Élie Benoit, t. I", liv. IV, p. J
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sorts de sa diplomatie pour obtenir son absolution; ce fut pendant ces délicates et épineuses négociations qu'il crut être agréable au Saint-Siège, en faisant tous ses efforts pour retirer des mains des protestants le jeune prince de Condé, qu'ils gardaient comme un otage, avec l'arriêre-pensée de s'en faire un protecteur, si on continuait à les molester; leurs craintes n'étaient pas sans fondement: la vérification del'édit, qui devait améliorer leur position, n'avait fait que l'empirer; de là, leur refus de rendre le jeune prince. Henri IV, sans attendre que le pape lui en eût imposé l'obligation, déploya son habileté accoutumée pour les y contraindre, sans en venir à des voies de fait, auxquelles il répugnait; il lit courir le bruit que les réformés ne rendraient jamais le jeune prince : c'était les signaler comme des rebelles et des factieux; il fitajouter que leur conduite préjudiciait à ses intérêts. C'était jeter la zizanie au milieu de leurs rang^ , à cause de ceux de leurs coreligionnaires qui lui étaient attachés; il fit enfin insinuer, que ce qu'on ne voulait pas lui donner volontairement , il saurait le prendre par la force ; c'était le moyen d'effrayer les timides, qui soupiraient après le repos et tremblaient au moindre bruit de guerre.
Le jeune prince', objet de ces négociations , était le fils aîné de Henri de Bourbon, prince de Condé, mort à Jarnac. Ce prince qui avait plus de courage que de talents militaires, et plus d'ambition que de valeur personnelle, était plus aimé des protestants que le roi de Navarre. Après avoir abjuré le lendemain du 24 août 1572, il était rentré dans l'Église réformée, à laquelle il était attaché moins par politique que par conviction. Depuis ce jour il n'avait pas, comme Henri de Béarn, éveillé les soupçons de ses coreligionnaires par des réticences et des hésitations; aussi les protestants le préféraient à son cousin , malgré la supériorité que ce dernier avait sur lui. Rien ne faisait prévoir la mort de ce prince, quand, tout à coup, il mourut à Saint-Jeand'Angély, le 5 mars 1588, à la fleur de son âge. On crut à un empoisonnement. L'autopsie confirma les soupçons qui se portèrent sur Brossant, l'un de ses domestiques, et sur son page: le premier fut exécuté; le second, qui parvint à