LIVRE XXXVII
ment commencée. Il mourut avec Paulhan, son compagnon d'apostasie, à la fin du siècle.1
Nous avons raconté les manœuvres du clergé. Nous l'avons vu à l'œuvre avec ses desiderata, ses réunionistes, ses controversistes, son avertissement pastoral et ses dragons. Il nous faut maintenant revenir en arrière et voir comment il fut aidé par la cour' et les parlements.
Nous avons cherché à nous orienter dans cette volumineuse procédure, dont le dossier ne contient pas moins de quatre cents arrêts, déclarations, sentences de présidiaux, édits, etc. Nous avons interverti Tordre chronologique, afin de mieux classer nos pièces, et en ramenant les espèces au genre, notre récit gagnera en brièveté et en clarté.
L'édit de Nantes accordait aux réformés des chambres mi-parties2. Cette garantie dune bonne et sage administration de la justice leur fut, peu à peu, enlevée. On infligea d'abord des humiliations aux conseillers protestants, en leur défendant de paraître, sur leur siège, avec les insignes de leur dignité3. Plus tard, en cas d'absence et de récusation des présidents, on donna la préséance aux conseillers catholiques sur les réformés, quoique ces derniers fussent plus âgés qu'eux4. La chambre de Castres fut trouvée trop tolérante; on l'incorpora au parlement de Toulouse5. On restreignit ensuite la juridiction des chambres de l'édit, en attribuant aux parlements la connaissance de toutes les affaires des communes, lors même que la majorité des habitants serait réformée, et que les consuls seraient mi-p;irtis. Déjà, à cette époque, on commençait à dire que toutes tes communautés protestantes
1. Borel, Hist. de r église réformée de Nîmes. — Haag, France protestante, art. Chevron.