Arrêt du conseil (1er septembre
étaient présumées être catholiques1. Deux ans après, les chambres de Rouen et de Paris furent supprimées. Le dernier rempart des réformés contre l'injustice de leurs ennemis fut abattu; toutes les chambres mi-parties furent incorporées aux parlements.*
Les colloques et les synodes provinciaux et généraux étaient un lien puissant qui reliait entre elles les églises. Faibles individuellement, elles étaient fortes, unies entre elles ; ce côté de leur existence n'échappa pas à l'œil vigilant de leurs ennemis, qui cherchèrent à les isoler. Les colloques étaient des assemblées devant lesquelles l'usage s'était introduit, de porter les affaires qui n'avaient pu être jugées par les consistoires, de sorte qu'elles étaient devenues un degré de juridiction entre les consistoires et les synodes provinciaux3. On défendit leur tenue4. Pendant longtemps la cour n'était pas intervenue dans lesaffaires qui se traitaient dans les assemblées synodales, elle avait laissé leurs membres discuter et délibérer en pleine liberté; mais, sous le prétexte qu'ils pourraient traiter des questions autres que celles qui se rapportaient à la foi et à la discipline, elle leur imposa la présence d'un commissaire royal, et pour leur faire sentir leur dépendance, elle cassa les décisions du synode de Charentcn, qui avait suspendu de ses fonctions un ministre intrigant5. Quatorze mois plus tard , elle leur porta un coup non moins sensible, en étant aux synodes le droit qu'ils avaient déjuger en dernier ressort, en matière de discipline: elle permit aux condamnés de se pourvoir, non aux chambres de l'édit, mais au conseil, par voie de plainte et de requête6; cet arrêt supprimait de fait l'autorité de ces corps ecclésiastiques.