‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 1 sur 235 · LIVRE XXII · texte numérisé non relu

LIVRE XXII

Henri IV, nous l'avons déjàdit, s'était refait une armée, grâce aux iiabiles négociations de Turenne, mais l'arrivée tardive des Allemands l'obligea à employer ces nouveaux auxiliaires pendant l'hiver, qui s'annonçait d'une manière très-rigoureuse. Il décida le siège de Rouen, défendu par Yillars-Brancas, l'un des meilleurs généraux de la ligue. Les difficultés étaient immenses, la ville était bien fournie de munitions de guerre et de bouche , tout faisait présager un siège long et meurtrier. '

Des deux côtés les pertes furent grandes : assiégeants et assiégés se battirent avec une rare intrépidité , la moindre parcelle de terrain fut disputée avec acharnement; les troupes royales, qui avaient à lutter contre le froid, firent l'expérience de cet aphorisme de guerre de Coligny «que les sièges des grandes villes sont le cimetière des armées»; piusieurs des meilleurs capitaines du roi périrent dans Its assauts; les Rouennais n'eurent pas des pertes moins douloureuses à essuyer. La ville courait un danger imminent, si Mayenne, dans le sentiment de son impuissance, n'eût pas décidé Farnèse avenir à son secours. Le général de Philippe II se mit en marche le 16 janvier, amenant avec lui six mille chevaux et vingt-quatre mille fantassins. Il ne

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