‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 150 sur 235 · Histoire de Saint-François de Sales, 1 1",^. 87- W · texte numérisé non relu

Histoire de Saint-François de Sales, 1 1",^. 87- W

leurs corps transformés en torches ardentes; il ne vit rien de ce qui se passait autour de lui et retourna en Savoie, avec la certitude que le pape était le vicaire de Jésus-Christ, et les protestants des hérétiques qui ravatçeaient la vigne du Seigneur. A peine arrivé, il déclara à ses parents son désir de se faire prêtre; ils y consentirent à regret.

Le jour où il échangea ses habits de gentilhomme contre une soutane, il éprouva une grande joie. On ne saurait exprimer, dit son biographe, l'allégresse d'esprit qui le saisit lorsqu'il se vit paré de la sainte livrée. «Voilà, disaitil en son cœur, une casaque qui m'avertit que je serai bientôt enrôlé à une milice, en laquelle on combat sous l'oriflamme de la croix pour remporter le prix de la gloire éternelle. Heureuse milice, certainement, puisqu'en icelle on consacre son courage, non à la vanité, mais à la vérité; non pour l'ambition , mais pour la dévotion ; non à des événements douteux, mais à des infaillibles lauriers glorieux: heureuse milice, encore un coup, vu que l'on y triomphe plutôt en souffrant qu'en frappant; plutôt en répandant son sang qu'en tirant celui des veines de l'adversaire; plutôt en mourant qu'en tuant. » '

Quelque vive que fut la piété du jeune gentilhomme , elle subit l'influence délétère du milieu dans lequel il vécut. S'il eût été le contemporain deFarel, il est probable que le protestantisme compterait un grand réformateur de plus. François de Sales eût certainement voulu savoir ce

a n'étaient ces premiers martyrs, doux, calmes et sereins evant la mort. Il l'eût su, et comme Othman, Bèze, Marlorat et tant d'autres, il eût quitté l'Église des oppresseurs pour celle des opprimés; mais quand il vint au monde, la séparation s'était accomplie; les protestants, moins chrétiens que politiques , avaient exercé à l'égard des catholiques la loi du talion; ils avaient incendié les églises et les monastères, déchiré les images, mutilé les statues, jeté au ruisseau des rues les reliques, livré à leurs risées les vêtements sacerdotaux. Ces souvenirs étaient vivants dans le cœur des catholiques qui aimaient à oublier qu'ils avaient été les agresseurs.

Il eût été difficile que le jeune François de Sales ne

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