AUX EGLISES DE LANGUEDOC
30 «eplembro 1568,
Messieurs ires-chers el honores frères ,
Il esl queslion de trouver argcnl pour souldoier les gens que M. d'Andelot a levés, D'enlrer en queslion oa disputes pour reprendre les faullcs passées ce n'est pas le tempi;. Car quoy qu'il en soii Dieu nous a réduits » telle exlremilc que si vous n'estes secourus de ce CDSlC la on ne voit apparence selon les bomiucs que piteuse cl terrible désolation. Je scay bien quand tout sera ruyne Cl perdu que Dieu a des moyens incomprebeafiibles de reuieltre son Eglise au-dessus cotninc s'il 1^ ressuscitoit des morts. Et c'esl la ou il nous fault alleodre et reposer que quand nous serions abolis eacoreS tout au pis aller il scaura bien creer'de nos cendres ung peuple nouveau. Ci?peiidant nous avons a bien penser si nous ne voulons a noslre escient fermer la porte a H grâce de ne poinl défaillir a noslre debvoir. Il est certain que la lardivete et noncballance ou plustost la chissolc des Eglises nous a apporte plus de dommaigc qu'on ne sauroit exprimer
A nUNSIEllR DE SOL'BIZB GOUVERNEUR '
monsieur,
Voicy le temps que Dieu nous veull affliger. • Ainsi nouB avons s nous fortifier ^ en une tealalîon quelque dure qu'elle puisse eslrc. . . . Et de faict jo scaj pourquoy vous m'avez adressé le porteur. C'est pour savoir mou advis. . . . Maintenant la question cs( comment il vqus fault porter en l'exécution d'ung arrest qui n'est pas en voslre puissance. Icy il vous fault regarder ce que vous devez et pouvez Le premier donc que vous avez a faire sera de vous descbarger de vostre gouvernement laut envers luj qu'envers la communauté. Seulement en souffrant ce que vous ne pouvez point empescher, que vous demandiez surceance pour les particularités qui oc son tassez bien et deueracnt liquidées. Ce delay ne peull eslre pour rébellion. Et ne vous pourra on reprocher que vous veuillez imposer loy a vostre Koy * quand vous accorderez le principal Ce 5 avril 1563.
' De teste lellre se Iroiivcnl dcui copieiel dedeu» maiaîJifftrentes. Il y a r^uclques varianles.
* Varianle : Cribler,
* For. Pour DC point (lefiiillic. ', Var, Prince.
396 APPIHDICB.
aiOMSlEUR DK CURSST.
8 mai 1565.
Monseigneur ,
Qaant a Testât de France je le vois si confus de tout costes que je crains bien que ce ne soit a recommencer plus que jamais. ... * J'aj pareillement respondu a M. l'admirai le priant plus privement de tenir la main a beaucoup de choses non pas tant pour besoiog qu'il ait d'estre picque que pource qu'il m'aroit reqoii
de ce faire
De Genève 8 may 1563. . ^. . .
nADAWB HE CURSET.
8 qaay 1863.
Madame^
Quand il est question de gloriffier Dieu il ne peut souffrir aucune neutralité. .... Qeneve ce 8 de may 1563.
AU FHINCE POBCIAS.
MoDseigneur,
Combien que je ne voua aye point cscripl jusques icy je n'ay point laisse de vous porter lellc révérence que je dcbvoîs et avoir pareille atleclion de in'emploier a voub faire service désirant que Dieu m'en donnât le rooien. Car jeo puis eslre son serviteur que je n'ayme et honore les venus excellenles qu'il a mises en vous. Mais pource que je ne pouvois mieulx je me suis conlenlc jusques a mainlenant d'avoir souvenance de vous prient le Pcre céleste de vous conserver et accroistre en vous lea dons de son Esprit. Et d'aultant plus ay-je este jnyeulx ayant entendu par le porteur lequel est a voslre service que de vostrc grâce vous m'aviez donne ouverture a faire ce que je n'osois pas cacoies que j'en eusse bonne dévotion. Je vous remercie doncques humblement, monseigneur, de ce qu'il vous a pieu me mander le bon vouloir que vous avez envers moy non seulement pour ce que je prise beaucoup d'estre en voatre bonne grâce, mais d'aultant que vous m'avez donne occasion de vous déclarer combien je vous EuisafTectionne serviteur. Cependant d'aultant que je ne le puis démontrer par aultre effect qu'en procurant vostrc salut et y appllcquant ce qiio
Dieu m'a donne j'auray ta mon refuge
Depuis quelque temps vous avez este jiour ting homme
de voslre esiai cl qualité examine au vif el Dieu vous i donne vertu inviocible pour suffire a tout. Ce a esleuoe bonne approbation de voslre foj, mais vous ne pouva cstre trop adverty que ce n'csl point la fia cl qu'il toi» reste a balailler contre beaucoup de tcntatioas. Car U crestiealc ne se demonstrc pas seulement a porter les armes cl exposer corps et biens pour maÎDlcnir la qaerelie de l'Evangile, mais a nous assubjectir plaioemeol en l'obéissance de celuy qui nous a tant chèrement acquis aiin d'esire glorilTie en noslre vieel en nostre mort.
