LIVRE XLVII
bourreau les rasera; pour tous la confiscation des biens sera prononcée. 1
Les prédicanls qui auront convoqué des assemblées, y auront prêché ou fait les autres fonctions de leur ministère, seront punis de mort. Leur crime paraît si énorme aux rédacteurs de l'édit, qu'ils ôtent à leur jeune souverain le plus beau joyau de sa couronne, celui de faire grâce2. Pour s'emparer plus facilement de leur personne, on les force à s'expatrier. Défense est faite à tous les sujets de Sa Majesté de les recevoir , de leur donner retraite , secours, assistance, et d'avoir avec eux, directement ou indirectement, aucun commerce; faute par eux d'obéir, les galères perpétuelles seront prononcées contre les hommes et la prison à toujours contre les femmes, sur la tête desquelles le bourreau promènera son infâme rasoir. Après avoir confisqué leur liberté, l'édit confisque leurs biens; les mêmes peines sont encourues par ceux qui, ayant eu connaissance de ce qu'ils auront fait pour les prédicants , ne les auront pas dénoncés aux magistrats. 3
L'édit ne reconnaît pas l'existence des protestants; à ses yeux il n'y a que d'anciens et de nouveaux catholiques; aussi ordonne-t-il que les parents fassent baptiser leurs enfants par le curé de leur paroisse dans les vingt-quatre heures de leur naissance, sous peine d'amende et même de plus forte peine , suivant l'exigence des cas. Les sagesfemmes sont tenues d'avertir les curés des lieux de naissance des enfants, afin qu'aucun nouveau-né n'échappe au filet clérical4. Les parents ne peuvent, sans permission et sous peine de 6,000 livres d'amende, l'envoyer hors du royaume pour faire son éducation*, et jusqu'à l'âge de vingt ans, l'enfant doit avoir le prêtre pour instituteur et catéchiste; chaque jour ouvrable, autant que possible, il est conduit à la messe, et ses parents sont obligés de le représenter aux évêques et archevêques en tournée chaque fois qu'ils l'exigeront.*