‹ Histoire de la réformation française (volume 3)Chapitre 211 sur 263 · LIVRE LUI · texte numérisé non relu

LIVRE LUI

Une victoire et une tombe ! ainsi s'annonce pour Genève le dix-septième siècle, et l'une et l'autre impriment à la vieille cité du Léman un cachet de force et de grandeur. La journée de l'Escalade décide de son indépendance; la mort de Théodore de Bèze augmente la foi dans les cœurs , et aussi longtemps que les principes de Calvin ne subiront aucune altération, qu'aucune concession ne sera faite à l'esprit du temps, la petite république coulera des jours prospères.

Charles-Emmanuel Ier était humilié de sa défaite; il essaya de tous les moyens pour prendre sa revanche : traîtres , missionnaires, pamphlétaires, il fit arme de tout, mais ses ruses furent déjouées, et il n'osait agir ouvertement; Henri IV lui avait écrit que si Genève était assiégée, il emploierait toute sa puissance pour la garantir. Aussi l'assassinat de leur protecteur pjongea-t-il les Genevois dans le deuil; la régente, Marie de Médicis, ne les abandonna point; elle envoya à leur secours des troupes sous Lesdiguières; les Églises de France se cotisèrent et de nombreux volontaires accoururent pour défendre la ville de Calvin. Charles-Emmanuel fut obligé de confirmer en 161 1 le traité de Saint-Julien. Il ne se lassa point cependant de menacer Genève, et le pape lui-même intervint pour obtenir l'assentiment de Louis XIII à une entreprise contre la ville hérétique, ce fut inutile; Charles-Emmanuel mourut en 1630, tué, comme il le disait lui-même à son médecin, «par le plomb mortel de ce traité qui m'a ravalé presque à l'égalité avec les rebelles de Genève.»1,

Victor-Amédée Ier recommença la croisade contre Ge-

1. Botta, Histoire d'Italie. (Gaberel, Hist. de l'Église de Genève, t. II, p. 536.)

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