‹ Histoire de la réformation française (volume 3)Chapitre 100 sur 263 · LIVRE XLVII · texte numérisé non relu

LIVRE XLVII

peuple, de Babylone et ne participez pas à ses iniquités. » — «Maintenant que Saurin est mort, se dit Court, il ne pourra plus empêcher les pasteurs exilés de venir évangéliser leurs pauvres frères de France, et dans l'appel que je leur adresserai, je serai plus heureux que je ne l'ai été;» il en fit de nouveaux, plus pressants encore que les premiers: ils furent vains; indigné de leur lâcheté, il disait avec dédain : «Ils n'ont pas de vocation pour le martyre!»

Abandonné de ceux qui auraient dû venir partager les périls de son noble apostolat, Court sentit de plus en plus la nécessité de mener à bonne fin son projet de fonder un séminaire pour y former des pasteurs. Ce projet, n'était pas nouveau ; depuis plus de dix ans sa réalisation lui paraissajt une impérieuse nécessité; il était devenu son idée fixe. Écoutons-le lui-même:

((Une chose essentielle manquait, c'étaient des prédicateurs; un seul de tous ceux qui existaient alors pouvait me seconder, et il le fit efficacement; il s'appelait Corteis. Il ne s'était point trouvé à la première assemblée synodale que j'avais convoquée, parce qu'il était alors auprès de sa femme dans les pays étrangers. A son retour, il n'approuva pas seulement ce que j'avais fait , il entra aussi dans toutes les vues que je me proposais pour l'avenir, et il fit tout ce qui était en son pouvoir pour les faire réussir. Tous les autres prédicateurs étaient des gens d'un certain âge et peu capables. Celui de tous qui pouvait nous donner quelque espérance , nous fut enlevé en 1717, et il souffrit le martyre, à Alais, en janvier 1 7 d 8 . 1

((C'est alors que mes vuesv se tournèrent de tous côtés, pour déterrer des jeunes gens qui voulussent se prêter aux vues que je proposais. J'en tirai de la charrue , des boutiques des artisans, de celles des marchands et de derrière les bancs des procureurs. Il y en avait qui ne savaient pas même lire , et à qui je servis tout ensemble de maître d'école et de catéchiste pour les instruire dans la religion. En leur apprenant celle-ci, je les formais en même temps à la prédication. Plusieurs, dans la suite, furent faits ministres et servirent utilement les Églises.

(( Mais le nombre était peu considérable , et la moisson

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