‹ Histoire de la réformation de la SuisseChapitre 79 sur 257 · Caractères etjruits de la vraie repentance · texte numérisé non relu

Caractères etjruits de la vraie repentance

m. Or celte pécheresse de l'Evangile, qui arrose de ses larmes les pieds du Seigneur, ' et Saint-Pierre qui pleure amèrement et déplore la lâcheté qu'il-a eue de re-

• STim. Il Si,

• Lut Vin. 38,

172 rONTESSIOM nïlVÉTIQl'E.

nier son maîire, ' font voir clairement par leur exempts quelle doit être la disposition d'un cœur repentant, qui déplore scrleusemeal les pcchcs qu'il a commis. D'un autre côté l'enfaDt prodigue et le publicain do la parabole, mis en opposition avec le pharisien, nous prêtent en termes très-propres la bonno manière de confesser nos pcchcs a Dieu. Le premier disait : n Mon père j'ai péché contre le ciel cl contre Ipi ; je ne suis plus digne d'êtrs appelé ton enfant; traite-moi comme un de tes ouvrient à gage. ° » Et le second n'osant pas lever les yeux ad ciel, et se frappant la poitrine, s'écriait : « 0 Dieu, a^es pitié de moi, qui suis pécheur. ^ d Et nous ne doutoof DulJenient que Dieu les ail reçus eu grâce. Car l'apùtrA Saint-Jean dit : « Si nous confessons nos péchés, il ert fidèle cl juste, ]>our nous les p.irdonner, et le sang de son fils nous nettoie de toute iniquité. Que si nous disons, que nous n'avons pas péché, nous le faisons nien* leur, et sa Parole n'est point en nous. * »

4. La confession auriculaire et l'absolution duprêtut.. rejetées.

IV, Noua croyons que cette confession ingénue, qui est faite a Dieu seul, soit en particulier entre Dieu etlf pécheur, soit en public dans le temple, où l'on lit la coa; fession générale des pcchcs, suffit pour en obtenir lé pardon, et qu'il nVsl pas nécessaire pour cela d'aller confesser ses péchés à un prêtre, en les lui disant touk bas à l'oreillCj pour entendre de sa bouche l'absolutioà

' Luc.XXn. 62.

' Ib ' Ib

CONFESSION HBLVSTIllUE.. J75

avec l'impositioD de ses maîns. Nous n'en vojoiie ni comnaadGDiCDt ni exemple dans l'Ëcriturc. David fait celle déclaration de sa conduite : « Je l'ai faii connaître noa pécbé, dit-il à Dieu, et je n'ai poinl caché moD iniquité. J'ai dit, je confesserai à Dieu ma dés obéissait ce , et lu m'as pardonné mon péché. ' » De même le Seigneur nous apprenant à prier, cl en même temps à confesser nos péchés, nous a dit : a Vous prierez âinïi : Moire Père qui es aux cîeux, etc. Fardonne-nous nos oHenses, comme aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offenses. " » Il esl donc nécessaire de confesser nos péchés à Dieu notre Père, et de nous réconcilier avec notre prochain, si noua l'avons offensé, en lui avouant noire lorl. C'est de celte dernicresorle de confession que parle l'apôlre Sainl-Jaques; « confessez, dit-il, vos péchés l'un à l'autre. ^ » Cependant sî quelqu'un se sentant accablé par le poids de ses péchés, ou livré à des lenlations dont il ne peut pas se tirer, veut demander quelque conseil ou instruction et consolation, en particulier, ou à on roiDistre de l'Eglise ou à quelque autre frère bien instruit dans la loi de Dieu, nous ne le désapprouvons point ; comme aussi nous approuvons trcs-fort celle confession générale des péchés, qui se fdil en public dans le lemple, et qu'on lit ordinairement dans les assemblées religieuses comme nous l'avons dil ci-dessus), nous l'approuTOas, dis-jc, comme conforme à l'Ecriture.

5, Des clés du royaume des deux, V. Quant aux clés du royaume de Dieu, que le

* Pa». XXXII. 5.

• MaUb. VI. it.

» Jaq-V.lC

Seigneur a données aux Apâtres et dont bien des gens nous comptent des choses étonnantes, ' et en fabriquent des cpées, des lances, des sceptres, et inèrae une pleine puissance sur les plus grands royaumes, enfin sur les âmes et même sur los corps; pour nous, jugeant tout simplement selon la Parole du Seigneur, nous disons que tous les ministres légitimement appelés ont et exercent les clés ou l'usage des clés, lorsqu'ils annoncent l'Evangile, c'est-à-dire, enseignent le peuple confié à leurs soins, l'exhortent, le consolent et le censurent, et le retiennent par la discipline. Car c'est ainsi qu'ils ouvrent le ciel à ceux qui obéissent, et qu'ils le ferment à ceux qui désobéissent. Ces clés, le Seigneur les a promises k ses Apôtres, Itlatlh. XVI. 19; et il a exéculé sa promesse, Jean XX. 23, Marc XVI. 15. 16, cl Luc XXIV. 47, lorsqu'il a envoyé ses disciples, avec ordre de pré* J cher l'Evangile à tout le monde, et de pardonner les p0^ cbés. Car l'apôtre dit dans sa deuxième Epîlre aux Co*" cintbiens , que le Seigneur a donné à ses ministres le « minislère de la réconciliation; » et il en explique d'abord la nature, en l'appelant a la parole ou la doctrine de la réconciliation, u Et expliquant encore plus clairement sa pensée, il ajoute que les ministres de Christ, sont n ambassadeurs pour Christ, comme ei Dieu exhortait lui-mcme les peuples par la bouche des n nislres, à se réconcilier avec Dieu, ' savoir par un iidèle obéissance. Ils exercent donc les clés lorsqu'il exhortent les hommes à la foi et à la repentance. C'e

Celi regarde lei papes qui en vertu des cléi ilu royaume à

X qu'ils préluiideùt avoir, en qualité de suecciseurs de Saial-']

ibuetit un pOQVoirmnsbornf sur toute la lerre. Cor. V, 18. 19. ao.

COMfESSlOH BEtVÉTJ*il.-E. 173

alDstqu'ils reconcilient les tiommca avec Dieu. C'esl ainsi qu'ils pardonnent les péchés. O'cst ainsi qu'iU ouvrent le royaume des cieux, cl qu'ils y inlrodtiiseot ceux qui croyenl. Bien éloignés de ces gens dont le Seigneur a dit dans l'Evangile : k lUalheur à vous docteurs de la loi, parce que vous avez ôté la clé de la sciçnce; vous n'y êtes point entrés vous-mêmes, et vous empêchez d'y entrer ceux qui veulent y entrer, ' » Ainsi les ministres donnent une absolution bonne et eflicace, lorsqu'ils prêchent l'Evangile de Jésus-Christ, et par cette doclrine le pardon des péchés qai est promis à chaque fidèle, tels que sont tous ceux qui sont baptisés, et qu'ils témoi- ' gaenl que celle promesse s'adresse à chacun d'eux en particulier. Nous ne croyons pas que l'absolution soit rendue plus eflîcace, parce que l'on dit tout bas quelque chose à l'oreille d'une personne ou sur sa lète. Kous estimons néanmoins qu'il faut soigneusement annoncer aux hommes le pardon des péchés par le sang de Jésus- Christ, et avertir chaque chrétien en particulier, que ce pardon des péchés lui appartient.

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