‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 25 sur 253 · Marcou, Étude sur Pelisson, p · texte numérisé non relu

Marcou, Étude sur Pelisson, p

place de maître des requêtes, le nomma son historiographe, l'admit au petit lever et au petit coucher; dès lors l'académicien n'écrivit plus que pour Dieu et le roi.1

Nous ne suivrons pas le transfuge du protestantisme dans sa brillante carrière, nous ne raconterons de lui que ee qui se rapporte directement à notre sujet. Devenu abbé, il fut gratitié de l'abbaye de Bénévent, qui lui rapportait 10,000 livres, de celle de Gimont, qui en valait 8,000. A ces deux abbayes on ajouta le prieuré de Saint- Orens , plus tard il fut chargé de l'administration du tiers des économats et des biens des réfugiés; ce fut en cette qualité qu'il fut chargé des conversions à prix d'argent.

L'idée de ces conversions appartient à Le Camus, évêque de Grenoble, qui depuis fut fait cardinal*. Les succès qu'il obtint frappèrent Louis XIV, qui ne s'arrêta pas à ce que le procédé avait de honteux pour celui qui en usait , et pour celui à l'égard duquel il était employé. Pélisson lui parut l'homme de son royaume le plus propre à cette œuvre; il lui confia l'administration de la caisse des conversions, qui devint pendant quinze ans une branche de l'administration publique; il consacra à son alimentation les revenus des abbayes de Saint-Germaindes-Près et de Cluny et le tiers des revenus des bénéfices qui tombaient en régale, et dont les rois de France jouissaient pendant la vacance. La caisse fit merveille. Dès les premiers jours , il en sortit des arguments plus forts que tous ceux des Arnaud, des Nicole et des Bossuet; il arrivait sans cesse des listes de conversions, que Pélisson soumettait au roi. Cependant tout ne se faisait pas avec

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