Jo me tiens asseure que Dieu qui voiis
a donne de si bonnes marques ne vous abandonnera jamais. Mais vouse.\perimenlez assez, monsieur, que nous ne pouvons pas eslro Irop bien munis pour résister a tant de tentations dont nous sommes incessamment assatltii- Toutesfois ne doublant parque vous ne vous exerciez diligemment a tire et ouyr les sainctes exhortations qui vous doibvenl servir de glaives et armures, je ne poursuy vraj plus oullre. Je ne scay si Dieu me fera jamais ce bien dont VOUE me donnez espérance de vous voir quelquefois en ce monde. Le principal est que nous soyons recueillis en son royaume éternel, combien que je ne laissA
point de souhaiter cesl accessoire
De Genève ce 8 de may 1563
Ati PRIKCE DE qONDB.
nionseigueur.
Il n'est ja bcsoing voua faire longues excuses de ce que i'ay esté si loDglemps a escrire puisriue le moien m'estoil osié de m'acquiltcr de mon dcbvoir. Et encore a présent je craignois que les passages ne fussent pas Irop seurs ; mais puisque de voslre grâce vous avez prévenu par vostre Iclre, que mon frere Mr. de Beze m'a appoiirlcc, j'ay honte de \)\as difîercr, surtout aiaol l'occasion du porteur lequel a ung voîagc a faire en Court. Touchant les conditions de la paix, je scay bien, monseigneur, qu'il ne vous estoîl pas facile de les obtenir telles que vous eussiez voulu , parquoy si beaucoup de gens les souhettent meiliures, je vous prie ne le trouver estrangc, veu qu'en cela ils s'accordent avec vous. Cependant si Dieu nous a reculés plus que nous ne pensions , c'est a nous de noua placer soubs sa main. En premier lîeu, sî vous ne faites valoir par voslre aulhorilc ce qui a esté conclud a l'avantage des fidèles, la paix seroit comme ung corps sans ame. J'ay aussi, monseigneur, un aullrc point a vous toucher. Devant que la journée iniperialle se tint a Francfurl ou vous cnvoiasles Blr. de Fassj je requis et exhorté par Mr. Daadelot de faire une bricfve confession en voslrf nom alîn qu'elle fui la l'rcsenléc.
aOO APPK^DIC■.
Je la drcssay selon que Diea me donna, et voici la copie que je vous envoyé. . . . On ne cessera d( vous icndre des filele pour vous envelopper eo la confession d'Auspurg qui n'est ne chair oe poisson , cl al cause do grands schismes et débats entre les Allemans. Or Mr. ayant fait une telle déclaration vous auriez forme la porte a toutes les poursuyles qu'on vous scauroil
faire Pource aussi que j'ay entendu,
monsieur, qu'on traîcte de quelque alliance ou le:^ Suisses sont compris, je vous prie pour le bien du Hoj,
veillez a ce qu'on y poursuyve vivement
Je ne peux pas vous recommander ceste ville a ce qu'elli soit comprinsG, combien que les Seigneurs de Berne not conibourgeois ayent promis de nouit y aider sinon d'aultant que pour voir a l'œil que c'est le grand profit! du Roy et que ce aeroye son dommage évident si nous eslions laissés en arrière
A nADAnK DE FEHRAHE.
