‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 171 sur 235 · L'Estelle, année IGOO · texte numérisé non relu

L'Estelle, année IGOO

quel que fut le bon vouloir des échevins, les fêtes ne furent pas aussi sp'ù.idides que celles qui s'étaient faites sous l'influence du nombre o^pt.

Pendant que la reine faisait son entrée triomphale en

France , Henri IV était occupé à terminer la guerre qu'il i

soutenait contre le duc de Savoie. Les Genevois, témoins \ i , des combats qui se livraient à quelques heures de leurs

frontières, étaient inquiets du séjour que certains seigneurs (

catholiques faisaient dans leur ville; leurs noms leur rap- [ t

pelaient les persécutions sanglantes de leurs frères de i s

France. Un jour ils virent arriver Rosny avec une escorte I (

de cent chevaux; sa présence les rassura: «Messieurs, i

leur dit-il, tenez vos cœurs en repos; le roi a trop bonne i

volonté pour vous et a trop autorité parmi les siens pour il

croire que personne osât rien entreprendre à votre pré- (

judice; toutefois, pour vous ôter tout doute, je ne partirai *

pas d'ici que tous ces gens ne soient dehors.»' |f

Le lendemain une députation, en tète de laquelle se trou- ; |t

vait Théodore de Bèze, alla trouver le roi. Rosny la présenta fi

au monarque qui lui fit un accueil bienveillant et gracieux. f

«Sire, lui dit de Bèze d'une voix émue, nulle éloquence l

de paroles humaines n'étant capable d'e.xalter vos louanges p

jusqu'au sommet du mérite de vos œuvres admirables, et it

mon style étant trop bas et ma voix trop faible pour l'émi- )i

nence et magnificence des vertus de Votre Majesté, que »

l'univers publiera sans cesser, tout ainsi qu'elle ne cesse i l'i

jamais de produire des actions dignes de gloire et de l-

louange, je laisserai aux saints anges la célébration des n

éloges qui lui sont dus pour avoir tiré les Églises du > f

Seigneur d'oppression, et avoir acquis aux enfants de Dieu 1 1 une ample liberté pour le servir selon ses divins préceptes, et pour l'invoquer uniquement en trinité de personnes; et partant me contenterai ès choses humaines de dire comme Siméon ès divines :

1. C'étaient Messieurs d'Épernon, Guise, de Biron", d'Elbœuf et de la Guiche.

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