‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 169 sur 235 · LIVRE XXVÏI · texte numérisé non relu

LIVRE XXVÏI

A la fin de l'année 1600, Marseille présentait un aspect inaccoutumé: une foule immense attendait sur les quais, avec l'impatience particulière aux habitants du Midi, la flottille qui amenait en France la reine Marie de Médicis, fille de feu François, grand-duc de Toscane. A la sortie de son navire qui, par la beauté de ses décorations, rappelait celui de Cléopâtre, la princesse italienne fut complimentée par les seigneurs et les dames de la cour que le roi avait envoyés à Marseille pour la recevoir. Ils lui formèrent un brillant cortège qui l'accompagna jusqu'à l'appartement somptueux que la ville lui avait préparé.

La reine séjourna à Marseille jusqu'au 16 novembre. Henri IV, pendant tout ce temps, traita magnifiquement les personnes de sa suite.'

Marie de Médicis quitta Marseille et se dirigea vers Avignon où on lui fit une réception fastueuse. Les jésuites parurent oublier dans cette circonstance l'arrêt qui les avait bannis du royaume; ils se firent les ordonnateurs des fêtes qui attirèrent dans la ville un concours de visiteurs aussi nombreux qu'à l'époque de la célèbre procession des Battus où Henri III et sa cour assistèrent.

Les révérends pères avaient tiré du nombre sept des effets merveilleux; on l'avait observé partout: dans les présentations, dans les repas, dans les bals, dans les arcs de triomphe; il ne pouvait être que d'un très-bon augure pour la reine. En effet, la ville qui la recevait avec tant de magnificence avait sept portes, sept églises, sept paroisses, sept hospices, sept couvents de filles, sept collèges; le roi, son époux, avait sept fois sept ans, il était le neuf fois septième roi depuis Pharamond; il avait gagné la bataille d'Arqués

1. De Thou indique le chiffre de 7000 tant Français qu'étrangers, liv. CXXV, p. 407.

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