‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 151 sur 258 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

au son éclatant des clairons ; les troupes de Joyeuse , impatientes de combattre , se précipitèrent avec impétuosité sur les huguenots , qui les reçurent de pied ferme. Rosny, qui dirigeait l'artillerie, qui se composait de trois canons, la pointa avec une terrible précision sur les troupes royales. Chaque coup emportait trente hommes; celle de Joyeuse y répondait avec beaucoup de bruit, mais son tir manquait complètement de justesse. Les catholiques, intrépides devant la mort qui les décimait, ne reculaient pas; ils avançaient toujours : forts de leur nombre et de leur courage, ils enfoncèrent les troupes commandées par Turenne et La Trémouille , elles fuyaient : Montausier, qui cherchait à les rallier, leur cria: «Au moins souvenez -vous , Messieurs j que ce ne sont pas des Poitevins qui fuient. » Les fuyards (ils étaient Gascons) se retournèrent et firent vaillamment tête à leurs ennemis, et contribuèrent au succès de la journée.

La vraie ligne de bataille, celle en laquelle le roi de Navarre se confiait, était formée en arrière en croissant; les cavaliers, sur six de hauteur, étaient entremêlés d'arquebusiers dont le premier rang s'était couché ventre à terre, et les autres s'inclinaient à des hauteurs différentes , de manière que cinq rangs pussent tirer à la fois Ils devaient attendre de pied ferme l'ennemi et ne faire feu sur lui qu'à bout portant.

Le roi de Navarre attendait de pied ferme le choc de l'armée royale et se portait dans les rangs, encourageant ses soldats du geste et de la voix. «Que pensez-vous, leur disait-il en leur montrant les gentilshommes catholiques, de cette troupe dorée ? Ne vous réjouit-elle pas ? Tombez, camarades, sur M. de Joyeuse; c'est un nouveau marié qui a encore l'argent de son mariage dans sa poche. »

Au milieu du péril le plus imminent, il était intarissable de verve et de gaîté: «Je crois voir, disait -il à ses soldats en leur montrant du doigt l'armée catholique , la troupe des immortels de Darius ; mais nous ne ressemblons pas mal aux Macédoniens. Savez-vous qui je regrette, ajouta-til; c'est M. de Guise. Que n'est -il témoin du combat qui va se livrer ; Que ne vient-il y faire une réponse à mon

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