje enseigne que bonne doctrine et pure, que vous ne souffriez qu'en vostre pays je sois plus vilainement dénigre qu'entre les papistes. Je vous laisse a dire, que le cousturier de Rolle auquel vous listes faire amende honorable, s'est depuis vante, qu'il m'avoit maintenu hérétique devant TOUS, niais il y a pis, que tant Hierosmc vostre prescheur de Struant, auquel je n'eu jamais querelle, que Corbeil, diacre de Hlorges, pour lequel je mcsuis em- ' ploie quant il estoit en prison, oat publié en plaine rue devant bons lesmoings que vous m'aviez condamne comme hérétique. Et maintenant vostre pays est si rempli de cesie fable, qu'on en parle j^ilus que de l'Evangile. Je ne vous dy rien, que les preuves ne soient toutes claires. Or je croy que ce n'est pas raison, quant je travaille jour et nuict au service de l'Eglise, et pour maintenir la foy, qui est commune entre nous, que j'en ayé une si pauvre recompense. Vray est que pour l'ingratitude du monde je ne desisleray jamais de faire ce que Dieu me commande. Mais c'est a vous d'empescher, que je ne sois ainsi opprimé a tort, veu que mes labeurs rac-

riteot pluslost qu'on me soulage

Car si cela est permis, il n'y a nulle doubte, qu'en brief, nostrc Signeur n'envoie one horrible dissipation, dont les commeucemcns apparaissent desia par trop.

. Ainsi, magnifiques, puissans et très redoutés Sigoeurs, pour ne vous point importuner plus oultre, je supplicray nostrc bon Dieu de vous gouverner par EOD Esprit CD toute prudence et drotcluro, vous avoir en

sa garde ei vous aiigmcater en toul bteo. De Genève 4 diB may 1555.

XUX FIDELSS 1

( II escrivit cestc lettre aux fidèles qui esloieot a Sedao par M. Cuuisson qui fut la envoie roiaislre. ) . . . . Si la force de vos ennemis est grande, ei voas eEtes foibles auprès, tant s'en faull que vous d^ viez perdre courage, que cela vous doit tant plus inciter et picquer a recourir soubs la protection de celuy qui

dit, ne craignez point petit troupeau

Cependant tenez vous caches le plus coy**' ment qu'il vous sera possible, ne provoquans point rage de vos ennemja -. mais plus tosl tascbans par m ^Blie, doulceur, et booesteté de vie de gaigner ce qui ne sont pas du tout incorrigibles. Ce 9 de septei bre 1555.

AUX FIDÈLES A roTizRS. (Poicliers)

9 sepltnibre IKB5.

Très chors Signeura et frères.

Votre debvoir est aussi, tant par prières que par coulîai

exercice de la Parole de Dieu, vous armer cl iDUoir, espéraos que le boa pasleur, qui vous a pris en sa garde ne vous laissera point au beaoîng. Contiauez cepeodant à vous ranger en son troupeau, ne doubUns point, que quand voue serez assemblés en son nom, qu'il ne réside au milieu de vous. Je vous ay par c}> devant cscrit des moieos que j'approuvois pour obvier à la malice des ennemis : c'est que pour ne vous point descouvrir par trop, vous pouvez bien saus amasser loule la compagnie vous trouver ensemble par petites bandes, mainienant en un lieu, mainienant en un aultre. Seulement que chacun s'emploie à prestcr logis pour invoquer le nom de Dîeu. Et reputez à grand cœur, que vos maisons soient dédiées

à tel usage

Davantage, puisque estant enseignes, nous avons besoin d'estre tenus en bride, je vous prie au nom de Dieu de mettre tel ordre entre vous, que les vices ne soient point nourris, ne souffert. Pour ce faire il sera besoing de surveillance, c'est qu'il y aict gens députes pour se donner garde comment un chacun du troupeau se gouverne, afin de redresser ceux qui scroient en train de se forvoycr, de corriger les delinquans, d'admonester ceux qui seroient mal ad visés : et par ce moyen prévenir tous Ëcandales. . ■ Ce 9 de septembre 1 555.

(Sans adresse).

S octobre ISSS.

