‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 175 sur 235 · LIVRE XXVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXVII

avaient les yeux sur les commissaires chargés de l'exécution de l'édit dans les provinces. Leur assemblée de Saumur se faisait rendre, jour par jour, compte de la manière dont ils remplissaient leur mandat; elle craignait que les choses se tissent trop vite et trop légèrement; elle se plaignait surtout de ce qu'on n'avait pas fait jurer à tous les officiers publics obéissance à l'édit. Craignant qu'une négligence sur un point si capital ne nuisît considérablement à ses intérêts, elle voulut se transporter à Loudun; le roi ne le lui permit pas, et lui ordonna de se séparer, quoique un synode national, qui se tenait à Gergeau', eût ajouté ses instances aux siennes; devant la volonté royale, les députés durent céder.

Les assemblées politiques des réformés déplaisaient au roi ; il craignait qu'elles ne fussent pour quelques seigneurs protestants un moyen d'exercer une trop grande influence sur leurs coreligionnaires; mais ces derniers les regardaient comme indispensables à leurs intérêts, parce que dans leurs synodes provinciaux et nationaux ils ne pouvaient s'occuper que d'a.Taires de dogme ou de discipline ecclésiastique. Il y avait donc antagonisme entre eux et le roi qui autorisa cependant la tenue d'une assemblée à Sainte-Foy.

Cette assemblée se réunit dans cette dernière viilc le 16 octobre 1601. Les députés étaient au nombre de trentecinq : deux pour le Berry et l'Orléanais ; trois pour La Rochelle; deux pour la Provence; deux pour la Normandie; trois pour le haut Languedoc et la haute Guyenne; trois pour la Bretagne; deux pour l'Anjou et la Touraine; trois pour la Saintonge; deux pour le IJauphiné et un pour le Vivarais.

L'assemblée dressa des cahiers dans lesquels elle demandait le rétablissement de l'édit tel qu'il avait été accordé à Nantes, signala l'inexactitude des commissaires et l'op-

fiosition que son e.xécution rencontrait chez quelques parements; elle nomma deux députés: Saint -Germain et Desbordes-Mercier, et les chargea «de poursuivre conjointement, au nom de toutes les églises, tout ce qui concernait le bien général et particulier de chaque pro-

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