A. MONSIEUR DE LOYKES CONSEILLER EN LA COURT DE PARLEDIEBT DE PARIS
6 novembre IS65.
( ËxhorlatJon a ne point abc^ndonner sa charge de conseiller, et moins la vcrîlé )
Monsieur,
C'est merveilles que le Diable ait des supposis si bons zélateurs qui n'cspargnent rien pour occuper tous les , sîof^es de justice, pensant bien que c'est le moien d'opprimer l'Eglise de Dieu, et que cependant ceulx qui debvroîenl résister au mal quictcnt la place.
Il ne fauldroît qu'uoe douzaine de gens de bîea pour incctre le cueur au ventre a ceulx qui ne sont ne cbsir ny poissoa c'esl-k-dirc a plus de soixante. Mais puisque Dieu vous a deeia monstre ce que vous dcbviez faire je n'a; sinon a le prier qu'il vous fortifie de vertu invincible comme il le fera. ....
De Genève ce 5 novembre 1563-
UES FHEKES.
Bdrcembre 1563.
( A.U revers de la lettre fie trouve celte inscriplioD : Copie des lettres envoyées a Chambérj IX).
Tres-cbers Seigneurs et frères ,
Cependant advisez de vous porter le plus coyemml qu'il sera possible et ne donnez point occasion aux ennemis de la vérité de s 'escar moucher et en cela vous avez besoing de prudence. Le principal est de vous séparer de toutes idolâtries et pollutions et puis de vous assembler sans grand bruil ny apparence par compai- Çaiea aiin de prier Dieu et cslrc enseignes parsaParole.
Ce 3 de décembre 1 563
DE FKRKAIie.
illadame,
Ce))endant je n'ay pas voulu perdre l'occasion de vous adresser ce porteur aliu que vous eutendiez
jiar luy de l'cslat de par deçà Ilesllïli
de Tcu DIr. Bude maislre des requesles du Roy leijuel
a esle fort rcconou pour son scavoir
Pourcc faire, madame, je vous prie de tenir la main en Uni qu'ea vous sera qu'il y ail bonne police pour réprimer les vices cl scandallcs. Je n'entens pas quanl a la police lerrieane, mais aussy quant au consistoire de l'Eglise Car je vous asscurc, madame, que
sans ce remcdc il y aura une licence dcsbordee pour engendrer une borrible confusion Je ne
doubtc pas madame que vous n'aie aide nostrc frère de Coulongede vostrc aulhorilc a dresser tel urdre. . .
. . Surtout madame ne vous laissez jamais per-
suader de rien cbanger de Testai de l'Ësglisc tel que le Fils de Dieu la dédié pur son sang. Car c'est luy devant
lequel tout genoîl doit ploier Or je vous
laisse juger si les cœurs ne Bonl point plus aisés a se desborder que les petits mesnagcssinonqu'ony provoye.
. . , Que vostrc aulliorilc n'cmpcche point le cours de la discipline, vcu que si vos domestiques CS'
SOS Appendice,
toienl espargncs toute la reVerence du consistoire s'es- 1
couleroît comme eau
Ce 8 janvier 1564.
I L\ DUCllESSe DE FEaRARE.
Madame .
J'ay entendu par voslre dernière lellrc que quand yous aviez mande a Messire Francisco qu'il seroil fco^ que j'exhoriasse a charité ceux qui font profession d'à Ire chrestiensj cela se rapportoîl a quelques miaistrei. lesquels tous avez trouve peu charitables a vostre jug»r ment. Cependant je puis recueillir que c'est au regard de^ feu Mr. le duc de Guise, en tant qu'ils oot este trop aspres a le condamner. Or madame devant qu'entroc; plus avQDi en matière je vous prie au nom de Dieu d%' bien penser aussi que de voslre cosle il est requis de ternir mesure. ... C'est que sus cequejevoul avoia allègue que David nous instruit par son exempht de haïr les eunemys de Dieu, vous rcspondez que c'e loil pour ce lems la duquel soubs la loy de rigueur il e toit permis de haïr les ennemys. Or madame ceste glosB' serait pour renverser toute l'Escripture ; . . . . maison disant qu'il a eu en haine mortelle les reprouv( il n'y a double qu'il ne se glorilîe d'un zelc droict et pni et bien reïgle : auquel il y a trois choses requises, c"e* que nous n'ayons point csgard a nous ny a nostrç [
APPE1.D!C£. S09
