‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 201 sur 235 · L'Estoile, année · texte numérisé non relu

L'Estoile, année

î. Édouard Fournier, Variétés historiques et littérsdre», t H, sax notes.

300 HISTOUIE UK LA RÉFOUMATIO.N FRANÇAISE.

iSur quoi , Sa Majesté le roi s'écria: «Ventre saint gris! mon cher Grammoiit, te voilà bien payé! Et cette apostrophe piqua , dit-on , tellement ce dernier, qu'il quitta brusquement la cour et n'y retourna jamais.»'

La chanson se chanta longtemps, et longtemps encore on dit en parlant des huguenots : Ils sont de la vache à • Colas. Ceux-ci quand ils le pouvaient, rendaient la pa- -reille aux catholiques, ne laissant échapper aucune occasion de les mortifier; c'est ainsi que dans les églises du midi de la France, les membres des consistoires avaient la coutume de suspendre dans la salle de leurs séances ou dans la sacristie , les ornements sacerdotaux des prêtres qui embrassaient la réforme. C'étaient des trophées qu'ils montraient avec orgueil. Le clergé romain s'en ofl'ensait et portait ses plaintes jusqu'au roi, qui s'impatientait de ces mesquines tracasseries dans lesquelles les deux partis manquaient également de charité et de support.'

Ces soutanes de prêtres suspendues à la voûte de la •salle des séances des consistoires et des sacristies avaient cependant une haute signification qui n'échappa pas à Fœil vigilant du clergé. Elles étaient les fruits de l'édit de Nantes qui permettait à tout Français sans exception de quitter sa religion, sans courir le danger d'être inquiété dans ses biens et dans sa vie. Les prêtres qui étaient fatigués de la tyrannie épiscopale ou qui étaient éclairés sur les erreurs de leur église, embrassaient la réforme. L'exemple pouvait devenir contagieux. Le clergé obtint par ses importunités un édit qui ouvrit la série de ces restrictions qui devaient annuler de fait celui de Nantes avant le trop célèbre jour de sa révocation ofTicielle. L'un de ces articles portait que comme les ecclésiastiques romains ne pourraient se ranger au parti des réformés que pour éviter les punitions canoniques de leurs crimes et de leurs dérèglements, on devait leur faire leur procès avant qu'ils pussent faire profession de la religion réformée. D'autres articles portaient que les protestants ne pourraient avoir leurs sépultures dans les églises,

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