Tres-chers signeurs et frères ,

J'ay entendu que vous estes assaillis en vostre ville par les cnnemys de la foy plus rudement que de cous-

ttiroe. VoEtre evesquc cornu a dooné trois moys de r laeche a ceux qui rouldront estre apostats de Jesnl Christ et renoncer la vérité de Eon Evangile; ce boi des fileta tendus pour tirer les pauvres âmes s lioD. Pensez doacqucE a vous el vous gardez biea d'entrer en délibération, si voua debvez renoncer celuy qui vous a si chèrement acquis. Car il vautdraît bîeH, mieux que les feux fussent allumés pour conson>caer h corps, que les amcs fussent amiellées pour s'empotaoi □er mortellement et périr a jamais.

Quoyqu'ïl en soit, montrez, au bcsoing, que vous csle> 1 bons et fidèles gensdsrmes de Jesus-Cbrist , despîta Salban en tout ce qu'il pourra machiner contre vons^ et que ce monde ne vous retienne point pour vous esloi

gner de l'héritage des cicux

J'ai esté bref en ma lettre, pource que je ne double point que notre cher et honoré frère Martinenque ne tous exhorte plus au long, salon que Dieu lui en adonnélagrdcc.

A MES TRES-CHERS FBEKEK LES ASCIENS, DIACRES ET TOUT lE COHPS DE l'eCLISE FRANÇAISE A FRANCFORT. '

m décembre ISSS.

Tres-chers frères !

Il me faict bien mal que je n'aj pluslosl occasion de bénir ek louer Dieu pour la prospérité de vostrc Eglise ,

Toute celte lellre se trouve rivtc diasonalcniciit.

3M que de vous declairer combica je suis coDtrislc oyanl

nouvelles fascheuses de voslre estât

Mais ce qui m'a incité a vous escrire, est la fascherie que je porte ea tooo cœur pour les troubles et contenlîoDB qui se aourrisscat trop loogteaips entre vous. . . , . . Il eetoit alors question de quelques fauttes que vous trouviez en noslre frerc maistre Valeran , vos-

tre pasteur Aulcuns qc le veullent

tenir dj advouer pour pasteur, jusquesa ce qu'il se soit demis de soa oflîce, et qu'on soit entré en nouvelle

élection Mais cependant

advisezje vous prie, quand un homme vient demander en pa^s estranger place et liberté de pouvoir assembler un troupeau de Jesus-Cbrisl, si ceux qui se trouvant là 66 recueillant avec luy ot soub sa doctrine ne l'esHsent point de faicl, encores qu'on n'y observe nulles cérémonies mesmo, il me semble qu'il j a de l'ingratitude.

Quand on pensera que vous soyez tant

difBciles à contenter, vostre cbagrin ne sera-t-îl point pour décourager les bons seigneurs qui vous ont receus

si humainement? Surtout quand vous

voyez que Dieu vous afElîgc de peste, cl que des ia il vous a osté l'un de vos pa:^teurs, comme vous menaçant

de vous osier toute pasturo

Pe Genève, ce 26 décembre 1555.

Vostre frère ,

X Calvin.

A NOS TaSS-CREKS 3El<;SE[tKS ET FKERES, I>E3 BiniSn DUCRES ET AKÇIEHS DE I.'eCLISE BB PABIS.

La dîlectioQ de Dieu noslre Père et la grâce de Seigneur Jesus-Chrisl , Boil tousiours sur vous par b communicalioQ du Sainl-Espril.

Messieurs et IionoreE frères , corobieo que vos fascheries et angoisses dous louchenl de telle tristesse que doibveut seatir les membres de ud corps du mal l'an de l'autre; toutesfois Dieu doane taut plus grand lustre a 8a verlu a ce que vous ne défailliez point , et avoas plue ample œalièrc tous enseniblc de lien glorifier, que si TOUS n'estiez potal ainsi molestés et affligés. Ainsi que vOBtre fragilité ne vous esloune point, voians comment la vertu du Saîal-Esprit besonguo eu vous pour y secourir; et la dessus efforcez vous tant plus, ne doubtaos point que le Fere de miséricorde aura en la lia pitié de TOUS pour donner allégement a vos oppressions. Si plusieurs de ceux qui estoient appelés au combat , se monstrent par trop débiles, que leur exemple ne vous soit point en scandale , pour vous desbaucher , sachans que de tous temps il y a eu de tels escmples, pour picquer le> fidèles a prier Dieu tant plus soigneusement, et les ioduyre a humilité et crainte. Pratiquez doncque pluslosl cesie doctrine pour suivre le cbemin de salut en sollicitude, sachans que c'est Dieu qui donne le vouloir et le parfaire. De notre costc, nous n'avons voulu faillir*

APFBHDICK.

