‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 49 sur 235 · Parure des FarisieaaeB · texte numérisé non relu

Parure des FarisieaaeB

72 HISTOinc DE LA RÉFORMATION FRANÇAISE.

OÙ sont les collèges? où sont les écoliers? où sont les leçons publiques, où l'on accourait de toutes les parties du inonde? où sont les religieux étudiants aux couvents? ils ont pris les armes, les voilà tous soldats débauchés. Où sont nos châsses, où sont nos précieuses reliques? Où est la majesté et la gravité du parlement, jadis tuteur des rois et médiateur entre le peuple et le prince , etc. »

L'orateur, abordant la question du jour, continue et dit: dEnfin nous voulons un roi pour avoir la paix ; mais nous ne voulons pas faire comme les grenouilles qui, s'ennuyant de leur roi paisible, élurent la cigogne qui les dévora toutes. Nous demandons un roi et cheï naturel et non artificiel, un roi déjà fait, non à faire, et n'en voulons prendre conseil des Espagnols, nos ennemis invétérés... Le roi que nous demandons est déjà fait par la nature, né au vrai parterre des fleurs de lys de France , rejeton droit et verdoyant de la tige de Saint-Louis. Ceux qui prêchent d'en faire un autre se trompent et ne sauraient en venir à bout; on peut faire des sceptres et des couronnes, mais non pas des rois pour les porter ; on peut faire une maison, mais non pas un arbre ou un rameau vert; il faut que la nature produise, par espace de temps, du suc et de la moelle de la terre, qui entretient la tige en sa séve et vigueur. On peut faire une jambe de bois , un bras de fer, un nez d'argent, mais non pas une tête. Aussi pouvonsnous faire des maréchaux à la douzaine, des pairs, des amiraux et des secrétaires et conseillers d'Etat; mais de roi point, il faut que celui seul naisse de lui-môme, pour avoir vie et valeur. »

Enfin l'auteur de cette partie si remarquable du pamphlet essaya, dans l'excès de son royalisme, une justification de la vie licencieuse de Henri IV. «Il faut concéder aux princes, dit-il, quelques relâches et récréations d'esprit , après qu'ils ont travaillé aux affaires sérieuses qui importent à notre repos, et après qu'ils se sont lassés aux grandes actions des sièges et batailles. Les rois, pour être rois, ne laissent pas d'être hommes, sujets aux mêmes

fiassions que leurs sujets; mais il faut confesser que ceui-ci en a moins de vicieuses qu'aucun de ceux qui ont passé devant lui ; et s'il a quelque inclination à aimer les choses belles, il n'aime que les parfaites et les e-xcellcntes,

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