Madame ,
Je Ecay comment Dieu vous a fortifiée durant les plus rudofi assaulx. .... Je scay bien qu'une princesse neregardantquo lemondeauroîthonlc et prendroit quasi injure qu'on appelât son chasteau un hostel Dieu, mais je ne vous scaurois faire plus {^raod honneur que de parler aiusy pour eslever et recogaoistrê J
icognoistrê ■
l'hùmaoUe de taqoelle tous avez use envers les enfans de D!eu qui ont en lear refuge a vous. J'ay pense sou- ♦enlea fois, madame, que Dieu vous avoîl reserve telles espreuves sur voslre vieillesse pour se paier des arreraiges que vous luy debviez a cause de voslre timidpte du temps passe. Je parle a la façon commune des hommes. Car quand vous en eussiez faicl cenl fois plus el mille ce ne scroît pas pour vous acquitter envers luy de ce que vous luy dcbvez de jour ea jour pour les biens infiois qu'il continue a vous faire. Mais j'entens qu'il vous a faict un honneur singulier vous employant a ung tel debvoir cl vous faisant porter son enseigne pour estre
gloriflie en vous Je n'ay présentement
satisfait a voslre désir pour vous envoyer un prescheur, mais je ne fauldray de veiller jusques a ce que vous en
soyez pourveue Mais quand vous seriez
icy vous verriez que je ne vous prie pas sans cause d'avoir patience
De Genève ce 10 de may 1563
A MOHSIEUR DE SOUBIZK.
Monsieur ,
D'aullant que les douleurs ou plustost les torraens d'une colicque désespérée ne me peuvent lascher, par quoy je vous prieray m'excuscr en ma brîefvcte.
. Puisque Dieu vous a desarme, de reculer et
Wtt APPENDlCB.
divertir je le trouve bon. Et surtout afin qu& tous aiei loisir d'essaier quelle voluutc auront DleaEÎeurs les Com-
les do secourir Et voila pourquoy je ne
vous osorois pes coDseiller de cooclure a faire guerre» je ne me suis niiculx inlorrac- Les moîens me sembleol du tout défaillir, o'estoit que Itir. le Comte de Beauvais attirât son compaigDoo a faire pluB que je n'espère at< tendu la nature de tous les deux! Cependaat je ne dicts pas que vous quicliez du premier coup la place pour noiu mettre en la gueulle des loups, mais do contrevenir directement au commaDdemcot du Roj, je ne voy point que Dieu le voua permette. Il reste donc d'aviser jusques on les escuses se peuvent estendrc tant du delav que vous ferez de poser les armes que du refus d'avoir Air. de Nevcrs pour gouverneur. Je considère lesinconventeas que vous alléguez mais je me liens pour toute rosponse au dire d'Abraham : Dieu y pourvoira, . . Genève 25 may 1563.
. LA REYNK Vf. H.V
Touchant la somme dont je vous ay faicl tenir propos voicy comme il en va. Le feu Roy vostre mary, estant pour lors de bonne affection cl se voyant en grande* perplexités demanda s'il pourroît eslrc secouru de quelques deniers. Je fis tant qu'on lui promît de ceste »ille
jusqucs a quarante mil francs. Devant qu'on les peult fournir il envoya a Sion monseigiieur de Malignes, aujourd'hui Vidamme de Chartres, auquel ordonna bailler 25 mil francs pour certains frais qu'il debvoit faire, dont jo luy en lis depescher dix mille a sa requeste. Quand c'est venu a paicr je ne scavois de quel cosle nie lourcer, car jamais je n'ai este homme de finances et je vous puis asseurer, madame, que de si peu que j'avois qui estoit quasi rien je m'estois épuise jusqucs a la monnoie doni il m« falloit acheter ma provision chacun jour, niais Dieu mercy en la lin la contribution se fist dont le feu Roy vostre mary n'estant point encore divcrty promect a Monsieur de Beze do satisfaire comme il vous pourra teslîHer . Par quoy ce que'j'en parle n'est point pour estre rembourse d'ung denier do ce que j'y ai niii du mien, mais pour m'acquilter envers les amys qai m'ont ayde en ce besoing et comme racheter mon honneur. madame, je ne vouidrois point importuner voslre majesté en façon que ce toit. Mais il me semble que pour le moins vous ne trouveriez point mauvais d'estre^ informée de la «erite du faict pour y pourvoir selon vostre humanité et que vous verrez estre raisonnable. Genève t juin 1543
K UON^IEUR DE CURSOL.
IHoDseigneur ,
Pour le second de ne poiot donner occasioD aux enneniy de verïle de lever les crestes, et faire leurs triomphes Pensez y bien il y aura des pouvres
gens navre en leur cœur, quand its tous verront Taire les montées avec une bande qui roarchc pour despiter Dieu. Quant au scandai vous voiez combien il sera grand et
s'cstendra si loing Il reste de voir si
pour cela vous debvez plustost quitter Testai que de ne point complaire a la Reyne. En quoy il nous faull tenir la reigle de Sainl-Paut de ne point faire mal afin qu'il en advienne du bien
Genove ce dernier jour de juillet 1563
Vosire 1res- humble serviteur.
' ( Imprimée en latin page Ï73. )
-si