TOUS aider en vous desnuant de nosEre frère , lequel comme nous espérons, sera aussi lost arrivé que les presenles. De faict, nous a'avous pas regardé lequel nous vous pourrions envoier plus facilement; mais avons choisi le plus propre de la compagnie. De sa part il s'y est si rranchcmcnt disposé que nous ne doublons point , que celui qui lui a donné un tel zèle et ardeur , ne bénisse sa doctrine et la fasse fruclîfîer, ce qui vous doit servir d'aiguillon, pour appliquer a voslre usage le bien qu'il vous offre ; quant a l'autre , j'ay faict ce qui est en rnoj pour le faire marcher, et luy en esloil assez délibéré , mais il luy a esté impossible , s'il n'eusl voulu tout rompre; aussi je ne scay s'il seroit expédient, qu'il y atlast pour y faire demeure, pource que sa présence a grand peine pourroit estre caché, et enQamboroit par trop la rage des ennemys. Pour un voiage de bien courte durée, quand il y auroît nécessite extraordinaire, il seroit plus aisé de le tirer. Cependaul faictes valoir ce que Dieu vous donne qui n'est pas a mépriser ; œesme que nostre bon frère, monsieur de la Roche, nous a promis de retourner eu brief , pour travailler aussi vaillamroeot que jamais. Sur ce Ires-chers Bcigneurs et frères , après nous estre recommandes de bon cœur a vos pricres , nous supplierons le Perc de miséricorde augmenter ses grâces en vous de plus en plus et vous tenir en sa protcclioD, — Ce 5 janvier 1 556.

Vostre humble frère, Charles DespeeUle , au nom de la compagnie.

Je n'escry point de ce coup a monsieur de Hacsm pource qu'il n'y avoit rien de nouveau. Seulement je prieray monsieur Melcar de me faire tenir, s'il est

AFFEIiDICI.

possible et bieDlost, les mcmoires dont il parla ea son Toiage dernier. Je croy que Pellîssier ne refusera point de les lui bailler. Dieu par sa bonté iaGuie vous mainr tieine tousiours et garantisse.

Tres-chers frères ,

Quand nostre messager passa nagueres par icy, combien que je senlisse par compassiou en quelles angoisses voua pouviez estre et que je désirasse comme l'un de vous de cbercher tous remèdes a vos fascheries ei revers , loulesfois voiaol a l'œil que les moiens desquels on vous avoit avertis estoleut frivoles, je luy declairaj francbemenl que c'e&loit temps et argent perdu de s'y

amuser. Car si nous ne scavom

que c'est de batailler, quelle couronne espérons nous ? Or la façon de combattre nous est monstrée par le Fils de Dieu , de posséder nos vies en soulTrant. C'est chose dure a nostre fragilité, mais puisqu'il a pronais, etc.

Au reste pource que j'ay

entendu que plusieurs de vous se délibèrent si on les vient oullrager de résister ptusiost a telle violence, que de se laisser brigander , je vous prie , tres-chers frères , de vous déporter de tels conseils , lesquels ne seront jamais benicts de Dieu , pour venir a bonne issue, puisqu'il ne les approuve point. Je voy bien quelle perplexité vous presse, mais ce n'est point ny a moy , ny a créature vivante de vous dispenser contre ce qui vous est commandé de Dieu. Quand vous serez affligea^

APPENSICB. 3Ô5

n'aians rion allenté oullre vostrc debvoir , cesle conso lalioa ne vous pourra faillir, que Dieu tous regardera tousiours ea pitié pour tous secourir eo quelque façon que ce Eotl. Hais si vous essayez plus qu'il ue vous est licite , oultre ce que tous serez frustrez de votre ailente, ce vous sera un remors trop dur de sentir que Dieu tous est coDlraire, d'aullant que par lemeritc, tous aurez transgressé les bornes de sa Parolle. Qu'il tous sou- Tiennc doncques de ceste sentence, que tout ce qui

n'est fondé en foy est péché

Pensez aussi que nous n'avons nulle excuse de refuser a souffrir pour celuy qui est mort et ressuscité , affin que nous luy dédions nos vies en sacrifice. Et combien que le monde non seulement se moque de nosire simplicité, mais nous detesle, contentons nous que c'est un service agréable a Dieu par dessus tous, que de rendre témoignage a la vérité de son Evangile, En somme puisque le Signeur Jésus est le patton auquel il nous conviçnl estrc conforme , advisez de regarder do tout a loy. Nos chers frères, maistre Guillauline Farel et maistro Pierre Virel, avoient bien propose de voua escrire chacbacun, mais puisqu'ils ne sont arrivés a temps, vous prendrez la présente comme escritc en commun de tous trois, et aussi de mes frères et compagnons, lesquels

TOUS saluent

Ce 19 d'avril 1556.

