Ch. Coquerel, t. Ier, p
ce que tout dans l'église se passât «en ordre et bienséance», ils ne seraient pas visités des pasteurs ni avertis pour aller aux assemblées1. «Quelle punition, s'écrie un historien, pour une infraction à la discipline que de n'être point averti d'aller à des assemblées, qui, si elles étaient surprises, attireraient sur le ministre la peine du gibet et les galères perpétuelles pour les assistants!»3
Tout, même la peste, servait Court dans son œuvre régénératrice. A la vue des ravages qu'elle faisait, le zèle religieux se réveilla, les assemblées furent plus fréquentes et plus nombreuses. Les riches, plus effrayés que les pauvres, déployaient une extrême ferveur; la prédication portait d'heureux fruits, la jeunesse se réformait et renonçait à ses jeux et à ses plaisirs. «Il semble, écrivait Court, à la vue de cette résurrection spirituelle, qu'un nouveau sang coule dans les veines des protestants et qu'un nouvel esprit anime leurs corps. Satan tombe du ciel comme un éclair.»3
Les nouveaux convertis étaient consternés, leur conscience bourrelée de remords ne leur laissait ni trêve ni repos. A la vue du glaive de l'ange exterminateur suspendu sur leurs têtes, ils confessaient en pleurant leurs fautes. Parmi ces infortunés se trouvaient quelques jeunes demoiselles de Meyrueis. Elles se présentèrent devant une assemblée (17 juillet 1721). A peine arrivées, elles éclatèrent en sanglots et tombèrent par terre; les assistants étaient profondément émus: «Relevez-vous,» leur direntils. «Ah! laissez-nous, répondirent-elles avec des accents déchirants, notre faute a été grande, notre repentance doit l'être aussi ; nous n'avons pas encore assez versé de larmes.4» C'est ainsi que Dieu, par la douleur, relevait sa pauvre et chère Eglise, et Court ne savait assez le remercier de ses merveilleuses délivrances.
Pendant la durée du terrible fléau, le jeune pasteur du désert était prêt à comparaître devant son Dieu. A sa mère, qui tremblait pour les jours de son fils bien-aimé, il écri-