‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 6 sur 235 · LIVRE XXII · texte numérisé non relu

LIVRE XXII

l'Espagne et Henri IV'. Délivré de son rival, il concentra toute son attention sur les États qui allaient se réunir. C'est plus de ce côté que de son épée qu'il attendait la récompense de son dévouement h la cause de la ligue.

A mesure que les députés arrivaient à Paris la capitale devenait un foyer d'intrigues, un vrai champ de foire ouvert à toutes les ambitions. Tous les yeux étaient tournés vers celte assemblée qui devait pourvoir à la vacance du trône; les concurrents à la royauté foisonnaient, on en comptait huit au moins, trois Guise, le marquis de Pont, deux princes de Savoie , plus ceux des Bourbons qui n'étaient pas protestants. Chacun recommandait son candidat et faisait valoir ses droits. La majorité des prédicateurs se prononçait en faveur de l'Espagne.

Le 17 janvier, avant l'ouverture des États, les députés allèrent en procession à Notre-Dame pour implorer le secours de l'Esprit saint sur l'assemblée.

Le cortège offrait un spectacle curieux ; on y voyait tous les prédicateurs de Paris... les religieux de tous les ordres... le légat du pape... les Seize... chacun avec son costume officiel... Cette procession serait aujourd'hui oubliée, si un célèbre pamphlet dont nous parlerons plus tard ne l'avait pas immortalisée par le ridicule. "

L'ouverture des États eut lieu le 26 janvier 1593 , dans la grande salle du Louvre. Le duc de Mayenne , assis au poste d'honneur, ouvrit la séance par un discours, dans lequel, sans se désigner par son noir; , il se présentait, clairement, au suffrage des députés, pour occuper le trône vacant. Le cardinal Pellevé prit la parole, parla en pédant, et eut le tort impardonnable, dans une ass.nnblée française, d'ennuyer ses collègues'. — Les deux orateurs qui lui succédèrent, s'exprimèrent avec plus de convenance. Le lendemain de la séance, le légat du pape, d'accord avec l'ambassadeur do Philippe II, appela à aiie conférence Mayenne et les principaux députés , et leur proposa insidieusement

Page 1