LIVRE ILIII
mencer. Ce qui l'Irritait, c'était rbumiliation où son roi, qui avait tant de fois imposé sa volonté l'Europe, se trouvait réduit de continuer la guerre avec une poignée de paysans ou bien de traiter avec eux. Il n'oubliai! pas non plus qu'il était le vainqueur de Friedlingen , et qu'il avait à combattre des ennemis dont la défaite ne pouvait rien ajouter à sa gloire. Allait-il marcher sur les (races de Broglie et de Montrevel? Quelle joie pour ses envieux si ou lui donnait un successeur! Pour conjurer l'orage qui le menaçait, il rappela les anciennes ordonnances, en rendit Be nouvelles1 afin de rassurer sur son compte le clergé, qui le trouvait trop élément, et pour convaincre les protestants que la sùrelé de leurs biens et de leur vie était dans une soumission absolue au roi. Jl partit de Nîmes avec cinq ou six cents hommes et rencontra à Saint-Geniès Cavalier, auquel il fit un bon accueil et le rétint auprès de lui, mais il envoya ses quarante hommes à Me de Vallabrègue1 pour y être internés. De ce lieu le maréchal rendit contre lès insurgés une ordonnance (1er juin 1704) qui les menaçait d'une extermination complète s'ils ne déposaient pas les armes dans le délai de cinq jours. Dans tous les lieux où il s'arrêtait il haranguait les protestants. «J'ose espérer, Messieurs, leur disait-il, un heureux succès du zèle et de l'ardeur qui m'animent, d'autant plus que... je puis me promettre le secours que tant de bons Français, de gens d'honneur , de fidèles sujets doivent à leur prince, à leur patrie et à eux-mêmes. .. il faut conserver l'une des plus puissantes provinces de ce royaume, qui peut être la plus heureuse par la bonté de ses terres, par l'industrie de ses habitants et par la disposition de ses gouverneurs. Quoi! Messieurs, souffrirez -VOU8 que la fureur de quelques particuliers détruise une félicité que tant de raisons doivent rendre solide! que veulent* ils ces malheureux? Quel < i leur objet? Si c'est uniquement de servir Dieu, ce premier devoir est-il troublé? Dieu nous commande de rendre h César ce qui est h César.... C'est de sa bonté que nous avons un roi, qui, dès les premiers jours de sa naissance, a été nommé Dieudonné : ce nom lui est légitimement rendu par toute la gloire dont la nation est comblée sous son