‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 42 sur 253 · Haag, France protest. — Pièces justificatives (n° Cil · texte numérisé non relu

Haag, France protest. — Pièces justificatives (n° Cil

siégée par les Romains ; ils haïssaient mortellement le papisme, qu'ils voyaient à l'œuvre avec Pélisson, leur tentateur, et avec Louvois, leur oppresseur. Ils étaient disposés au sacrifice de leurs biens et de leur vie plutôt que de renier leur foi.

Avant que le projet de Toulouse fût mis à exécution, les églises furent consultées. Les modérés le combattirent, les zélateurs le défendirent et l'emportèrent. Le marquis de Ruvigny, qui en eut connaissance, fut alarmé, et écrivit aux églises (28 juillet 1683) une lettre qui augmenta les divisions, et arriva trop tard, Le projet de Toulouse avait reçu un commencement d'exécution : le 11 du même mois, trois mille protestants de Saint-Hippolyte s'étaient réunis, au point du jour, dans un champ, pour y célébrer leur culte. Leur exemple fut suivi par plusieurs églises du Vivarais et du Dauphiné. Témoins de ces réunions, qui n'avaient, rien d'agressif, les catholiques s'armèrent et répandirent le bruit que les guerres de religion allaient recommencer. Les seigneurs des châteaux des bords du Rhône , croyant ou feignant de croire à ces bruits, se barricadèrent dans leurs manoirs avec leurs vassaux. Bientôt après une rencontre entre les deux partis eut lieu; un prolestant, du Buis, fut tué : sa mort fut le signal de l'insurrection.

Daguesseau, intendant du Languedoc, apprit au Puy , en Velay, l'insurrection du Vivarais. Ce magistrat avait

Firévu les résultats funestes qu'aurait la signification de 'avertissement pastoral ; ses conseils et ses elîorts échouèrent devant la volonté inflexible de Louvois. Il désirait la conversion des protestants, mais il flétrissait les procédés de la cour, et regardait l'édit de Nantes comme sacré et nécessaire au repos et à la prospérité du royaume.1

La nouvelle de la levée de boucliers des prolestants l'affligea sans l'étonner. Il partit, et sans manifester la moindre crainte, il traversa le Vivarais frémissant, et arriva à Valence. De là, il se porta au milieu des Vivaraisiens, leur parla avec douceur, mais avec fermeté, et les invita à déposer les armes, à cesser leurs prêches dans les

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