Images de Dieu , de Jésus-Christ et des Saints
rejetées.
I, Et d'autant que Dîeu est un esprit el invisible , une essence immense et infinie, pour celte cause il n'y a aucun art, aucune image qui puisse le représenter. C'est pourquoi nous ne faisons pas difficullé d'appeler toutes les images de Dieu une cbose fausse, comme l'Ecrïlnre même en parle. ' Et pour cette raison nous rejetons également el les idoles des paycDs el les images des chrétiens.
', Act. XVII 29, Haiîiî. II. 18. Zachïr. X.
Car quoique Jésus-Christ notre Seigneur ail pris à soi notre naUrc humaine, cependant il ne l'a pas prise pour servir d'objet ou d'original aux sculpteurs cl aux pein- IroB. H a déclare expressément, a qu'il n'est pas venu pour abolir la loi ni les Prophètes. ' uOrla loi et les Prophcics condamuenl les images. ^ Dailleurs il a témoigné lui-même, que sa présence corporelle n'apporterait aucun profil à l'Eglise, mais qu'il serait toujours avec elle par son Esprit. Qui pourrait donc croireque l'ombre do son corps, ou son image filt de quelque milite à l'Eglise? Si le Seigneur habile en nous par son Esprit, noua somTmes les temples do Dieu. Or Saint- Paul dit : « Quelle convenance y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ?*»
El quant aux esprits bîenheureu.t el les saints qui sont dans le ciel, puisque quand ils ont été ici-bas sur la terre, ils ont refusé de recevoir aucun honneur ou culte religieux, et ont combattu toute sorte de service qu'on peut rendre aux images, qui pourrait croire que ces e^ priis, soit les Anges, soit les Saints qui sonl dans Isg ciel, eussent pour agréables les images qu'on leurfaitt et que les hommes se prosternent devant elles , se met- 1 leni à genoux, se découvrent la tèie, el les honorenk J encore en plusieurs autres manières.
* Mallh.v.(7.
■ Peul. IV. 93. Es». XL. 18-26.
* jMnXVl.7.
* aCor. VI. 16.
Des Images.
2. L'Ecriture, les Sucremens et la contemplation du inonde sont les vraies sources de l'instruction salutaire, et non pas les Images.
II. Dieu voulant que les hommes soient inslruils dans la vraie religion, élevés cl tournés vers Dieu ei vers ies choses divines, et géDéralement vers lout ce qui regarde leur salut, n'a [loinl ordooDC d'enseigner les laïques ou les simples par des images et des peintures, mais il a commandé de prêcher l'Evangile. Il a bien élabli les sacremens , mais il n'a jamais dressé ou élevé d'images, bailleurs de quelque côté que nous tournions les yeux, nous découvrons les créatures de Dieu, vivantes et véritables, qui se présentent perpétuellement & nous ; si donc nous les contemplons et les méditons avec application, comme il est raisonnable de le faire, et comme eussi nous y sommes obligés, elles peuvent faire sur nous des impressions beaucoup plus vives et plus fortes que toutes les images et les vaines peintures de tous les hommes, qui sont des choses mortes et muettes , n'ayant ni vie ni mouvement, ni aucune vertu. Comme aussi le prophète en a parlé en ces termes avec bien de la raison : n Elles ont des yeux , et ne voyent point, des oreilles et □'enleodeul point, une bouche et ne parlent point.' »