‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 1 sur 253 · LIVRE XXXVI · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVI

Fidèle à son passé, le clergé travailla sans relâche à son œuvre de destruction, et demanda au pouvoir séculier de lui prêter main-forte. Dans sa célèbre assemblée, tenue en 1665, il révèle ses plus secrets desseins; il tient tantôt pour non avenus les édiîs rendus en faveur des protestants, tantôt il leur attribue un sens qu'ils n'ont pas. Jusqu'à cette époque, malgré l'état d'opprobre dans lequel les dissidents étaient tombés, ils faisaient encore des * prosélytes. Il veut détruire le mal dans ses racines et demande qu'il ne soit plus permis h l'avenir aux catholiques de renoncer à leur religion pour professer la foi réformée, «attendu, dit-il naïvement, que cette liberté ne leur a jamais été accordée par les édits ».*

La supériorité intellectuelle des protestants l'importunait. Il sortait de leurs universités, de leurs collèges et de lôurs académies de nombreux écrivains qui défendaient leur foi autant par l'éclat de leur talent que par l'honorabilité de leur vie ; la gentilhommerie protestante était éclairée, instruite, la bourgeoisie l'était aussi, et dans les rangs les plus inférieurs du protestantisme on trouvait peu de personnes qui ne sussent lire et écrire. La Bible et les livres d'éditication et de controverse étaient lus

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