LIVRE XXVII
Or laisse Créateur En pais ton serviteur.
Puisque mes yeux ont eu Le crédit d'avoir vu Avant que de mourir
Le Sauveur Et le libérateur.
de nous vos très-humbles serviteurs, des fidèles en général , voire de toute la France. »
Le roi écouta de Bèze avec une bonté respectueuse. «Mon père , lui répondit-il, ce peu de paroles, grandement signifiantes, étant dignes de la réputation que M. de Bèze s'est acquise au bien dire, je les reçois avec le gré, la grâce et les tendres ressentiments qu'elles méritent, et vous dirai qu'ayant les rois , mes devanciers , toujours tenu votre ville en leur protection, je suis non-seulement résolu de les imiter en cela, et toutes autres choses dignes de la gloire d'un roi de France; mais aussi d'ajouter en sa faveur tous autres effets dignes de cordiales affections, que [ je sais que vous avez toujours tous eues pour moi. En quoi je veux que celui que je tiens par la main, qui vous a présenté et qui vous aime tous, serve de solliciteur, et que vous parliez à lui des choses que vous désirerez de moi , lesquelles seront bien difficiles , si vous ne les obtenez pas. Je sais déjà bien, lui dit-il tout bas à l'oreille, ce que vous désirez le plus de moi (car vous lui en aviez déjà parlé) c'est la démolition du fort Sainte-Catherine qui TOUS tient en échec. Force gens me veulent persuader de l'en rien faire, et vois bien que c'est par malice; aussi n'y li-je nul égard. Je vous aime et veux faire pour vous, s'il ta quelque chose qui vous accommode, en ce que j'y conjuêterai près de votre ville; et dès à présent je vous donne na foi et ma parole, que qui en parle le fort Sainte-Calierine sera démoli; et voici un homme (vous tenant par î main) en qui vous vous fiez bien, et avez raison, à qui î le commande dès à présent, et le ferai plus expressélent 'jiiand il sera temps. » * De Bèze remercia le roi avec une grande effusion de œur; des larmes de reconnaissance coulaient des yeux u vieillard qui prit congé du roi et alla rapporter à ses