Ce synode se tint du 9 au 21 mai 160S
vince, de présenter les cahiers dressés en la compagnie;? d'en solliciter la réponse et de se gouverner en tout, suivant le règlement adopté par l'assemblée et les instructions qui leur seraient baillées.»
Elle dressa ensuite les instructions des députés généraux, s'occupa du rétablissement des conseils provinciaux, arrêta les bases de leur organisation et rédigea les cahiers que Saint-Germain et Desbordes-Mercier devaient présenter au roi. Ces cahiers étaient au nombre de trois : par le premier, elle demanda le rétablissement de l'édil de INanles dans sa première forme et teneur; dans le second, elle traita des points concernant les articles secrets de l'édit dont le roi s'était réservé la connaissance ; dans le troisième, elle exposa les plaintes des protestants touchant l'inexécution de l'édit et les modifications qu'on lui faisait subir.'
L'assemblée se sépara après avoir pourvu avec un remarquable dévouement à to\is les besoins de la cause; ses deux représentants se rendirent à Paris où ils furent accueillis gracieusement par le roi , qui reçut leurs cahiers et leur ht des réponses favorables , mais refusa de rendre l'édit à sa première forme, attendu que les changements qui y avaient été apportés ne détruisaient pas sa nature et avaient facilité sa vérification.
Le règne des trois derniers Valois avait rendu la France semblable à une mer qui, battue par la plus violente des tempêtes, est encore agitée quand le vent qui l'a soulevée est tombé. Henri IV avait soumis les partis sans les fondre , Les huguenots étaient toujours sur un pied de défiance ; les ligueurs étaient des sujets peu sûrs; les seigneurs royalistes enfin, h la tête desquels étaient le maréchal de Biron, se plaignaient que le roi eût soldé plus largement la soumission de Mayenne que leur fidélité; ils ne cachaient pas leur mécontentement, Biron surtout. Ses plaintes étaient toujours en rapport avec son état de gène qui n'avait d'autre cause que sa prodigalité, à laquelle la liste civile d'un roi eût à peine suffi.
1. Anquez, Histoire des assemblées politiques des réformés de France, p. 210.