LA DEVISE DE CHARLES
Les officiers du roi portaient sa devise sur leurs casaques, qui était composée de deux colonnes avec ces mots : pietale ctjustitiâ, signifiant: ees deux vertus sont les deux colonnes et l'appui des grands empires. Il semble que le chancelier Michel (de l'Hôpital) ou quelqu'autre docte du temps ait emprunté cette devise à l'apothéose comique et burlesque de l'empereur Clodius faite par Sénèque qui prononce par la bouche de l'empereur Auguste que la piété et la justice font les dieux; aussi professa-t-il l'une et l'autre .„ vertu. Et il se montra si passionné de la piété qu'il ne craignit point de sacrifier beaucoup de sang humain à la conservation de l'ancienne religion de ses pères; car ayant reconnu qu'il ne pouvait contenir les hérétiques dans leur devoir par l'humanité et la clémence, il se servit de la sévérité. Et toutes les fois qu'on lui parlait en faveur des coupables, on lui entendit répéter ces pa-
NOTES
voles: «c'est miaulé d'être clément; c'est clément d'être cruel. » Pour ce qui est de la justice, il n'y fut pas si religieux dans la nécessité où il se vit contraint de rendre tout vénal, d'imposer de nouvelles charges à son peuple et d'exiger des tributs extraordinaires, pour la subsistance de ses armées et pour fournir aux dépenses journalières de sa maison et de sa cour.