LISE FitANCOlW

AUX AHCIEKS ET DIACRES DE L EfiLISE FitASC^

TreB-chers sîeurs et freree ,

Vos Icllres m'eussent plus entieremont esîouy en ce que par ïcelles me mandez que l'cjâtat do vostre EgtÎM est aujourd'hui paisible et sans trouble , a'eust esté qua d'aultre part un bruit commun voile qu'il n'y a encore) rien ameudé , jnais que les picques et debais y régnent

autant que jamais Je vouidroye que

n'eussiez point use de telle rigueur envers ceubt qui

n'ont approuvé vostre élection

Voicy doncques le moien que je vouldroye tenir a moB adfis : c'est puisqu'on scail que l'élection ne leur est pu venue a gré, qu'ils Tussent supportés el ne point fairfl déclaration expresse telle que vous la demandez , moiennant qu'ils acquiescent a vous accepter coiumo anciens, sans TOUS troubler en vostre office , cl aussi que de leur

pari ils se rendent subiects a la discipline

Voila pourquoy il cust raieulx vallu ne

point tant insisier a ce qui concerne vos personnes- Touchant de ce qu'ils se sont déposés de leur ofïice, encores qu'il y eusl eu de l'infirmité et du vice , il sera tousiours a condamner qu'il y eust eu aussi de la mauvaise

procédure Je ne scay pas si nul

trouvera bon que sur telles excuses vous lesaiez excoan*'

muDiez. Quant a moy je n'y vouidrois pas avoir con- GCnlj; ce que toulesfois je vous escrips, non pas pour m'opposcr a votre sentence ou pour la resceiader; mais d'aolaol que je euîb tenu a vous en mander ce qu'il m'en semble, selon que vous m'en avez requis- Car je ne vouidrois point usurper sur la charge d'auUruy, et sca y bien quel danger il y a qu'une Eglise entreprenne d'absouidrc ceulx qui avoient este condamnes par vous aultres; seulement je vous advertis de ce qu'on pourra estimer de TOUS, afin de tenir telle mesure qu'un nouveau feu ne Vallume point, lequel seroit trop diiicilc d'oslcindre.

De Genève, ce 24 de juin 1556.

Vostre ires-bumble frère, Jean Caiein.

X L EGLISE FRANÇOISE DE FltANCFORT.

S& juin ISSft.

Tres-ohers seigneurs et frères ,

( Au sujet do la

venue de nostre frère maîstre Guillaulmo Olbrac. ) . . . Je ne doubte pas que de son coslc il ne s'estu-

dïe do nourrir paix et concorde

Vous scavez quand on vous declaira qu'ung certain nommé Ëisberg gucldrois cetoit homme de meschanle doctrine et pernicieuse affin qu'ung chascuD 8'en garda

AtPtVVKt.

et qu'on le (uyl comme retranché de l'Eglise qu'ung

du Irojpcau se leva pour y contredire

Quelle excuse y a-t-il quand un homme aura esté eiamiaé de sa doclrine par ceulx qui ont charge de l'Esglise entre lesquels estott notre honoré frerc M, de Lasco et que la il s'est trouvé pervers et obtiné en ses erreurs, qu'un metlutEÏer seul se fasse juge pour resceindcr tout ce qui aura esté dict . Mais voila ce que c'est quand les cœurs sont empoisonnés de haine, il fault que les soubspçnns dominent pour tirer a mal tout ce que fool

ceulx lesquels nous n'aimons pas

Car si nous ne pouvons souiTrir rien qui nous despbîie il fauldroit que chascun eust un moodea pari. . . . Ainsy mes frères, oubliez ce point d'avoir cause gaingnée pour gaingncr la bataille contre Salin qui ne demande qu'a vous tenir divisés pource qu'il seait que vostre salut seroit en bonne union et saincte. . .

De Genève, ce 24 juin I&56.

Vostre ires-humble frere ,

Jehan Calvin. •

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