‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 191 sur 235 · LIVRE XXVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXVII

celte dernière raison, ou plutôt inconvénient, je n'aurais rien à répliquer; car plutôt que de vous laisser vivre dans les tourments dételles appréhensions et inquiétudes, je consentirais, non-seulement, le rétablissement des jésuites, mais aussi celui de quelqu'autre secte que ce pût être; par quoi, sans en discourir davantage, puisque je vois de telles opinions rouler dans l'esprit de Votre Majesté , je me resous de devenir même le solliciteur du rétablissement des jésuites, autant ou plus que ne le saurait être La Varenne, comme j'espère que, dès le premier conseil qui se tiendra sur ce sujet, Votre Majesté en aura des preuves.»

«Je ne vous nierai point, dit lors le roi, que ce ne me soit un plaisir fort singulier de vous voir en cette disposition ; et afin de vous y confirmer et fortifier, je vous veux dès nriaintenant, assurer contre deux de vos appréhensions où vous avez intérêt, en vous donnant ma foi et ma parole (lesquelles, vous savez bien, que j'aimerais mieux mourir que de les violer, les estimant parties esserttielles de la royauté, et sans lesquelles, par conséquent, tout roi est indigne d'être roi) que jamais jésuite, ni autre, non pas même le pape, n'auront le pouvoir de me jeter à la guerre contre ceux de la religion, si vous-même n'en étiez le solliciteur, ni d'éloigner, ni défavoriser aucuns de ceux de celte profession à cause d'icelle; desquels je me trouve tellement et loyalement servi, et surtout de vous, de qui je dirais volontiers ce que vous me disiez l'autre jour, que disait Darius de son Zopire, et veux même obliger tous ceux de cette société à vous aimer et révérer comme vous le connaîtrez avant peu Je jours.»*

Les jésuites triomphaien!. L'enregistrement par le parlement des lettres-patentes de leur rappel n'était plus qu'une affaire de pure forme. Le roi savait qu'il rencontrerait de la résistance chez les conseillers ; mais il savait aussi qu'elle s évanouirait devant sa volonté. Il se sentait maître el savait dire: a Je suis roi"» en accentuant forte-

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