‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 22 sur 253 · LIVRE XXXVI · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVI

Paul Pélisson - Fontanier naquit en 1604, les uns disent à Castres, les autres à Béziers'. Son père, Jacques Pélisson, conseiller protestant à la chambre de l'édit de Castres, veilla à sa première éducation. A onze ans, l'enfant avait terminé ses humanités. Après un cours de philosophie à Montauban, il étudia le droit à Toulouse, où il se perfectionna dans l'étude des langues grecque et latine. Ses études terminées, il alla à Paris, où il fit la connaissance de Conrart, qui le présenta à la société lettrée qui se réunissait chez lui. Après quelques mois de séjour, Pélisson retourna à Castres, où il embrassa la carrière d'avocat. Ses débuts furent brillants, il serait devenu l'un des flambeaux du barreau si la petite vérole ne l'eût défiguré, et n'eût ruiné son tempérament fort et robuste; il laissa sa robe d'avocat et se dévoua aux lettres, pour lesquelles il avait un goût prononcé. Le séjour de Castres lui devint odieux, il quitta cette ville afin de rencontrer dans le monde de nouveaux visages qui ne lui rappelassent pas toujours ce qù'il avait perdu.2

En 1653, il retourna à Paris et acheta une charge de secrétaire du roi; ceux qui l'avaient connu pendant son premier voyage, ne le reconnaissaient pas. Il abusait, dit Mad. de Sévigné, delà permission d'être laid*; mais il racheta ce désavantage par sa conversation animée, piquante ; dl n'avait qu'à parler pour plaire, dit l'abbé d'Olivet.»

Pélisson fut bientôt répandu dans les cercles les plus brillants de Paris, et y acquit cette célébrité de salon, où on n'arrive qu'à force d'esprit et de conduite. M,le de Scudery fut subjuguée par ce brillant parleur, et découvrit, sous sa laideur, une belle âme. Elle l'aima au désespoir de ses nombreux rivaux. Leur liaison pure et chaste ne se termina qu'avec leur vie.

L'histoire de l'Académie française, que Pélisson fit paraître, établit sa réputation. La savante compagnie, quoiqu'elle fût au complet, le reçut par acclamation au nombre

1. Une savante dissertation de M. de Labouisse (Rochefort 1826) paraîtrait décider le procès en faveur de Castres.

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