‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 228 sur 253 · Archives de la guerre, vol. 179G · texte numérisé non relu

Archives de la guerre, vol. 179G

Un camisard élève la voix: ((Frères, vous traitez Cavalier comme s'il était un larron et un brigand ; il faut lui pardonner s'il a mal fait dans le passé, dans l'avenir il fera mieux. »

Les camisards ne l'écoutent pas et poursuivent leur route; Cavalier les suit et tente un dernier effort au moment où il est couché en joue : ((Qui m'aime me suive,» s'écrie-t-il ; il prononce ces paroles les larmes aux yeux.

Au son de cette voix tant aimée quelques camisards se sentent profondément émus; ils s'arrêtent, hésitent un instant, rompent leurs rangs et se joignent à leur chef.

Les partisans de Ravanel, indignés de leur désertion, s'écrient d'une voix tonnante: «Vive l'épée de l'Éternel!» et poursuivent leur marche. 1

Cavalier , qui avait cru faire déposer les armes à ses soldats, n'avait avec lui qu'une quarantaine d'hommes attachés à sa fortune , moins par conviction que par affection ; il dut sentir amèrement la faute qu'il avait commise de s'isoler de Roland et des autres chefs, en traitant avec Villars. Il n'osait ni retourner au camp des enfants de Dieu, qui voyaient en lui un traître, ni se présenter devant le maréchal, aux yeux duquel il ne pouvait être qu'un négociateur sans importance, parce que, après lui avoir promis la soumission des camisards, ils étaient plus que jamais décidés à verser leur sang pour maintenir leurs droits. Il écrivit au maréchal, lui raconta l'insuccès de ses démarches3 et se retira désespéré à Gardés, où d'Aigaliers vint le trouver et l'engagea à retourner à Nîmes. ((Le maréchal, lui dit-il, est content de vous, il ne doute pas de votre fidélité3.» Le baron et Cavalier, suivis de dix cavaliers et de trente fantassins camisards , se dirigèrent vers Nîmes.

Villars, qui avait annoncé à la cour la pacification des Cévennes, voyait avec douleur que tout était à recom-

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