‹ Histoire de la réformation de la SuisseChapitre 199 sur 257 · XL VI · texte numérisé non relu

XL VI

\\i DUC DE LONGDEVII.LI;.

Monseigneur >

. Mesmes quand l'opportonilé s'adonneroilda, youfi incilcr plus souvent, je CToy que ma diligence n& J vous fascheroit point. Et vous expérimentez assez le besoin que vous en avez au milieu de tant de deslourbiers. que Satan vous dresse , auxquels il est diFticile de resis*. t,er. Or, monseigneur, vous avez un grand avaii>

lage en ce que madame voslre mère ne désire rien pli que de vous voir cheminer rondement en la crainte dé Dieu , etc. , . Parquoy il vous est nécessaire di

vops rcveslir d'une telle magnanimité, qu'il n'y ait a^

faveur , ne haine* des hommes qui vous deslonme 4e glorifier Celuy qui mérite bien d'eslre préféré a tontes créatures mortelles et caduques. ... Je vous prie^ monseigneur^ de vous exercer songneusement a lire et ouir la Parole de Dieu. ... Je vous prie aussi ^ monseigneur^ de vous garder des allechemens et délices de ce monde , dont il est impossible que vous nç

soyez environné

Ce 22 d'aoust 155^.

A MADAME LA MARQUISE SA MERE (du duC de LoUgUe^-

ville).

Madame y

Nous avons bien a louer Dieu de ce que nous entenr çlons de vous ; mais quand il est question d'honorer Dieu vous ne scauriez vous y porter si vertueusement qu'il iji'y ait occasion de souhaiter encore mieux.

A MADAME DE GRANDTMONT.

28 oclol^re i55U.

Madame ,

J'eusse bien désire s'il eut pieu a Dieu avoir entrée un peu plus joyeuse a vous escrire pour la première fois ;

maïs c'esl bien raison que nous soulVrions d'estre gouvernes selon la bonne volonté de Celtij auquel nons soniineB, et qui a toule superion'lé et empire par dessus Je vous prie maintenant , madame , au mal domestique qui vous presse de bien pratiquer que c'est de nous tenir captifs en nos atïectians , et les douter du tout pour nous renger a ce que Dieu cognoist eslrc juste cl équitable. ■ . . . Cependant priez Dieu continuellement qu'il convertisse le cœur de vostre mari, et de vostre pari mettez peine de le gagner et le réduire au bon chemin. . . Quand vous aures

bien médité ces choses, vous ne trouverez pas qu'il soit licite de vous départir d'avec luy, que pour le moins vous n'ayez garde . . que la justice en cognois-

sc 28 octobre 1559.

A MADAHB LA DUCllESSE DE FEBRARE.

3 juillet tseo.

madame ,

Combien que j'ay este souvent requis et solicité de vostre part, je n'ay peu eslre îndui de vous envoyer l'homme tel qu'on demandoit craignant que reux qui m'en porloyent la parole ne s'avansça-isent par bon zèle oullre vostre inlenlion. Car je n'avoy nulles lettres de vous pour me ccrlilier si ainsi estoit ou non. El maintenant encore, madame, j'eusse bien désiré d'avoir quelque meilleure assurance, afm de vous escrire plus

librement. Non pas que je me délie du porteur, lequel m'a donné assez bonnes enseignes pour monslrer qu'il estoil envoyé de par vous. Mais vous savez, madame, combien do gens pourroyent estre subornes pour tîrcr de nioy choses qui vous tourneroienl a grande fascherie et regret. Qnant au serment qu'on vous a conlraÎDte de faire, comme vous avez failli et ofTcnsé Dieu en le faisant, aussi n'estes vous tenue de le garder non plus qu'un vœu de superstition. Vous sçavez, madame, que non ECulemenL Herodc n'est pas approuvé d'avoir trop bien observé le serment qu'il avoit fait a la volée, mais que cela luy est imputée a double condamnation. Ce que je dis non pas pour vous importuner de m'cscrirc, mais afin que vous ne facicz scrupule en ce que Dieu laisse eo vostrc liberté, et dont il vous absout. Je me seray acquitté, madame, de vous en avoir advertie. Du voyage lequel vous avez cnlreprins, combien que la captivité ea laquelle vous estes et avez esté par trop de tenue, soit dure et pitoyable : toutesfois si fault-il que je vous déclare, madame, que vous n'aurez pas beaucoup gagné d 'estre sortie d'unabysme pour entrer en l'autre. Car je ne voy pas en quoy ce changement puisse amender voslre condition. Le gouvernement auquel on prétend vous mesler est aujourd'hui si confus que tout le monde en crie alarme. Quand voue y seriez et qu'on vous escoustBst, je croy bien, madame, que les choses n'iroyeot point du tout si mal. îtlais ce n'est point ce qu'on cherche. On se veut couvrir de vostrc nom pour nourrir le mal qui ne peult estre plus enduré. Or vous allez maintenant fourrer en telle confusion, c'est manifestement tenter Dieu. Je désire vostre prospérité, madame, tant qu'il m'est possible. Mais si la haulcssc et grandeur du monde voua empeschc d'approcher de Dieu, je vodi

