‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 226 sur 235 · Brigandine, sorte de cotte de maille · texte numérisé non relu

Brigandine, sorte de cotte de maille

NOTES

tous couverts avec leurs capuchons et habits agrafés, armés à

l'antique calholiquc : entre autres y avait six capucins, ayant chacun un morion en tête et au-dessus une plume de coq, revêtus de cottes de mailles, l'épée ceinte au coté par dessus leurs habits, l'un portant une lance , l'autre une croix, l'un unépieu, l'autre une arqiicliuse et l'autre une arbalette, le tout rouillé, par humilité catholique; les autres presque tous avaient des piques, qu'ils branlaient souvent faute de meilleur passe-temps, hormis un feuillant boiteux', qui, armé tout à crud, se faisait faire place avec une épée à deux mains et une hache d'armes à la ceinture, sou bréviaire pendu par derrière, et le faisait bon voir sur un pied faisant le mouhnet devant les dames -. A la queue y avait trois minimes, tous d'une parure : savoir est, ayant sur leurs habits chacun un plastron à courroies, et le derrière découvert, la salade en tête, l'épée et pistolet à la ceinture, et chacun une arquebuse à croq sans fourchette. Derrière était le prieur des jacobins' en fort bon point, traînant une hallebarde de gauchère, et armé à la légère en morte-paie. Je n'y vis ni chartreux ni célestins qui s'étaient excusés sur le commerce; mais tout cela marchait eu moult et belle ordonnance catholique romaine et semblaient les anciens Cranequiniers'' de France. Ils voulurent en passant faire une salve, ou escopeterie; mais le légat leur défendit de peur qu'il ne lui malavint ou à quelqu'un des siens comme au cardinal Cajctan'. Après ces beaux pères marchaient les quatre mendiants qui avaient multipliés en plusieurs ordres, tant ecclésiastiques que séculiers, puis les paroisses; puis les seize, quatre à quatre, depuis réduits à douze' et habillés de même , comme on les joue à la féte des torches en plein jour. Après eux marchaient les prévôts des marchands et échevins , bigarrés de diverses couleurs', puis la cour de parlement telle quelle, les gardes italiennes, espagnoles et vallonnés de Monsieur le Lieutenant; puis les gentilshommes, de frais gravés par la Sainte -Union, et après eux quelques vétérinaires» de la confrérie de Saint-Éloy. Suivait après. Monsieur, tout doucement, le cardinal de Pellevé, tout bassement; et après eux Monsieur le légat, vrai miroir de parfaite beauté S et devant lui mar-

1. Bernard do MontgaîUard , dit le petit Feuillant , qui se relira depuis en Flandre , où i! a vécu longtemps ; il eut l'abbaye d'Orval , dans le comté de Cbini , h deux lieuel de Montniédy. Voyez les remarques sur la satire Méuipée, in-8°, p. 53 et suiv.

2. Ce fait, transporté iei , était arrivé au siège de Paris en lo90.

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