liculier ; cl puis que nous ayons prudeoce et discrétion pour ne poiul juger a lu volée : fiDalemcut que nous Ic- DÎODs bonoe mesure sans ouUre passer les bornes de nostre vocalioo. Ce que vous verrez plus a plaio madame CD plusieurs passages de mes commentaires sur les Psaulmes, quand it vous plaira prendre ta peine d'y regarder. Tant y a que le Saint-Esprîl nous a donné David pour patron afrin que nous en suivions son exemple en cest endroict. Et de faîct il nous est dict qu'en ceat ardeur il a este figure de nostre Seigneur Jcsus-Cbrisl. Or si nous prétendons de surmonter en doulceur et hu< manite celuy qui est la fontaine de pilie et miséricorde, malheur sur nous. Et pour couper broche a toutes disputes, contentons nous que Saint-Paul applique a tous les Hdeles ce passage que le zèle de la maison de Dieu les doit engloutir Mesme Saint-Jehan, duquel vous n'avez retenu que le mot déchante, monstre bien que nous nedebvons pas soubs ombre de l'amour des hommes nous refroidir quant au debvoîr que nous avons a l'honneur de Dieu et la conservation de son Eglise. C'est quand il nous défend mesme de saluer ceux qui nous destourncnt en tant qu'en eux sera de la pure doctrine. Vous n'avez pas este seule a sentir beaucoup d'nngoisscs et amertumes en ces horribles troubles qui sont advenus. Vray est que le mal vous pouvoit picquer plus asprement voyant la couronne de laquelle vous estes issue en telle confusion. Si est ce que votre tristesse a este commune a tous enfans de Dieu. Et combien que nous ayons peu dire tous, malheur sur celui par lequel ce scandalle est advenu : toutefois il y a bien eu matière de gémir et pleurer, attendu qu'une ^onne cause a este fort mal menée. Or si le mal faschoit 9 toutes gens de bien, Mr. de Guise qui avoil allumé le
ÏIO APPEMDICI.
feu ne pouvoil pas eslre espargno. El de moy, combien que j'aye lousîoitrs prie Dieu de lui faire mercy, si eit ce que j'ay souvent désire que Dieu mil la main sur loy pour en délivrer son Eglise, s'il ne le vouloil convertir. Tant y a que je puis protester qa'il n'a tenu qu'a moy que devant la guerre gens de faict et d'esecution ne se soyent efforces de l'eilerminer du monde, lesquels ont este retenus par ma seule exhortation. Cependant, de le damner c'est aller trop avant sinon qu'on eut certaine marque et infaillible de sa réprobation : en quoy il se fault bien garder de présomption el lemerile. Cariln'j a qu'un juge devant le siège duquel nous aurons tons a rendre compte, — Le second point me semble encore plus cxHorbilant de mettre le Roy de Navarre en paradis el Mr. de Guise en enfer. Car si on faict comparaison de l'un a l'autre : le premier a este apostat, te second a tousiours este ennemy ouvert de la vérité de l'Evangile. Je requerrois donc en ccst cndroict plus grande modération et sobriété. Cependant j'ay a vous prier madame de ne vous pas trop aigrir sur ce mot de ne poiol prier pour un homme, sans avoir bien distingue de I*
forme et qualité donl il est question Sor
quoy madame je vous feray un récit de laReyne de Navarre bien perkincmment. Quand le Itoy son mary se fut révolte, le ministre qu'elle avoît, cessa de faire mention de luy aiin prières publiques. Elle faschce luy rcmonstra que mesmc pour le regard des subjecls il ne s'en debvoit point déporter, hvy s'excusant declatra, que ce qu'il s'en laîsoit du tout esloil pour couvrir le déshonneur et honte du Roy son mary : d'aultant qu'il uc pouvoit prier Dieu jiour luy en vérité qu'en requerranl qu'il le convertit, ce qui csloit descouvrir su «hculs. S'il dcmandoîl que Dieu le maintint eu (irosnc-
rite, ce serait se mocqucr profanant t'oraison. Elle ayant ouy ceslG responcc demeura quoye, jusqu'à ce qu'elle en eut demande conseil a d'aullres. Et les trouvant d'accord acquiesça tout doulcement. Madame, comme je scay que cesle bonne princesse vouidroit apprendre de vous selon que l'usage le porte et vos vcrlus le méritent : aussi je vous prie n'avoir point bontc de vous conformer a elle en cest endmict, Son mary luy estoit plus prochain que vostre gendre ne vous a este. Neanlmoïns elle a vaincu son affectioa , aflin de n'eslre point cause que le Dom de Dieu fut profane. €e qui seroit quand nos prierai seront feinctes ou bien répugnantes au repos de l'Eglise. Et pour conclurrc ce propos par charîtc : jugez madame, je vous prie, si cest raison qu'a l'appétit d'un seul homme nous ne tenions compte de cent mille : que la charité soit tellement rcslraincte a celuy qui a lasche de mettre tout en confusion que les enfans de Dieu soient mis en arrière. Or le remède est de ha'ir le mat gans nous atlacher aux personnes; mais laisser chacun .
devant son jugo Et la responce aussi et
refus de Mr. Coulongc sent plus son ambition et vanité inondainc que la modestie d'un homme de oostrc estât
dont je suis bien mary Ainsi haine et
cbrcstiente sont choses incompatibles. J'enicns baino contre les personnes.