seroye Iraistre, vous faisaot à croire que le noir est blaac. Si vous estiez bien résolue de vous porter fraacbemeot, el en aulre roaguanimilé que n'avez fail jusqu'ici : je le prieroyc de vous avancer bieatost en plus grand cnatiiemeat qu'on ne vous prcsenle. Itlais si c'est pour dire ameu a lout ce qui rsl condamné de Dieu ei des hommes ; je ne scay que dire sinon que vous gardiez bien do lombcr de liebvrc en cbauld mal. Ce n'est pas a dire pourtant, madame, que je vous conseille de vous plus tenir en la servitude ou vous csles, ne vous y endormir. Car c'est irop du passé. Seulement je voua prie de changer tellemeot que ce soit pour servir a Dieu a bon escient et tendre au droit but, complus vous envelopper en des lilets qu'il vous seroit difficile de rompre, et lesquels vous tiendroyent serrée autant et plus que les premiers. Quoyqu'il en soit, c'est par trop languir, madame, et si vous n'avez pilic de vous, il est a craindre que vous ne chercbiez trop lard remède a vostrc mal! Oultre ce que Dieu vous a de longtemps monstre par sa Parole, l'âge vous advertit de penser que nostre héritage et repos éternel n'est pas ici-bas. Et Jesus- Cfariâlvaut bien de vous faire oublier tant France que Ferrarc. Et Dieu par la viduilé vous a rendue plus franche et libre, alin de vous retenir du tout a soy. Je voudroye avoir le moyen de vous remonstrer de bouche ces choses plus a plein : cl nompas pour ud coup, mais de jour a aulre. Mais je vous en laîsseray plus penser seloa vostre prudence que je n'en ay escrit. Madame, après m'estre Irea-humblement recommandé a vostre bonne grâce, je supplie nostre bon Dieu vous tenir en sa pror lection, vous gouverner par son -Esprit, et vous accrois^ Ire en lout bien.

Ce5julietl560.

APPINDICB. o8i

A l'aDIHIRAL.

16 janvier 1561.

Monseigneur ,

Nous avons bien de quoy louer Dieu de la vertu singulière qu'il vous a donnée de servir a sa gloire et advancement du règne de son Fils. Il seroit a désirer qu'il y eut beaucoup de compagnons pour vous ayder. Mails quoy que les aultres soyent tardifs a s'acquitter de leur devoir^ si vous faut-il pratiquer la sentence de nostré Seigneur Jésus c'est que chacun de nous le doit suivre proroptement sans regarder que font les aullres. Saint- Pierre craignant de marcher tout seul^ luy disoit de Jehan : Et ccstuyci quoi ? La réponse faite a un homme se doit appliquer a tous : que chacun pour soy aille où il sera appelé : encore qu'il n'y ait nulle suite. Combien que i'espere que la magnanimité que Dieu a faict jusqu'ici reluire en vous sera bonne instruction pour attirer les noncballans. Mesmc quand tout le monde seroit aveuglé et ingrat, et qu'il sembleroit que toute vostre peine seroit comme perdue, contentez vous, monseigneur, que Dieu et ses anges vous approuvent. Et de fait il vous doit bien suffire que la corone céleste ne vous pcult faillir après avoir vertueusement combattu pour la querelle du Fils de Dieu, en laquelle consiste noslre salut éternel. — Au reste, monseigneur, j'ay prins la hardiesse de vous adresser le porteur pour vous exposer

quelque afTairc que vous entendrez plus au long de br bouche, s'il vous plaist lui donner audience. Je croy quand vous l'aurez oui que vous ne trouverez pas l'advertissemeot mauvais ai la poursuite impertinente : pour le moins que vous jugerez scion vostre prudence que je ne procure que le repos el la prospérité du royaume. Je ne dissimule pas le dcsir que j'ay qu'il fust proveu a . ceste povre ville, alîn qu'elle ne soil en pillage. JHais ■ pour ce que j'estime que la seurete d'icclle vous est pour recommandée, vous ne condamnerez pas le soin que j'en ay auquel Dieu m'oblige. Surtout quand il ne tend qu'au bien public de France et en dépend. Sur quoy faisant fin, monseigneur, après m'estre bumblement recommandé a vostre bonne grâce, je supplieray noslre bon Dieu vous tenir en sa proleciion, vous augmenter les dons da son Esprit, afin que son nom soit de plus plus glorifié en vous. . . .

Ce 16 de janvier 1561.

i ROï DE NAVARRE.

lie restablissementd'un tel royaume merile bien que rien n'y soit cspargnô. Et par plus forte raison le devoir est encore beaucoup plus grand a procurer que le règne du Fils de Dieu, la vraye religion, la pure doctrine de

nostre salu(, qui sonl choses plus prelieuscs qac loat le

monde, soient remise en leur entier

Ce n'est pas mon naturel ne couslume de m'ingerer nv d'enlrepreadre, mais il m'a semblé que c'estoit mon d©. voir de vous adresser ce porteur pour vous déclarer plus

a plein de bouche ce qui en est

Le 16 de janvier 1561.

Page 1