I. DavUa, Uv. XII
se hâta pas plus que lorsqu'il vint délivrer Paris ; rien nô pouvait le décider aux hardiesses de la guerre, quand il n'en croyait pas l'heure venue.
La nouvelle de l'arrivée du duc de Parme obligea le roi de changer de tactique avec lui. II savait qu'il n'accepterait une bataille que s'il le jugeait utile à ses intérêts; — il laissa le commandement du siège au maréchal de Biron el se porta à la rencontre de Farnèse, dans l'intention d'intercepter ses convois, d'arrêter ou ralentir sa marche; il avait avec lui 500 cavaliers, l'élite de sa noblesse, qui brûlait du désir de se signaler par quelque action d'éclat et de laver l'affront que le général espagnol lui avait fait subir sous les remparts de Paris. Mais là où il aurait fallu une manœuvre savante, Henri IV n'apporta qu'une ardeur bouillante, le général s'évanouit dans le soldat. Emporté
ftar son désir de faire preuve de vaillance, et aussi par ceui de voir l'ordre de bataille des troupes ennemies , il se plaça à l'avant-garde avec deux cents cavaliers et fit êtourdiment le coup de pistolet avec celle de l'armée espagnole. Le lendemain il commit la même imprudence, mais cette fois le danger fut plus imminent: il se trouva en face de toute l'armée de Farnèse; comme la veille, il fit le coup de pistolet avec les soldats de l'avant-garde,
ftuis il battit en retraite, et se vit sur le point d'être enveoppé par la cavalerie ennemie; dans sa fuite, la mort moissonnait ses braves gentilshommes, les balles sifflaient autour de sa tête devenue un point de mire à cause de son grand panache blanc , l'une d'elles l'atteignit légèrement aux reins. Il était perdu si Farnèse n'eût pas fait des efforts inouis pour modérer l'ardeur de ses soldats , ardents à la poursuite du Béarnais comme une meute de chiens affamés après un cerf. Parme craignait un piège. Quand on lui reprocha une défiance qui lui coûtait la prise d'un prisonnier si important, il répondit: « Ce que j'ai fait je le ferais encore, je croyais avoir affaire à un général d'armée, comment supposer que ce n'était qu'un carabin?» Parole sanglante qui peint Farnèse et Henri IV, l'un calculant tout, l'autre ne calculant rien.
Deux événements affaiblirent successivement le roi. Une sortie meurtrière de Villars qui lui tua beaucoup de monde, et le découragement de ses gentilshommes, qui,