Histoire de l'édit de Nantes, liv. VI, p. 2Ô
2. Il était pasteur. — Voir une Kofice de ce fidèle serviteur de Dieu dans Ja I rauce protestante , article Charnier.
m HISTOIRE DE LA RÉFORMATION FRANÇAISE.
au pouvoir que cher aux églises". «On ne vit jamais, dit Bayle, un homme plus raide, plus inflexible, plus intraitable, par rapport aux artifices que la cour mettait en usage pour affaiblir les protestants. » '
Trois affaires de la plus haute importance préoccupaient alors le roi et donnaient de vives inquiétudes aux protestants. La première concernait la dissolution de son mariage avec Marguerite de Valois. Nous avons déjà dit la funeste influence qu'eut sur sa vie son union avec cette princesse. Le jour où il se sépara d'elle, sa vie commença à n'être qu'une longue série de scandales; nous ne voulons être ni le Brantôme, ni le Pierre de l'Estoile de son règne; nous ne dirons de sa vie intime que ce que nous ne pouvons en omettre pour être fidèle à notre tâche d'historien.
A l'époque où nous sommes arrivé, Gabrielle d'Eslrées, sa maîtresse, était morte d'une manière, dit Elle Benoît, qui pouvait faire soupçonner que Rosny et quelques autres savaient bien qu'elle devait mourir ^ Sa fin fut lamentable. Au moment où elle attendait de Rome la dispense qui devait la faire reine de France , la mort la coucha subitement dans un cercueil. Le roi, selon l'usage , s'était retiré à Fontainebleau pour s'y recueillir pendant la quinzaine de Pâques; Gabrielle, qui l'y avait suivi, le quitta, afin que sa présence ne nuisît pas au bon exemple qu'il voulait donner à son peuple, en pratiquant ses devoirs religieux; leurs adieux furent pleins de douloureux pressentiments. Elle arriva à Paris le jeudi saint et alla loger chez le banquier Zamet,^qui s'était enrichi dans le maniement des deniers de l'État. L'opulent financier italien la reçut d'une manière fastueuse et lui servit un repas, dans lequel il lui présenta les mets qu'elle préférait. Après le dîner elle se sentit incommodée ; elle alla néanmoins entendre les ténèbres au petit Saint-Antoine. A son retour elle éprouva de violentes douleurs; d'affreux pressentiments traversèrent son esprit. « Qu'on me retire de cette