‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 7 sur 235 · De Thon, liv. CV. — Daviiî, liv. X!H · texte numérisé non relu

De Thon, liv. CV. — Daviiî, liv. X!H

i4 HISTOmE DE LA RÉFORMATION FRANÇAISE.

de faire prêter aux États le serment de ne jamais traiter avec le Béarnais , quand même il se ferait catholique. Cajetan, fin diplomate, dévoué à l'Espagne, pressentait la future abjuration de Henri IV, et voyait dans cet acte le coup fatal qui devait dissoudre la ligue et anéantir les projets du roi catholique. Quelques députés entrevirent le piège, et repoussèrent avec énergie la proposition: «faire ce serment, dit adroitement d'Espinac , serait agir contre les droits du souverain pontife.» Le légat n'osa pas insister. Le Béarnais qui croyait que l'assemblée ne se séparerait

fias sans nommer un chef à la France, saisit habilement 'occasion de développer les germes de division que son regard pénétrant y apercevait; en effet, elle était composée de ligueurs ardents qui ne voulaient à aucun prix de lui , abjurât-il; de ligueurs modérés qui, tout en croyant peu à la sincérité d'une conversion, y voyaient cependant la fin des maux sans cesse renaissants du royaume ; de royalistes qui attendaient, avec impatience, cette abjuration, pour dissoudre la Sainte-Union. L'appui donc de ces derniers et des ligueurs modérés , qui formaient la majorité de l'assemblée , était acquis au roi s'il se convertissait. Celui-ci disposé déjà à abjurer, mais à ne le faire qu'au moment opportun, envoya le 28 janvier, un trompette qui se présenta aux portes de Paris , et demanda à parler au gouverneur. Conformément à ses instructions, il annonça hautement qu'il était porteur d'une proposition des seigneurs royalistes attachés au parti du roi , adressée aux Etats-généraux. Les paroles du messager piquèrent vivement la curiosité des masses qui ne cachaient pas leur désir ardent devoir arriver le moment qui mettrait un terme à leurs longues souffrances. Les Seize qui virent dans le trompette un nouveau Sinon, introduisant dans la ville un nouveau cheval de bois, eussent bien voulu l'empêcher d'accomplir son message; ils ne le purent. La lettre des seigneurs royalistes fut lue, elle demandait des conférences avec les députés des États, «afin de chercher les moyens d'apporter de prompts remèdes aux maux qui travaillaient le royaume et l'église. » '

1. Mémoires de la ligue, t. V. — Davila, liy. XIII. — De Thou, liv. GV.

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